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May 26 Les rechutes...qu'est-ce que cela signifieLes rechutes...qu'est-ce que cela signifie
Rechute: C'est un mot qui à prime abords effraie. Qu'est-ce qu'une rechute? Qu'est-ce qui peut la déclencher?. En tout premier lieu, il est important de comprendre que les rechutes font parties du processus de traitement des troubles alimentaires et qu'on en rencontre souvent. Une rechute peut tout simplement apparaître dès que la patiente aura obtenu son congé de l'hôpital, ce qui va permettre aux médecins, psychologues, nutrionnistes...de comrendre que la jeune femme n'a fait que suivre les consignes afin, fort probablement, de pouvoir quitter l'unité des troubles alimentaires le plus vite possible. Les réhospitalisations à répétition ne sont pas un très bon indicateur en ce qui à trait au potentiel de guérison de la personne.
Une rechute peut aussi se produire n'importe quand. Très souvent, la patiente qui retourne dans son univers habituel, se sentira insécure, tentera tant bien que mal d'appliquer les stratégies qui lui auront été enseignées, et ce, avec plus ou moins de succès. La tension augmentera, graduellement. Mais comme l'anorexique et la boulimique possèdent très peu de moyens de gestion du stress, il ne sera pas étonnant que de voir revenir les anciens "patterns" : Dénutrition, laxatifs, vomissements provoqués...Mais est-ce que cela signifie que la bataille est d'ore et déjà perdue? La rechute peut aussi avoir lieu des années après que la personne ait réussi à maintenir un comportement alimentaire stable. On se demande alors ce qui a pu faire resurgir les anciens démons: L'explication la plus couramment invoquée est celle d'un important choc qui se produit dans la vie de la personne. Des exemples: Une séparation mal acceptée, le décès d'un enfant, la perte d'un emploi, les difficultés financières...Il existe encore dans le psyché de la personne ayant souffert de troubles alimentaires, cette sorte de fragilité, d'insécurité qui refera surface lorsque son univers ne présentera plus cette zone de confort qu'elle s'était progressivement construite. Si ce processus de parvenir à se créer un tel endroit n'est pas facile et demande beaucoup de travail sur soi, son effondrement peut se produire si rapidement, laissant ainsi la personne démunie, dénudée, déstabilisée. Comme tous les systèmes tendent à retrouver un état d'équilibre, il se produira exactement la même chose avec elle. Et ce seront fort probablement les mécanismes bien connus des troubles alimentaires qui resurgiront. Mais pourquoi? Parce qu'ils ne sont jamais vraiment disparus. Ils étaient encore là, silencieux. Ils auraient très bien pu ne jamais refaire surface. Mais devant une personne en détresse, qui ne parvient pas à se reconstruire un environnement de calme, ils rejoueront ce rôle qu'ils connaissent si bien, soit celui d'une sorte de bouée de sauvetage. )A POURSUIVRE
October 11 Radio911: Emission 3 (2e partie): L'anorexie chez l'adulte
Radio911: Emission no 3 (2e partie) L'anorexie chez l'adulte
Il existe une autre différence entre la jeune fille atteinte d’anorexie et l’adulte : De façon générale, l’adolescente ne choisira pas d’être soignée. Elle aura, fort probablement, été entraînée contre son gré, par ses parents. L’adulte souffrant du même problème, n’aura pas été emmenée de force chez le médecin : Elle y sera allée d’elle-même. Pour les adultes souffrant de troubles alimentaires, la maladie donne souvent un sentiment de protection , ce qui rends plus difficile la décision de la laisser tomber. En effet, l’anorexie, malgré le fait que ce soit une façon inadéquate de gérer les émotions négatives, les situations difficiles, sert, en quelque sorte, de « bouclier » contre l’extérieur . Elle devient une présence rassurante dans la vie des personnes atteintes, presqu’une amie qu’on a peur de quitter. Il est évident que les patientes plus âgées nécessitent des traitements qui ne sont pas exactement ce qu’on offre aux adolescentes et jeune adultes. Elles ont, entre autre, assurément besoin d’un espace où elles pourront échanger sur des questions qui les concernent plus précisément : Ex : le divorce, le vieillissement, le départ des enfants…Et il semblerait que les thérapies familiales, les thérapies de groupes fonctionnent très bien avec un tel groupe
Et le rapport avec la nourriture? Les femmes ont toujours eu une relation assez intime avec la nourriture, comme mère nourricière pour ses nouveau-nés, cultivatrice, pour la survie, cuisinière, pour la famille, rassembleuse, en préparant les repas lors d’événements tels Noël, le nouvel an, fiançailles, mariages…Mais depuis quelques décennies, cette relation étroite s’est troublée. En fait, on peut aisément dire qu’aujourd’hui peu de femmes se sentent complètement à l’aise avec la nourriture, l’alimentation ainsi qu’avec leur corps et leur diète. Les recherches ont confirmé quelque chose que nous aurions pu deviner : « C’est désormais la norme en Amérique du nord, pour les femmes, de se sentir insatisfaites avec leur corps, de se préoccuper de leur consommation alimentaire et de sincèrement croire qu’elles devraient suivre une diète quelconque. » Que peut-on dire de cet énoncé, et comment le changer? Si on regarde le tout d’une façon pessimiste, cela implique que cette façon de penser qui peut facilement mener vers les troubles alimentaires, est là pour rester. Bien que la poursuite de la minceur ne mène pas automatiquement à un trouble alimentaire, la diète précède presque toujours ce genre de problèmes. Par conséquent, cela signifie aussi que l’industrie de la mode va tout simplement poursuivre sa ligne de conduite de la minceur alors que les femmes, ne répondant pas à ces critères, vont encore se sentir dépressives, dépréciées. Si au contraire, on pense un peu plus positivement, on pourrait anticiper un accroissement de la conscientisation des dangers que pose une société obsédée par le culte de la minceur et des diètes. Les gens sauraient être alertés devant des sentiments d’insatisfaction face à leur corps et pourraient réfléchir avant de se précipiter dans des diètes. Dans les faits, une telle conscientisation a commencé à émerger. Cependant, plusieurs jeunes femmes continuent de se sentir « vidées » de leur estime d’elles-mêmes résultant de toute cette énergie fixée sur ce but quasi-irréel d’obtenir le corps parfait, et de s’alimenter au minimum. Comprendre les troubles alimentaires de même que la sorte de malaise qui entoure tout le processus alimentaire chez bon nombre de femmes demeure une sorte de défi pour nous tous. La question est complexe, touche les émotions, le corps, les histoires de famille de même que les demandes qu’on retrouve dans notre société
L’adulte, les troubles alimentaires et la famille Les mères anorexiques vivent un enfer. Les femmes qui souffrent d’anorexie sont décrites comme étant « perfectionnistes ». Et c’est ce qu’est l’anorexie : un excès de contrôle. Pour une mère atteinte d’anorexie, qui doit s’occuper de ses enfants, le quotidien peut devenir très compliqué où elle aura très souvent l’impression d’être tout à fait inadéquate dans ses tâches. Elle est celle qui nourrit son bébé, qui veillera à ce qu’il ne manque de rien, qui lui montrera à s’alimenter..On peut comprendre la détresse dans laquelle elle se retrouvera, par moments. La mère anorexique veut être cette « mère parfaite » qui saura réponde aux besoins de la famille. Elle a un ensemble de règles qu’elle essaie d’appliquer afin d’être cette personne: Disponible, patiente, stimulante, capable de bien alimenter ses enfants (le pire cauchemar étant de voir un membre de la famille suivre ses traces). Or, on constate, en fait, les mères qui ont des troubles alimentaires ont de fortes chances d’avoir des filles qui seront généralement plus préoccupées par leur image que la majorité . Et selon les statistiques, une femme a onze fois plus de risques de développer un trouble alimentaire s’il y en a déjà eu dans la famille. Et dans les familles où il y a des troubles de l’humeur ou des troubles d’anxiété, le risque de développer un problème de l’alimentation est environ quatre fois supérieur à la normale. En regardant d’une façon plus large, au-delà des gènes, il y a aussi des comportements et des traits de caractère qui se transmettent de génération en génération. Des traits comme le perfectionnisme seraient possiblement héréditaires. On peut donc se demander si une jeune fille qui développe un trouble alimentaire, est-ce parce qu’elle a été marquée par le comportement alimentaire de sa mère ou plutôt parce qu’elle a hérité de son trait de perfectionnisme? Je savais très bien qu’il existait des impacts importants chez les enfants qui voyaient leur mère malade, même si on n’a pas nécessairement l’idée de la force de cet impact. C’est, notamment, au cours des soupers en famille, que les enfants vont apprendre et développer leurs comportements alimentaires. Sains ou malsain. Une fillette qui voit sa mère manger une salade sans vinaigrette, alors qu’elle a préparé un succulent ragoût irlandais pour toute la maisonnée, sait que quelque chose cloche. Sa mère connaît les calories et la valeur nutritive des aliments. Couramment, elle prépare d’excellents repas…qu’elle ne mangera pas. Les enfants remarqueront très vite si la mère ne mange pas au même moment que les autres, où si son assiette n’est pas comme celle des autres membres de la famille. Et il est difficile de répondre aux questions qui peuvent suivre. Que répondre à son enfant qui refuse de terminer son assiette alors que soi-même, on ne le fait même pas! Personnellement, j’ai toujours pu préparer les repas des enfants mais je ne goûtais absolument rien de ce que je faisais . De plus, étant végétarienne depuis des dizaines d’années, j’avais certaines difficultés face à la viande, plus particulièrement le poulet. Je n’ai jamais tenté de « rendre » mes enfants végétariens. D’ailleurs, juste pour votre information, lorsqu’on se retrouve en thérapie de groupe pour le traitement des troubles alimentaires, ou hospitalisée, le végétarisme n’est pas considéré. Il est plutôt vu comme faisant partie d’un ensembles de règles visant la perte de poids. La mère souffrant d’un trouble alimentaire essaie tellement d’avoir l’air « normale ». Car s’il est difficile d’être une « mère anorexique », il est aussi difficile pour les enfants d’avoir une mère atteinte de tels problèmes. Il y a des limitations dans certaines activités sociales : Oui, la mère souffrant d’un trouble alimentaire pourra organiser des BBQ, des pique-niques, mais elle ne partagera pas le repas. Elle accompagnera facilement ses enfants à la piscine, à la plage mais les chances sont assez minces qu’elle acceptera de revêtir un maillot de bain. Les enfants peuvent en arriver à porter, en quelque sorte, une part de responsabilité : « Si je n’écoute pas bien, maman va être malade ». Or, je savais qu’il était inacceptable que mes enfants puissent se sentir interpellés. Je craignais de voir se réaliser ce qui se disait à ce sujet : En vieillissant, il deviendrait de plus en plus difficile pour mes enfants de comprendre cette bataille que je menais jour après jour. Ils finiraient par se sentir en colère face à leur mère anorexique, face à son comportement pour, par la suite, se sentir coupables en reconnaissant qu’il s’agissait bel et bien d’une maladie. Un cycle de colère et de culpabilité que je voulais à tout prix briser. Mais la meilleure intention du monde ne signifie pas nécessairement que le comportement, les obsessions, les peurs vont disparaître. L’anorexie possède le plus haut taux de mortalité de toutes les maladies mentales et est considérée comme l’une des maladies les plus difficiles à traiter. Alors que le taux de réussite des traitements suivis par les adolescentes et jeunes adultes tourne autour des 80%, pour les femmes plus âgées, ce taux baisse à 25%. Mais, signe encourageant, au cours des 5 dernières années, les demandes de traitement provenant de cette clientèle ont subi un bond impressionnant. Le message que les intervenants qui œuvrent dans le domaine des troubles de l’alimentation lancent depuis des années, commence peut-être par donner des résultats : « N’hésitez pas à consulter. Plus vous le ferez rapidement, meilleures seront vos chances de bien vous en tirer!”"
Conclusion de cette partie Donc, si on fait une petite récapitulation, on peut dire qu’en ce qui concerne l’anorexie chez la femme d’âge mûr, bon nombre de symptômes, de comportements seront similaires avec ceux observés chez les adolescentes : - perte de poids, - refus de s’alimenter de peur d’engraisser - comportement obsessif face à la nourriture - situation biologique complexe La composante sociale est très présente. Celle de l’hérédité aussi. L’anorexie peut être une manifestation de dépression. Souvent lorsqu’elle apparaît plus tard dans l’âge, on s’aperçoit qu’il y a déjà eu un épisode de troubles alimentaires lors de l’adolescence, épisode qui n’aura pas été traité. Mais l’anorexie peut se déclencher sans qu’on ne trouve d’événements similaires dans le passée de la personne.
Annexe I: Petit questionnaire informatif sur vos comportements alimentaires (5 questions). Ce petit test est intéressant car avec très peu de questions, il vous permet malgré tout de vous interroger sur vos attitudes face à la nourriture. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses : Il y a simplement un petit portrait de vous qui peut vous rassurer ou vous alerter. Le véritable test qui permet la détection des comportements alimentaires inadéquats s’appelle le EAT-1, et vous pourrez le trouver très bientôt sur mon site. Vous ne pourrez certes pas faire un diagnostic par vous-même mais ce questionnaire pourra porter un nouvel éclairage sur vos comportements alimentaires, votre image corporelle.
Mon courriel: mcdeseve@hotmail.com Mon site web : www.mcdeseve.spaces.live.com Mon site de la semaine : www.lanorexiesesoigne.com _____________________________ Annexe I Petit questionnaire sur vos préoccupations alimentaires
1- Je suis terrifiée à l’idée d’être grosse :
Oui ou Non
2- J’évite de manger lorsque j’ai faim
Oui ou Non
3- Je m’impose des activités physiques intenses pour brûler des calories
Oui ou Non
4- J’accorde une importance majeure à l’opinion que les autres ont de moi
Oui ou Non
5- Je fais des excès alimentaires avec le sentiment de ne pas pouvoir m`arrêter.
Oui ou Non
Radio911: Emission no 3: L'anorexie chez les adultes (partie 1)L’anorexie chez l’adulte
Avant d’embarquer dans le vif du sujet, j’aimerais vous glisser un petit mot sur ces fameuses « semaine de la mode » dont je vous ai déjà parlé. Si vous vous souvenez bien, j’avais mentionné les initiatives fort intéressantes qu’avait appliqué la ville de Madrid en ce qui concernait les mannequins. On avait élaboré certaines règles précises touchant le poids des jeunes femmes devant défiler. Ces dernières devaient présenter un IMC acceptable, soit aux alentours de 18%, ainsi qu’un poids raisonnable pour pouvoir défiler sur le podium. Ces mesures ont entraîné d’autres actions positives provenant de d’autres villes, hôtes de ces « Semaine de la Mode…Londres, entre autre. Montréal semble donc, elle-aussi avoir compris le message. Ce qui m’amène au point suivant : Est-ce que nos efforts de sensibilisation envers les troubles de l’alimentation donnent-il des résultats? Je pense que oui. Et c’est pour cela que nous devons poursuivre en ce sens. Car l’industrie de la mode peut présenter les grandes lignes de ce qui sera « in » au cours des saisons à venir. Mais cette industrie n’a nullement le droit de nous dicter ce que nous devrions mettre dans notre assiette, ce à quoi nous devrions ressembler. Les critiques, les opérations de sensibilisation portent donc leurs fruits…peut-être pas au rythme qu’on voudrait, mais elles fonctionnent.
Définition et comparaison : Il existe, comme nous l’avons déjà dit, des adolescentes qui se laissent quasiment mourir de faim parce qu’atteintes d’anorexie. Ces cas sont bien documentés. Mais ce qu’on sait moins, c’est que des femmes d’âge mûre succombent aussi à cette maladie à la suite d’un événement traumatisant dans leur vie, de trop de stress, d’une hérédité. Les spécialistes tentent de comprendre le phénomène. Ce qu’on peut désormais dire, c’est que l’anorexie ne peut plus être considérée comme un mal d’adolescentes. On a constaté une augmentation fulgurante du nombre de femmes dans la quarantaine souffrant d’un trouble alimentaire. Et le trouble n’en est pas moins dangereux. Plus de neuf patients sur dix aux prises avec des troubles alimentaires sont des femmes. La majorité des patientes traitées à l’âge adulte, traînent ce problème depuis l’adolescence. Mais une partie d’entre elles ont néanmoins développé des troubles plus tard. Quand on y pense, il ne faut pas vraiment se surprendre de voir tant de femmes développer une problématique de trouble alimentaire alors qu’elles ont à composer travail-famille. Le niveau d’anxiété est très élevé dans notre société. Or, anxiété et troubles alimentaires vont de pair. Sans compter l’omniprésence de la nourriture dans notre quotidien. Ces femmes tentent de présenter une image de confiance en soi, de volonté, de contrôle sur son corps…Certains des comportements affichés par une personne ayant un trouble alimentaire sont admirés et même sanctionnés dans la société. Très souvent, les gens vont dire “Tu as l’air tellement plus jeune que ton âge, tu sembles être en pleine forme… Comme j’aimerais être capable de dire non à un morceau de gâteau! …Comment fais-tu? » . Je répondais toujours « je ne suis pas certaine que tu voudrais vraiment le savoir ». Parfois, lorsque les gens remarquaient que j’avais un trouble alimentaire me passaient souvent un commentaire du genre : « Comme j’aimerais souffrir d’anorexie pour 1 ou 2 mois »…Malheureusement, lorsqu’on développe un tel problème, on peut savoir quand cela commence mais on ne peut savoir quand ça se terminera!
Est-ce que les femmes d’âge mûr peuvent être aussi intéressée par la nourriture , les diètes, que ne le sont les adolescentes, souffrant d’un trouble alimentaire? Bien sûr que si! Ces femmes mûres peuvent manifester beaucoup d’intérêt envers la nourriture, être très préoccupées par leur poids. Tout comme les adolescentes, elles se pèseront régulièrement, porteront beaucoup d’attention aux régimes, craignent comme la peste que leurs enfants ne deviennent obèses, vérifient les repas en famille. Puis survient une épreuve dans leur vie, et la préoccupation se transforme en troubles. Le terrain était propice pour l’anorexie Les femmes plus âgées peuvent donc être considérées comme étant aussi vulnérables que les adolescentes car même si la maladie se vit différemment, il n’en demeure pas moins que ces femmes mènent elles-aussi un combat avec leur image corporelle. Plusieurs choses peuvent, par contre, rendre le diagnostic plus difficile : 1- Le fait que les femmes dans la quarantaine ne présentent pas nécessairement les critères typiquement associés à l’anorexie ou à la boulimie : Il est possible qu’elles ne s’affament pas, ou qu’elles ne se fassent pas vomir. Par contre, elles pourront s’entraîner de façon excessive et compulsive tout en étant constamment à la diète. 2- Les patientes adultes forment encore une « population invisible » pour la médecine, particulièrement lorsqu’elles souffrent de boulimie car, comme je l’ai déjà mentionné, ce trouble n’est pas toujours visible. 3- En général, lorsque les femmes souffrant d’un trouble alimentaire sérieux, réalisent qu’elles ont besoin d’aide, plusieurs d’entre elles tardent à s’engager dans une thérapie. Comme l’anorexie est encore majoritairement associée à l’adolescence, elles vont hésiter par peur du jugement. 4- Les ressources disponibles pour le traitement d’adultes sont difficilement accessibles car elles ne sont pas nombreuses, ce qui pose évidemment un problème supplémentaire lorsqu’il s’agit d’identifier une femme atteint d’un trouble alimentaire. Dans le seul réseau de la santé, ou les frais sont couverts par la RAMQ, c’est une minorité de personnes qui parviendront à y être intégrées. Prenons l’exemple de l’hôpital Douglas qui possède une unité des troubles alimentaires. L’hospitalisation ne peut s’appliquer qu’avec un maximum de 6 patientes à la fois. On parle ici de traitements pouvant s’échelonner sur une période de 3 à 4 mois. Ainsi donc, une candidate à l’hospitalisation devra donc attendre qu’un lit se libère. On peut comprendre que la période d’attente sera assez longue. Certaines personnes essaieront peut-être de se tourner vers les cliniques privées, qui se sont établies au cours des 5 dernières années. Malheureusement, les coûts sont fort élevés. Il est possible par contre, que certaines assurances acceptent le remboursement partiel de ces coûts.
Environnement L’environnement, comme on l’a vue précédemment, est très important dans le développement de troubles comme l’anorexie. Et il se développe de nouvelles attentes : Ne dit-on pas maintenant que 40 ans est le nouveau 30 ans? Les femmes sont de plus en plus nombreuses à avoir recours à des traitements antivieillissement. Il ne faut donc pas s’étonner de voir aujourd’hui des femmes en pré ménopause réagir fortement à des changements corporels auxquels elles ne peuvent rien…comme une adolescente à la puberté. En ce qui me concerne, j’ai eu énormément de difficulté à accepter le fait que je ne retrouverais jamais le corps de mes 20 ans, que mes trois grossesses avaient laissé leurs traces et ce, même au cours de ma dernière rechute (où mon poids avait chuté à 80lbs). Mon ventre, malgré le faible poids, semblait avoir gardé sa rondeur! Les pressions sociales sur les femmes ne cessent aucunement après l’adolescence. Et vieillir est toujours fort différent pour une femme que ça ne l’est pour un homme. Lorsque le corps d’un homme change ou que ses cheveux se mettent à grisonner, on dira de lui qu’il a l’air « distingué ». Lorsque le corps de la femme se modifie et que ses cheveux grisonnent, on entendra plutôt le commentaire suivant : « Elle se laisse aller ». Il existe donc plusieurs raisons qui peuvent déclencher un trouble alimentaire chez une femme d’âge mûr : - Avec de hauts taux de divorce, plusieurs de ces femmes, désormais disponibles, se retrouvent donc de retour dans ce jeu de la séduction, alors qu’elles ont atteint la quarantaine ou la cinquantaine. Progressivement, il se créera l’impression suivante : « Si je désire rencontrer quelqu’un avec qui je pourrais refaire ma vie, je me dois d’avoir l’air jeune…et mince ». C’est la valorisation de la jeunesse, de la beauté qui rend plus difficile le fait (tout à fait normal) de vieillir. Ici, on peut considérer que notre société moderne a réellement failli à sa tâche de permettre à tous et toutes de bien vivre les différentes étapes de la vie. - Autre situation : Dans le cas où la femme est mariée mais se rends soudainement compte que son conjoint la trompe, sa réaction pourra être de se blâmer pour ce geste, en se disant que si une telle situation a pu se produire, cela devait sûrement être parce qu’elle n’était plus désirable. Elle pourra se mettre à porter attention à son poids en se disant que si elle avait été plus mince, son conjoint ne se serait pas engagé avec qui que ce soit. Lorsque dans un couple, on constate que l’un des conjoints trompe l’autre, la raison profonde du comportement ne sera pas reliée à une simple question de poids. C’est pourquoi dans ce genre de situation, on ne peut porter tout le blâme. Mais parfois, de se blâmer, ainsi que de ramener les problèmes à une simple question de poids, sera plus facile que d’affronter les causes réelles de l’infidélité. - Autres hypothèse: le trouble alimentaire pourra apparaître alors que les enfants sont devenus grands et prêts à quitter la demeure familiale, Une femme qui aura priorisé l’éducation de ses enfants, pourra soudainement se sentir seule, sans aucun but et progressivement porter son attention sur son poids et sincèrement croire qu’un corps mince et musclé lui rapportera le bonheur. Elle pourra aussi se tourner vers la nourriture afin de se réconforter et de remplir, en quelque sorte, le vide intérieur qu’elle ressent, Comme on peut le constater, les éléments déclencheurs se présentent différemment de ceux de l’adolescente. Aux Etats-Unis, depuis 30 ans, le nombre de femmes avec des problèmes de comportement alimentaire a doublé. Officiellement, le Département américain de la Santé estime qu’au moins 5 millions de femmes ont des troubles alimentaires. On dit même que pour un cas déclaré, il y en a un autre qui se vit anonymement. Ici, au Québec, on évalue à 75 000 le nombre de personnes atteintes d’un trouble alimentaire, ce qui est un nombre assez conservateur. ________________________
Similitudes et différences de l'anorexie chez l'adolescente et celle qu'on retrouve chez la femme d'âge mûr: Les troubles alimentaires chez les adultes ont ceci de particulier : Ils peuvent passer inaperçus. Surtout chez les personnes qui vivent seules. Une femme peut manger un repas santé au travail et personne ne pourra savoir qu’il s’agit là du seul repas de la journée. En ce qui me concerne, il n’y avait jamais personne qui avait accès au contenu de mon réfrigérateur terriblement vide. J’avais un minuscule appartement et je n’invitais jamais personne. Je limitais mes repas à l’extérieur et lorsque je m’y risquais, je demandais toujours la même chose : une salade, vinaigrette et croûtons à part. Autrement dit, quand une adolescente développe un trouble alimentaire, les gens autour, sa famille remarqueront rapidement les changements et pourront tenter d’intervenir, alors qu’une adulte peut parvenir à cacher ce problème et personne ne tentera quoique ce soit. (Voir la partie II: Radio911, épisode 3: l'anorexie chez l'adulte) September 27 Radio911, Émission 2, L'anorexie chez l'adolescente, 2e partieEmission 2: "Manger sa Vie" (la suite...)
Que mange l’anorexique?
Au début, on va parler de ce qu’on appelle « la période d’installation ». Cette période est celle où la malade fait passer ses habitudes alimentaires d’un cadre normal (ou proche de la normale) à un régime extrêmement sévère. Cela peut prendre quelques mois. Fréquemment, les débuts coïncident avec le régime alimentaire. Le fait peut paraître banal (il y a des milliers de personnes qui, chaque jour, décident de se mettre au régime) mais pour la personne susceptible de basculer vers l’anorexie, ne pas s’alimenter n’est pas aussi difficile que pour le reste de la population. Elle trouve agréable la sensation de faim et semble être capable de se discipliner à un point inhabituel, tandis que la plupart des gens qui suivent un régime éprouvent de grandes difficultés à s’y tenir et n’en tirent aucun plaisir. L’anorexique en herbe s’étant découvert un talent, prolonge son régime même si elle a atteint le poids désiré, où si la durée du régime initialement prévue est dépassée. Ceci est inhabituel car on est, en général, soulagé d’en finir avec un régime et on retourne rapidement à ces anciennes habituelles alimentaires.
L’anorexique n’abandonne pas. Et on commencera pas observer un ensemble de rituels alimentaires : Elle pourra cesser de consommer du beure, de l’huile et toutes les autres matières grasses. Successivement, elle enlèvera toute graisse visible sur la viande, refusera de manger tout aliment cuit à la poêle, éliminera la mayonnaise et autres sauces du genre, ne voudra plus toucher aux biscuits ni aux gâteaux qui contiennent des corps gras, ne consommera que du lait écrémé. Elle en viendra à ressentir un véritable sentiment de panique à l’idée de manger une nourriture préparée par quelqu’un d’autre : Tout à coup qu’il y aurait du gras?
Mais cela ne s’arrête pas là : Ce comportement va s’élargir classiquement à d’autres types de nourriture : le sucre par exemple. Avec le temps, on se retrouve devant une personne qui persiste dans une restriction de plus en plus malsaine. On notera que bon nombre d’anorexiques deviendront végétariennes à un tel point que pour ces jeunes femmes, seuls les fruits et légumes seront tolérés. Évidemment les besoins nutritifs en graisses, protéines et féculents ne sont pas respectés.
Les aliments seront donc séparés en 2 catégories : Ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Et si, par hasard, l’anorexique se voit confronter à ce qu’elle considère comme étant une « mauvaise nourriture » (ex : spaguetti, poulet, pizza…), la panique l’envahira et elle refusera avec force d’y toucher. Il est évident qu’à un moment donné, ce que la jeune fille va manger, sera insuffisant pour le maintien d’un poids santé.
Une anorexique sait échapper à la vigilance de son entourage de bien d’autres manières, même si son entourage a remarqué sa perte de poids et l’encourage à manger. Par exemple, elle emporte de la nourriture et dit qu’elle la mangera plus tard : En fin, elle la donnera à quelqu’un ou la jettera tout simplement.
La maladie se prolongeant, la personne élaborera de nouveaux rituels, par exemple manger exactement les mêmes choses aux mêmes moments chaque jour. Si elle dépasse la ration qu’elle s’est imposée, elle se punira ensuite en se privant de nourriture, sous prétexte d’avoir été « gourmande ». Elle pourra découper ses légumes en minuscules morceaux, jouer avec sa nourriture…Bref, la journée type de l’anorexique tournera autour de ce qu’elle mangera, quand, quelle quantité, où…Derrière ces obsessions de poids, d’alimentation se trouve un concept beaucoup plus fondamental : Le contrôle de soi .
La restriction alimentaire des débuts risque fort de devenir un mode de vie affectant toute l’existence de la malade, ne laissant que peu de place à quoi que ce soit d’autre. D’incroyables quantités de temps et d’énergie peuvent ainsi servir à planifier les détails du quotidien. De plus, le système est clandestin et doit le demeurer. Le secret demande également beaucoup d’efforts et sépare encore davantage l’anorexique de ses amis, de sa famille. Une adolescente vivant sur la planète « Anorexie » ne peut ni mûrir, ni se développer à un rythme normal pour son âge. La plupart des chercheurs considèrent que la malade n’a que l’âge correspondant au début de son anorexie. L’anorexie arrête, inhibe la croissance et le développement dans tous les aspects de sa vie,
Les expériences concernant l’alimentation :
L’expérience du Minnesota
Maintenant je vais vous faire prendre connaissance d’ une expérience assez particulière et qui s’inscrivait dans les scènes horribles des camps de concentration. Les Allemands avaient longuement étudié les effets de la privation alimentaire sur des prisonniers de guerre.
L’expérience s’est déroulée en 1945 auprès de jeunes hommes qui fréquentaient l’ Universit é du Minnesota. Elle visait premièrement à observer l’état de dénutrition dans un environnement médicalement contrôlé, mais aussi de vérifier de quelle façon une réalimentation était possible.
Le projet se présentait ainsi : les candidats participants étaient alimentés de façon normale pour une période de 3 mois, pour entreprendre une diète de 6 mois qui les mènerait à un état de semi-affamement, pour finalement réalimenter ces gens sur une période de 4 mois.
Les candidats ont subi une perte de leur masse corporelle de 24%. Et plusieurs d’entres eux ont développés des comportements étranges : Impatience, possessif avec leur nourriture, obsession envers les livres de recettes, se remémorant certains mets précis. Certains hommes ont dû être retirés de l’expérience dû à des épisodes psychotiques.
L’étude physiologique a permis de constater les dommages faits chez les participants : Baisse du métabolisme, atrophie du cœur, pression artérielle à la baisse, perte de cheveux, sensation de froid, désintérêt, dépression , hystérie. (dommages qu’on retrouve chez les jeunes gens atteints de troubles alimentaires sévères.
Les comportements : tentative de dissimuler de la nourriture, isolement, consommation extrême de gomme à mâcher (cette spécificité se retrouve aussi chez les anorexiques). Les obsessions alimentaires sont demeurées malgré la réalimentation. Contrôler le sentiment de la faim n’est pas une chose facile
Il est plus qu’évident que de nos jours de tels genres d’expérience seraient tout à fait inacceptables. Cette expérience a complété ce que les médecins nazis avaient déjà recueilli à Dachau
L’aspect génétique de l’anorexie
Comme l’autisme et la schizophrénie, il est très probable que l’anorexie ait une origine génétique. Les premiers résultats de l’étude Genetics of Anorexia Nervosa Collaboration menée dans dix villes d’Amérique du Nord et d’Europe révèlent qu’une adolescente a douze fois plus de risques d’être atteinte de troubles alimentaires si un membre de sa famille en a déjà souffert. « La génétique charge le pistolet. L’environnement appuie sur la gâchette. » C’est par cette formule choc que Craig Johnson, médecin à l’hôpital psychiatrique Laureate de Tusla (Etats-Unis) et responsable de l’étude côté américain, résume l’influence des gènes sur l’apparition de la maladie.
D’après lui, les chercheurs ont tenté au cours des 40 dernières années de comprendre comment les facteurs culturels qui favorisent les régimes pouvaient provoquer des désordres alimentaires. Au mois de janvier dernier, la top model Gisele Bundchen avait suscité des remous dans les familles d’anorexiques en déclarant « Je n’ai jamais souffert d’anorexie parce que j’ai eu une famille très solide. Ce sont les parents les responsables, pas l’industrie de la mode », sous-entendant que le manque de soutien de la part des familles était à l’origine des troubles de l’alimentation. Pour le chercheur, ce genre de déclaration « perpétue les idées fausses et contribue à stigmatiser l’anorexie ». Or il n’y a à ce jour aucune preuve scientifique qui démontre la responsabilité des familles. Pour les chercheurs de la Genetics of Anorexia Nervosa Collaboration, « la pression sociale n’a rien à voir, c’est en revanche probablement l’environnement qui révèle le risque génétique d’une personne ».
Pour le mettre en évidence, ils ont lancé une série d’études d’une durée de 10 ans, dans plusieurs grandes villes américaines (Pittsburgh, New-York, Philadelphia, Baltimore, Los Angeles), canadiennes (Toronto, Fargo), allemande (Munich) et britannique (Londres). Les chercheurs veulent étudier les failles dans lesquelles au moins deux personnes d’une même famille (frères, sœurs, cousins, oncles, tantes, grands-parents) ont souffert d’anorexie. Ces études sont financées par l’Institut national de la santé américain (NIH). « Nous savons aujourd’hui que cette maladie se déclenche lorsqu’il y a une configuration parfaite d’évènements dont font partie la vulnérabilité génétique et la culture qui encourage la minceur, les régimes et l’exercice physique » explique Craig Johnson. Il semblerait que le groupe le plus à risque soit celui des adolescentes de 11 à 14 ans qui sont censées prendre environ un tiers de leur poids d’adulte durant cette période, soit 18 kilos en moyenne. « Si une jeune fille a des difficultés avec cette prise de poids, si ses parents, son prof de gym, son amie ou son petit copain font un commentaire, ça peut déboucher sur une période de régime. Car, pour Craig Johnson, le régime et l’exercice physique restent « la voie royale vers les troubles de l’alimentation ».
Conclusion
Encore une fois, j’espèce avoir pu vous permettre de mieux connaître ce qu’est l’anorexie chez l’adolescente. Comme on va le voir au cours des émissions à venir, cette problématique diffère quelque peu selon la clientèle cible. Bien que les traitements disponibles peuvent se ressembler, il n’en demeure pas moins que le trouble alimentaire chez l’adulte ne se traite pas exactement comme celui de l’adolescente.
Plus loin dans le cadre de cette émission, je vais vous soumettre un questionnaire qui vous permettra de pouvoir vous situer par rapport à votre rapport avec la nourriture. Et ces questionnaires sont éclairants sur notre état de pensée car, lorsqu’on entreprend une démarche psychologique, on n’a de forte chance de se voir appliquer le test.
Il existe une phrase qui m’a vraiment marquée : « You are never to rich nor to thin ». Et je refuse le message que nous dit cette phrase. Je préfère vous laisser sur une autre phrase plus libératrice : « Ce qui est encourageant, c’est que désormais, on sait que plus vite on interviendra, plus vite sera la guérison. »
Mon adresse : mcdeseve@hotmail.com N’hésitez pas à m’écrire, à me poser vos questions, vos commentaires!
Mon site : mcdeseve.spaces.live.com Vous retrouverez le contenu de l’émission no 2 sur ce site.
Site de la semaine : http://www.chu-sainte-justine.org/Accueil/
Effectuer une recherche par mot-clé « Anorexie » . Il y a une bonne banque de données et des liens avec d’autres sites Emission no 2 (Radio911) "Manger sa vie" L'anorexie chez l'adolescente, 1ere partieEmission no 2: (date) ___26 septembre 2007_
L'anorexie chez l'adolescente
La semaine passée, je vous ai brièvement mentionné les sujets qui seront abordés. Je vais me permettre de rapidement vous les rappeler
- Les troubles de l’alimentation, les types de personnalité plus sujettes à ce genre de problématique - les troubles alimentaires chez les adolescentes, chez les personnes adultes, - les pressions sociales, les éléments déclencheurs (bien qu’ils diffèrent selon les gens, il demeure possible de faire un certain recensement des principales causes), - Les conséquences sur la santé - Les troubles alimentaires et la grossesse - Les différents types de traitements, (entre autre une méthode d’aide qui se fait à domicile avec l’aide des proches).
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L’anorexie :
« C’est une maladie épouvantable : vous voyez votre enfant qui, délibérément se fait du mal, qui souffre et que vous êtes incapable de l’aider »
« Un autre aspect tragique de cette maladie vient de ce qu’elle affecte toute la famille car nous vivons dans une atmosphère de peur et de tension constante »
« Nous sommes convaincus que notre fille veut guérir et sûrement mener une vie normale, mais elle ne peut surmonter la peur de prendre du poids. Sa maigreur est devenue sa fierté, sa joie et le principal objectif de sa vie »
Ces propos proviennent de la mère de Tracy, une jeune fille que j’ai rencontrée dans l’un des nombreux programmes de jour que j’ai suivi. A 15 ans, Tracy était une adolescente en santé, avec une grandeur et un poids normaux. Rien ne paraîssait aller « de travers ». Mais ses parents venaient de décider d’inscrire leur fille dans une école privée de haut niveau ce à quoi elle s’opposa. Pour une raison difficilement compréhensible, son père lui suggéra de surveiller son poids. Tracy a rapidement suivi son conseil. Un régime très strict qui lui fit perdre ses règles.
Comme je l’ai mentionné la semaine dernière, la perte des règles est un critère évident lorsqu’on se trouve devant une personne nettement sous-alimentée. Le corps, affaibli, ne se permet même plus de perdre du sang. L’aménorrhée peut aussi se retrouver chez les gymnastes, les patineuses artistiques .
Tracy s’était justement mise à l’entraînement, plus particulièrement la natation. Et malgré un poids en chute libre, elle était complètement terrorisée à l’idée de prendre du poids. Éventuellement, elle a dû consulter un médecin. Elle perdait ses cheveux, ses bras et ses jambes étaient couverts d’un fin duvet qu’on appelle « lanuga », ses joues creusées lui donnaient l’air d’une femme âgée. Mais Tracy se trouvait tout à fait normale : « J’aime avoir cette maladie et je la souhaite et je ne trouve rien de mal à être maigre . Je n’arrive pas à me convaincre que je suis malade »
Comme on peut s’en rendre compte, l’anorexie mentale (de type restrictif) est une maladie déconcertante, pleine de contradictions et de paradoxes. Des jeunes filles se soumettent volontairement à la sous-alimentation pouvant mener jusqu’à la mort. Et pourtant, cette privation peut susciter une certaine admiration auprès des pairs. Il existe, même si bon nombre de patientes ne l’admettent pas, une certaine part d’exhibitionnisme. Ces jeunes filles vont affirmer manger mais seront très réticentes à l’idée de dire ce qu’elles auront absorbé. Personnellement, j’avais développé 2 phobies tout à fais illogiques : les timbres (je n’osais pas les lécher de crainte d’absorber des calories) et les odeurs des pâtisseries, de boulangeries comme s’il avait été possible, juste en respirant, d’accumuler là-aussi des calories. Comme on le voit, il se développe des peurs tout à fait insensées, sans aucun fondement logique.
Je vous cite à nouveau les signes indiquant la présence de l’anorexie
Critères que le DSM-IV en ce qui a trait aux troubles de l’alimentation :
Ils sont codés : F50.0 (307.1) Anorexie mentale
a- Refus de maintenir un poids corporel au niveau d’un poids minimum normal pour l’âge et pour la taille (85% du poids attendu…. b- Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros alors que le poids est inférieur à la normale c- Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, déni de la gravité de la maigreur actuelle d- Aménorrhée c-à-d absence d’au moins trois cycles menstruels consécutifs
Les études disponibles sur le sujet, tentent souvent d’expliquer son seulement pourquoi l’anorexie existe mais pourquoi elle se développe dans certains milieux, chez certaines personnes et pas d’autres.
Les troubles alimentaires seraient causés par une combinaison de facteurs biologique, psychologiques et sociaux :
Les facteurs de risques biologiques : Incluent l’hérédité, les antécédents familiaux de dépression, d’anxiété, le troubles alimentaires et de problèmes de poids.
Les facteurs de risques psychologiques : Incluent une faible estime de soi, la sensation de ne pas être à la hauteur, le manque de contrôle, la solitude et la colère, la peur de la maturité.
Les facteurs de risques sociaux : Incluent les relations difficiles avec la famille ou groupe de pairs (surprotection, absence de résolution de conflits, abus sexuels), un manque de soutien, la tendance à juger de la valeur d’une personne selon son apparence physique, les sports et les occupations axées sur l’apparence et le poids ainsi que les pressions socioculturelles envers la minceur.
Dans le milieu communautaire, on a constaté que des jeunes filles victimes d’agressions sexuelles auraient une tendance plus marquée à développer un trouble alimentaire, plus précisément la boulimie. Il est aussi important de porter attention à « l’enfant-modèle », à « l’adolescente-modèle « qui veut plaire à tout prix, qui, contrairement aux autres jeunes filles de son âge, ne démontre aucune forme d’opposition. Or cette période est essentielle dans le cheminement psychologique de l’adolescente. Elle doit s’affirmer, renforcer son identité et souvent cela se fait en confrontant les parents. Cette « jeune fille modèle » ne semble rechercher que la perfection : La perfection n’est justement pas de ce monde et cette attitude devrait être transmise aux enfants. De plus, il est important de réaliser qu’un trouble alimentaire commence toujours par une diète. (par contre, une diète n'entraînera pas obligatoirement un trouble de l'alimentation) Pour une raison ou une autre, la jeune fille décide d’entreprendre un programme de perte de poids. On lui aura peut-être fait une remarque sur son apparence, ou elle se comparera avec ses camarades d’école. Un événement comme un déménagement, un changement d’établissement scolaire sont aussi des raisons qui peuvent déstabiliser la jeune fille qui trouvera un réconfort en gérant son alimentation. Au début, son comportement n’attirera pas beaucoup d’attention. Mais au fur et à mesure que se produira la perte de poids, le changement des habitudes, la rigidité lors des repas (« jouer » avec sa nourriture, la couper en petits morceaux, le désir de ne manger que ce qui est « vert » (salades, pommes Granny Smith…)), l’isolement, l’inquiétude dans l’entourage vont s’installer. Butée, la jeune fille refusera de voir un médecin, un spécialiste ou autres intervenants. Éventuellement, il ne sera plus possible d’essayer d’ignorer le problème, l’amaigrissement excessif pouvant entraîner la mort. On devra considérer l’hospitalisation. Dans le cas où l’anorexique refuse toute forme de traitements, il est possible d’obtenir un document légal, émis par un juge et qui autorisera l’hospitalisation pour des raisons de santé malgré l’opposition de la patiente.
La Famille :
Il y a autant de type de parents qu’il y a d’anorexiques et de boulimiques. Ce qui peut sembler très difficile pour les membres de la famille, c’est de voir une jeune femme, brillante avoir une estime de soi aussi faible , et une telle fragilité, elle qui souvent ne ressent même plus la fatigue, l’épuisement et le stress à force de jeûner. Pour les parents, il est difficile de se faire à l’idée que leur fille soit prête à se battre à ce point pour préserver le contrôle de son corps. Éventuellement, il peut s’en suivre un déni complet de la maladie de la part des membres de la famille, voire même un certain rejet de la jeune anorexiques. Les parents se sentent très souvent coupables, impuissants face à la condition de leur fille. Ils ne comprennent pas les fluctuations de caractère, l’isolation dans laquelle elle se réfugie et sont épuisés face à ces discussions interminables qui se produisent à chaque fois qu’il y a de la nourriture en jeu.
C’est pourquoi, on sollicite souvent les parents de la patiente d’assister à des groupes de thérapie familliale . Bien que les réactions puissent parfois être de nature assez agressante, il faut malgré tout poursuivre afin de savoir, non pas lequel des deux parents a mal fait mais plutôt de comprendre ce qui irrite la jeune femme., d’identifier le comportement alimentaire, les situations de conflits afin de pouvoir trouver des façons qui ramèneront un certain équilibre à la maison. Car même si à première vue, la famille paraît idéale, lorsque l’on pousse un peu plus profondément la recherche, on peut s’apercevoir qu’il existe un certain côté sombre. Lorsqu’un membre de la famille souffre d’ anorexie, ceci constitue un stress non négligeable pour toute la famille, conduisant à des difficultés dans la cohabitation. Il est ainsi difficile d’évaluer si les interactions spécifiques dans la famille sont des éléments qui contribuent à la maladie ou la conséquence. J’ai déjà, à plusieurs reprises, entendu dire que dans la cellule familiale, l’anorexique est la seule personne « saine » en ce sens, que contrairement aux autres membres qui refoulent leurs émotions, elle, quoique de façon inadéquate, fait ressortir les malaises, les squelettes dans les placards, brise cette impression de perfection.
Début de l’anorexie
L’anorexie commence habituellement aux alentours des 14-17 ans, bien qu’on puisse en rencontrer des plus jeunes (10 ans), et des personnes beaucoup plus âgées
Bien que les pressions sociales incitant à être mince constituent un facteur important dans le risque de développer l’anorexie, nous savons également que les pression sociales touchent plus directement les personnes qui sont vulnérables pour des raisons psychologiques et biologiques. La recherche nous a récemment démontré en quoi les troubles de l’alimentation sont tributaires de vulnérabilités génétiques qui sont « déclenchées » par la multiplication des régimes alimentaires. En d’autres termes, les troubles de l’alimentation sont des maladies complexes; des facteurs biologiques, sociaux, psychologie et liés au développement interviennent tous dans le processus.
Durée de la maladie
La durée moyenne de la maladie est de 7 années. Mais si elle se poursuit au-delà des 9, 10 ans, on se retrouvera dans une situation où le trouble alimentaire plongera dans la chronicité . Mais qu’est-ce que cela signifie au juste?
Tout simplement que cette maladie sera plus difficilement à traiter surtout lorsque s’installeront des problèmes de co-morbidité. Par « co-mobidité » on entends par là : « Personnalité limite ou borderline », « troubles bipolaires », « dépression », « alcoolisme »….Et ces désordres de la personnalité pourront, dans des cas extrêmes, mener à la mort, ou au suicide. Il est important de savoir que si une jeune femme réponds aux critères de l’anorexie, mais qu’elle développe d’autres symptômes (consommation excessive d’alcool, de drogue……) ce qui complique la tâche des intervenants. :
On demandera donc à la patiente d’aller chercher de l’aide sur ses types de comportements avant d’entreprendre une thérapie sur les troubles alimentaires..
(Voir la 2e partie de ce texte )
September 13 Emission no 1 (radio911) "Manger sa Vie" Présentation et introduction, 1ere partie
Nouvelles
J'aimerais vous faire part d'un nouveau projet. A partir de la semaine du 19 septembre 2007, j'animerai une émission qui touchera les trouble de l'alimentations. J'espère pouvoir vous permettre de mieux comprendre cette problématique qui est à la hausse. A chaque semaine, je mettrai en ligne le principal contenu de l'émission, ainsi il vous sera possible de vous attarder sur certains thèmes.
Voici les coordonnées: Tous les mercredi, de 19 à 20 heures Radio 911 (CFUT) Site internet: www.radio911.com
Voici mes propres coordonnées: mcdeseve@hotmail.com
N'hésitez surtout pas à me faire parvenir vos commentaires, vos questions. Il me fera plaisir d'y répondre.
Je nous souhaite donc une bonne chance!
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Introduction
But de l’émission : Informatif et pouvant aider les gens. Ici, nous donnerons
des informations sur les troubles alimentaires, sur leur
importance et la nécessité d’intervenir
Présentation de l’animatrice : Je m’appelle Marie-Claude de Sève. J’ai une formation en sciences politiques et juridiques ainsi qu’en archivistique. Mais plus important que tout : j’ai souffert d’anorexie durant vingt ans. J’ai dû être hospitalisée à 2 reprises, j’ai suivi des thérapies de groupe, individuelles. J’ai publié quelques articles sur le sujet dans la revue « Coup de Pouce », « Elle-Québec ». J’ai participé à une émission de fond sur les t troubles alimentaires à Radio-Canada, ainsi qu’à CFQR, une radio anglophone à Montréal. J’ai un blogue où je parle des troubles alimentaires.
Sujets qui seront abordés : Dans le cadre de cette série d’émissions, j’espère pouvoir traiter bon nombre de sujets. Évidemment vous permettre de bien comprendre :
- Les troubles de l’alimentation, les types de personnalité plus sujettes à ce genre de problématique - les troubles alimentaires chez les adolescentes, chez les personnes adultes, - les pressions sociales, les éléments déclencheurs (bien qu’ils diffèrent selon les gens, il demeure possible de faire un certain recensement des principales causes), - Les conséquences sur la santé - Les troubles alimentaires et la grossesse - Les différents types de traitements, (entre autre une méthode d’aide qui se fait à domicile avec l’aide des proches).
Les mythes des troubles alimentaires
En commençant, j’aimerais peut-être ici vous présenter 3 types de troubles alimentaires qu’on peut rencontrer. Mais auparavant, j’aimerais corriger certains mythes qui existent face aux troubles de l’alimentation :
1- L’anorexie, contrairement à ce qu’on disait avant, peut toucher tant la population féminine que masculine. 2- Elle peut affecter toutes les couches de la société : ce n’est pas une maladie de « riches » Cette croyance peut peut-être s'expliquer par le fait que les traitements disponibles pour les gens souffrant d'anorexie sont extrêmement dispendieux, ce qui fait que pour pouvoir justement les suivre, les patientes de ces centres devaient provenir de milieu aisé. 3- Les causes de l’anorexie peuvent être à la fois « génétiques » et « environnementales » ( la pression d’être maigre, événement traumatique…) Et il s'agit d'une avancé intéressante, parce que dès le moment où on parle de de génétique, de la potentialité de pouvoir détecter un gène déficient ouvre la porte sur une forme de prévention beaucoup plus rapide. 4- Cette maladie est sérieuse et peut être mortelle 5- Et il s’agit bel et bien d’une maladie et non d’un choix: Personne ne se lève unmatin en décidant de devenir anorexique ou boulimique.
L’anorexie :
C'est le refus de s’alimenter de peur de prendre du poids. C’est la distorsion de la perception corporelle. L’anorexique se trouve grosse malgré un petit poids et utilise un ensembles de tactiques pour éviter tout ce qui touche à la nourriture. Elle arrivera en retard au restaurant, ou à la maison et affirmera avoir déjà mangé. Rapidement son environnement social se rapetissera : l’anorexique éprouve beaucoup de difficulté à maintenir des liens émotifs . Et, oui, elle éprouve un sentiment de force lorsqu’elle voit les gens manger alors qu’elle ne le fait pas. Sa fierté provient de ce contrôle.
La boulimie (bulimia nervosa)
Elle est caractérisée par des épisodes d’orgie où la patiente mangera énormément pour ensuite se faire vomir. Pour compenser l’apport calorique, la personne peut aussi utiliser de fortes doses de laxatifs ou s’imposer des séances d’entraînement excessives. La boulimie peut, malgré tout perdre beaucoup de poids, quoique souvent, elle apparaîtra avoir un poids normal. Faible estime d’elle.
Hyperphagie :
Cette problématique est en ascension. On le nomme aussi « compulsion alimentaire ». La personne absorbe un nombre démesuré de nourriture. Et se sent immédiatement coupable, développe de sérieux problèmes de confiance en elle. Ce problème est relié à l’obésité.
Petit regard sur l’Histoire
Les gens se demandent souvent si les troubles alimentaires sont des maladies « modernes »…Eh bien non. Ce type de problème existe depuis des siècles. Au moyen-âge, ces jeunes filles qui ne mangeaient pas et qui perdaient leur cycle menstruel étaient souvent considérées comme « sorcières » . Et il semblerait qu’on en ait brûlé un certain nombre. La première définition à caractère scientifique touchant l'anorexie s'est fait au XVII. Un médecin, le Dr. Morton avait eu l'occasion d'observer deux jeunes filles qui refusaient de s'alimewnter et il avait fait le lien entre des comportements obssessifs, perfectionnistes et le refus de s'alimenter. A la fin du XIXe et XXe le domaine de la psychologie a connu une expansion extraordinaire, de nouvelles interprétations furent faites. Selon Freud, l’anorexique est en conflit entre ce qu’elle est et ce qu’elle devrait être, et l’anorexie n’est qu’une forme d’hystérie qui peut être traitée par la psychanalyse. Cette méthode de traitement existe toujours mais il n’est pas possible d’en déterminer les taux de réussite pour la simple raison qu'une thérapie psychanalytique s'étend sur des années (7-8 ans) et que très souvent, le traitement de l'anorexie doit se faire rapidement.
Ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est qu’on croit que Catherine de, Sienne (une religieuse) l’impératrice Sissi (qui possédaitd'ailleurs dans sa chambre une véritable salle de gymnastique) , l'écrivain tchèque Kafka et Simone Veil (une philosophe, écrivaine juive qui a vécu la tourmente de la 2e Guerre Mondiale) ont souffert de ce type de problème. Les biographes de l’époque rapportent des comportements qui ressemblent effectivement à ce que présenterait de nos jours, une anorexique .
2ème thème de votre intervention :
Définition plus précise. : Allons voir plus précisément les symptômes qui peuvent mener à un diagnostic d’anorexie, de boulimie.( Selon le DSM des maladies mentales)
Malgré le fait qu’on puisse avoir une petite idée de ce à quoi peut ressembler un trouble alimentaire, le corps médical demande plus. Et c’est là qu’on peut se rendre compte qu’il est peut-être plus facile à identifier la fracture d’un membre, une grippe, une pneumonie, des problèmes cardiaques.
Mais le trouble de l’alimentation, tout comme tout autre problème à consonance plutôt psychologique, n’est pas si facilement détectable. C’est pourquoi, les spécialistes ont élaboré un document, qui est désormais considéré comme étant quasiment la bible des psychiatres, soit le DSM-IV. Elaboré par l’American Psychiatric Association, cet ouvrage énumère les critère, qui seront classées selon leur affinité : Certains problèmes de comportement pourront se retrouver identifiée à des « troubles de personnalité-limite (« borderline ») (nous reviendrons sur ce point), paranoïa, bipolaire, psychopathie, personnalité antisociale…et d’un problème concernant l’anorexie type restrictif ou anorexie type purge..
Voici les critères que le DSM-IV en ce qui a trait aux troubles de l’alimentation :
Ils sont codés : F50.0 (307.1) Anorexie mentale
a- Refus de maintenir un poids corporel au niveau d’un poids minimum normal pour l’âge et pour la taille (85% du poids attendu…. b- Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros alors que le poids est inférieur à la normale c- Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, déni de la gravité de la maigreur actuelle d- Aménorrhée c-à-d absence d’au moins trois cycles menstruels consécutifs
Dans le cas où la personne, d’une façon régulière, absorbe des quantités de nourriture beaucoup plus élevées pour se faire vomir par la suite, tout en ayant les mêmes obsessions que celle de l’anorexie, on obtiendra plutôt un diagnostic de « Boulimie » (Bulimia Nervosa).
La boulimie contrairement à l’anorexie peut ne pas être très remarquée car la personne en souffre, peut présenter un poids normal ou légèrement en dessous. Mais les comportements ne trompent pas et ces comportements sont dangereux. (débalancement électrolytiques dû aux vomissements répétés qui peuvent entraîner la mort)
Ce qui complique un peu les choses, c’est que très souvent, les anorexiques peuvent finir par réagir comme le font les boulimiques (bulimia nervosa), soit se faire vomir, s’exercer de façon excessive. Il devient ainsi assez difficile de trancher entre ces 2 types de problématiques.
3ème thème de votre intervention
Qui est « à risque » ? Exemples concrets : Danseuses de Ballet, chanteuse (Karen Carpenter du groupe « The Carpenters décédée en 1983), Tracy Lord…
Qui est donc « à risque »? On a longtemps parlé des mannequins, des danseuses de ballet à cause de la pression sociale, L’équation n’est pas très compliquée : Il existe des critères d’esthétisme dans la danse classique envers lesquelles on ne fait pas de compromis. La pression est énorme chez ces jeunes filles pour le maintien d’un poids assurément sous la normale. On pourrait indiquer le cas des patineuses artistiques, ou les gymnastes. Dans tous ces cas, on est devant des jeunes femmes, perfectionnistes, qui ne semblent être capables que de se concentrer sur leur performance. Et très souvent, en discutant avec celles-ci, on s’aperçoit de l’insécurité face à elles-mêmes, le déni de leur état de maigreur. Et pour plusieurs personnes qui souffrent de troubles alimentaires, ces troubles finissent par devenir une véritable partie de leur personnalité, ce qui rends le traitement difficile. : Elles ne souffrent pas d’anorexie : Elles sont anorexiques! Comme mentionné plus haut, on ne croit plus que les troubles alimentaires ne touchent qu’une partie de la société. Désormais, on considère qu’un élément traumatique, que de simples commentaires de l’environnement, des attentes, peuvent être les éléments déclencheurs qui mèneront à un trouble alimentaire.
En ce qui concerne les mannequins, la mode de la maigreur a vraiment émergé avec la jeune britannique Twiggy, dans les années 60. Il n’est pas possible, dans son cas, de savoir si elle souffrait d’un trouble alimentaire. Il y eu aussi Cherry Boone, la fille du chanteur Pat Boone qui a souffert d’anorexie et qui a écrit un très bon livre sur ce sujet : « Starving For Attention »
Mais il y a un cas qui a possiblement frappé l’attention du public. Celui de Karen Carpenter, chanteuse avec son frère dans le groupe du même nom. Groupe extrêmement populaire, qui remportait succès par-dessus succès, nul n’aurait pu soupçonner le sentiment d’isolement que vivait Karen.
Karen s’était toujours trouvée « grassouillette » et avait soudainement décidé d’entreprendre une diète. Les résultats furent spectaculaires, la réception des gens, enthousiasme. Mais pour Karen, la diète n’était pas pour se terminer. Prise de laxatifs et diurétiques.
C’est à ce moment que son frère lui proposa de rencontrer un médecin. Réticente, elle finit par suivre ses conseils. Le diagnostic tomba comme un couteau. Et Karen renia le résultat. Elle finit par devoir être hospitalisée dû à son faible poids. A sa sortie, elle accepta de consulter un psychologue. Extérieurement, Karen semblait en pleine forte, ses joues s’étant remplies, son regard redevenu brillant. Elle se risqua au mariage…et divorça peu de temps après.
Un jour, elle décida de prendre quelques jours de repos chez ses parents. Le souper semblait s’être bien déroulé, et Karen élaborait même de futurs projets. Elle finit par monter à sa chambre, fatiguée.
Le lendemain, les heures passent et Karen ne se pointe toujours pas. On décide donc d’aller à sa chambre…pour la retrouver, allongée sur le carrelage de la salle de bain…Le pouls est inexistant, aucune respiration…Décédée suite aux problèmes de l’alimentation.
Quand à moi, bien que la mort de Karen m’apparût comme un drame, elle m’a aussi permise de me rendre compte de ce dont je souffrais : L’anorexie. En 1983, peu de gens savaient ce qu’était cette maladie.
Voir la suite du document dans la partie no 2...
September 12 Emission 1 (Radio911) "Manger sa Vie" Présentation et introduction, 2e partie
(Suite de l'émission no 1...)
4ème thème de votre intervention
Existe-t-il une « mode anorexique » ? Les propos de Karl Lagerfield (Chanel), d’Elizabeth Hurley (mannequin et actrice) concernant le poids de Marilyn Monroe.
La beauté a un prix, tout particulièrement pour les mannequins qui se privent de manger pour pouvoir se glisser dans les robes que leur façonnent les créateurs de mode. Le récent décès de plusieurs de ces personnes à travers le monde a incité l’Academy for Eating Disorders (AED) à former un groupe de travail changé d’élaborer des lignes directrices visant à aider l’industrie de la mode à adopter les mesures appropriées pour protéger la santé et le bien-être des mannequins.
Ce qui est intéressant dans cette démarche, c’est qu’elle implique un hôpital montréalais, soit Le Douglas . Cet hôpital possède un programme des troubles alimentaires très reconnu au travers le monde.
Les semaines de la mode; Exemple de Madrid qui a adopté une loi restreignant les mannequins de poids insuffisants lors de défilés. Montréal réfléchit toujours à l’application d’une telle mesure.
Les designers de mode : Karl Lagensfield : « Les mannequins ne servent que de support aux vêtements qu’on présente ». Cette remarque est tout à fait inacceptable. Elle a suscité bon nombre de critiques mais la meilleure façon de protester demeure le boycott : Ne pas acheter de ces créations et autres produits dérivés (ex : parfum, sac à main…). On dit que le nerf de la guerre est l’argent. Utilisons cette arme.
Il existe un recrutement absolument inacceptable qui s’opère auprès des différentes cliniques privées traitant les troubles de l’alimentation.
Les mannequins : Elizabeth Hurley : « Si je pesais le poids qu’avait Marilyn Monroe…eh bien je me suiciderais sur le champs! » Au cours des années 90, alors que la vie de mannequin apparaissait tellement « glamour » avec les Claudia Schiffer, Linda Evangelista, Cindy Crawford, la réalité était plutôt différente. Il y a un bon film qui a été fait par Robert Altman et qui nous présente les dessous du monde de la mode : « Prêt-à-porter/Ready to Wear »
Les consommatrices : Nous toutes pouvons changer les choses en ne les endossant pas. La beauté se présente à tout âge. Ce n’est pas l’apanage des jeunes filles et des jeunes femmes. Il ne faut pas se laisser prendre par les images des magazines féminins. Ces photos sont très souvent retouchées et ne correspondent pas à la réalité. Aux Etats-Unis, l’an passé, une femme, Katie Kouric est devenue la première chef d’antenne d’un bulletin de nouvelles. Certaines photos d’elle ont été publiées et elle a dénoncé le fait qu’on avait justement retouché ces photos afin qu’elle apparaisse plus mince.
Les sites pro-anorexiques.
Aussi étonnant que cela puisse sembler, il existe un très grand nombre de sites qui font la promotion des troubles alimentaires, plus particulièrement de l’anorexie. On appelle ces sites « des sites pro-anorexiques ou pro-ana, » comme on le dit très souvent.
Ces sites, bien évidemment, suscitent bon nombre d’inquiétudes dans la communauté médicale.
Ces sites ont comme but :
1- La promotion des troubles alimentaires, plus particulièrement l’anorexie, comme étant une façon de vivre sa vie et non comme pouvant être une maladie mortelle 2- Fournir des « trucs » (potentiellement fort dommageables) pour perdre du poid 3- Suggérer des façons de tromper l’environnement 4- Atteindre la clientèle féminine 5- Encourager les gens souffrant de troubles alimentaires de continuer dans ce chemin.
Si on s’interroge sur le genre de personne qui opère de tel site, on se doit de conclure qu’il s’agit fort probablement de personnes, atteintes, mais qui se croient o.k. et qui doivent s’être convaincues que vivre comme une anorexique était un choix.
Il faut se dire que ce genre de sites est potentiellement dangereux par les encouragements à poursuivre des comportements nocifs, par leur façon de présenter l’anorexie comme étant « fashionable » « sexy » (oui un corps très maigre est attirant) et surtout par la somme d’informations disponibles sur les multiples façons de perdre du poids.
Vous devez sûrement l’avoir compris, je ne donnerai aucune adresse internet de ce genre de sites.
5ème thème de votre intervention
Conclusion
J’espère avoir réussi à susciter votre intérêt. Comme on peut le voir avec cette introduction, c’est un sujet très complexe, qui n’est pas facile à cerner. Par contre, il y a tellement de recherches qui ont été faites qu’on a de plus en plus d’informations sur ces problèmes, et par conséquent, de meilleurs moyens d’intervention.
Ce qui est encourageant, c’est que désormais, on sait que plus vite on interviendra, plus vite sera la guérison.
Dans le cadre de cette émission, je vais régulièrement essayer de vous présenter certains ouvrages d’intérêts, de même que des sites internet qui m’apparaissent intéressants.
Mon adresse : mcdeseve@hotmail.com Mon site : mcdeseve.spaces.live.com Site de la semaine : www.dove.ca
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