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December 08 "Manger sa Vie"...devient un livre, aux éditions Quebecor"Manger sa Vie: Comment mettre frein aux troubles de l'alimentation" devient un livre, publié aux Editions Quebecor.
Je demeure encore sous le choc. Le tout s'est fait si vite! J'espère que vous le lirez, et n'oubliez pas de me faire part de vos impressions. April 08 Quelques petits "musts" à lire: A la veille possible d'élections canadiennes et celles très certaines des américaines en novembre 2008Quelques petits "musts" à lire: A la veille possible d'élections canadiennes et celles très certaines des américaines en novembre 2008
Le tout premier ouvrage, écrit par Chantal Hébert* (rappelez-vous son passage remarqué à "Tout le Monde en Parle" et ses échanges assez robustes avec Mario Dumont, du pur délice!). Comme nous aurions aimé la voir avec les deux autres candidats que Guy A. Lepage avait aussi reçus à son émission) intitulé en version originale anglaise "French Kiss: Stephen Harper's Blind Date With Quebec ", 2007, ou en traduction française: "French Kiss: Le Rendez-Vous de Stephen Harper avec le Québec", 2007, Éditions de l'Homme". Je dois admettre ici que la traduction (si traduction il y a eu car Mme Hébert est parfaitement bilingue) respecte en tout point le texte original.
Qui aurait cru que la politique canadienne pouvait être si complexe, enlevante et même imprévisible? Assurément pas moi! Je me souviens de ces cours obligatoires, plutôt ennuyants, suivis durant mon baccalauréat en sciences politiques à l'UQAM où seuls les cours de Thierry Hentch sur le Moyen-Orient, et de Jacques Lévesque, sur l'Union Soviétique (c'est d'ailleurs ce dernier qui m'a incitée à suivre des leçons de russe et d'entreprendre plus tard un voyage de trois semaines dans un pays au bord de l'implosion sous le poid de ses multiples contradictions) trouvaient grâce à mes yeux.
Cet essai sur l'état de la fédération canadienne nous plonge sous les après du Lac Meech, de Charlottetown, le référendum crève-coeur pour plusieurs de 1995, la montée d'une droite, menée d'une main de fer par un Stephen Harper qui prend des airs de plus en plus assurés "d'homme d'état", qui assuma un coup assez fatal aux ambitions d'un Paul Martin déjà fort affaibli par les effets du scandale des commandites. Sans tomber dans la simplicité banale, Mme Hébert nous permet de suivre cet étrange animal politique qu'est Stephen Harper, plus particulièrement aux yeux de bon nombre de québécois souverainistes qui se sont éveillés, un matin, avec ce gouvernement conservateur minoritaire, qui avait tout de même pu accéder au pouvoir grâce à la votation provenant du Québec (quelle ironie, n'est-il-pas?), sans pour autant négliger les apports qu'elle considère positifs, du Bloc québécois à la Chambre des communes et à son fonctionnement. Connaissant personnellement son chef, Gilles Duceppe, alors qu'il était conseiller syndical à la Fédération du commerce de la CSN, la description de sa rigueur intellectuelle est tout à fait à l'image de ce que j'ai pu observer, en tant que militante et plus tard, salariée de la centrale.
Comme l'excellente journaliste qu'elle est, Chantal Hébert décortique et présente les différentes facettes des hommes et des, fort malheureusement, peu nombreuses femmes qui se retrouvent dans notre paysage politique. Je mets ici au défi quiconque de pouvoir me dire de quel côté penche le coeur politique de Mme Hébert. Evidemment que je n'y suis pas parvenue! J'attends vos commentaires là-dessus.
Le second ouvrage jusqu'à date ne se trouve qu'en version originale anglaise. "Tempting Faith: An Inside Story of Political Seduction" de David Kuo, mais je peux vous assurer qu'il s'agit là d'un ouvrage fort abordable au niveau de la langue. C'est un voyage à l'intérieur de la droite religieuse américaine, de ses nombreux activistes qui ont énormément contribué à l'élection de Georges W. Bush en 2000 et à sa réélection en 2004, à coup de promesses non tenues, de subventions de la part de l'Administration nouvellement élue. C'est aussi la désillusion d'un jeune homme, venu à Washington pour servir les John Ashcroft, Ralph Reed, Pat Robertson, Bob Dole, espérant faire coïncider ses valeurs religieuses qu'on peut facilemement qualifier de "conservatrices" (anti-avortement, renforcement du mariage religieux, opposition à l'union gaie,etc...) avec les politiques républicaines de l'équipe Bush fils. De promesse non tenue à promesse encore non tenue, David Kuo a vécu une expérience troublante où sa foi, ansi que celle de milliers d'américains, s'est vu corrompre par les différentes politiques gouvernementales. Tel que l'auteur le dit lui-même, il s'est plutôt vu manipuler la croyance de la population à des fins politiques. De nombreux fonds furent utilisés électoralement dans des états sensibles au cours d'événements tenus par les républicains. Ce qui devaient être des subventions présumément accordées à des groupes religieux se trouvaient "indécemment" recyclées en fonds politiques. C'est ainsi qu'avant et après le 11 septembre 2001, malgré ses multiples déclarations de foi publiques, Georges W. Bush n'a tout simplement pas respecté aucun de ses engagements, allant même, en privé, jusqu'à qualifier ces organismes "d'idiots", selon les mots mêmes de l'auteur.
Je ne partage pas les croyances religieuses de M. Kuo, mais je ne mets aucunement en doute sa sincérité. Ce livre trouve son intérêt en nous faisant mieux voir les liens extrêmement serrés qui existent entre la politique et la religion dans le paysage américain. Il n'est à peu près pas possible pour les politiciens qui désirent demeurer en place de ne pas invoquer leur foi, de ne pas insister sur l'importance de Dieu dans leur vie quotidienne. Sincérité ou opportunisme? Un peu des deux mais ce chemin est incontournable.Demandez-le à Hillary, à Obama, à John Edward...Demandez-le aussi à McAin, à Giuliani? Dès le début de son premier mandat, Bush a su jouer cette carte, tout comme les John Ashcroft, Donald Rumsfeld et autres...Sachant ce que nous savons maintenant de cette Administration, je vous laisse, à vous lecteurs, le choix de décider de la profondeur de ces professions de foi. Qui trop parle, mal étreint, n'est-ce-pas?
Le troisième ouvrage "State of Denial" de Bob Woodward se situe, tant au niveau du traitement de l'information que de l'écriture, plutôt au niveau de l'essai de Chantal Hébert. Jusqu'à date, uniquement disponible en anglais, le niveau de langage est beaucoup plus soutenu que celui de David Kuo, ce qui peut en faire un ouvrage plus difficile d'approche. Mais ayant déjà passé par ce chemin-là, je peux vous assurer qu'avec l'aide d'un bon dictionnaire bilingue, on peut en venir à bout.
"State of Denial" examine la façon dont l'Administration Bush a su manipuler les faits concernant l'Irak dans ses interventions tant au public, au Congrès, à la Chambre des représentants et très souvent à eux-même avant le déclenchement de cette guerre, le 6 mars 2003. Nous connaissons aujourd'hui les rôles cruciaux de Dick Cheney, Donald Rumsfeld, Condoleeza Rice, mais nous ignorons peut-être l'importance cachée d'un Henry Kissinger, veillissant, semblant ne pas s'être remis de l'échec du Vietnam.
D'une façon détaillée, Bob Woodward nous révèle de quelle façon, Andrew Card, le responsable du personnel à la Maison-Blanche a tenté durant dix-huit mois, à plusieurs reprises, d'obtenir le remplacement de Donald Rumfeld comme Secrétaire à la défense, se heurtant au refus du président et de son vice-président. Quand à Rumsfeld lui-même, dans une note de service datant de 2006, révélait que "la coordination entre les départements et agences étant brisé, le système actuel de gouvernement rendait la compétence quasi-impossible".
Que s'est-il passé suite à l'invasion de l'Irak? Pourquoi? Comment Georges W. Bush prend-il ses décisions et gère une guerre qu'il a choisi afin de définir sa présidence? Existe-t-il un plan réaliste afin d'atteindre une victoire encore promise? Ce sont quelques unes des questions auxquelles cet ouvrage tente de répondre.
S'il était possible de cristalliser le point culminant, qui démontrerait l'incapacité d'un président à prendre d'efficaces mesures dans la gestion d'une guerre, on y serait. Dans ce troisième ouvrage qui explore le véritable carnage tant politique qu'administratif suivant les attentats commis le 11 septembre 2001, le légendaire Bob Woodward dissecte la conduite de l'administration Bush dans sa conduite de cette guerre sanglante en Irak. Et le tableau n'est pas rose. L'écriture directe, parfois désarmante, remplies d'anecdotes, ne fait que rendre encore plus puissante l'évocation de ce scénario qui a tourné à l'horreur tout simplement. L'incompétence et l'arrogance démontrées par les plus hauts membres de la branche exécutive du gouvernement en place sont dérangeantes surtout lorsque confrontées aux voix des civils et des soldats qui ne sont pas parvenus à ouvrir les yeux de l'administration républicaine sur les nombreux échecs rencontrés en Irak, tant en ce touche les défis complexes de la sécurité à de simples problèmes de logistique concerant le manque de traducteurs par exemple!
Incapables de gérer cette guerre qu'ils avaient pourtant amorcée, les Georges W. Bush, Vice-président Cheney, Secrétaire à la défence, Donald Rumsfeld, et la conseillère à la sécurité nationale, Condoleeza Rice n'ont pas su être à la hauteur, tout simplement.
Plusieurs des charges nous sont familières: Le manque de regard critique du président, l'obsession de Dick Cheney face aux WMD, soit les armes de destruction massives, et fort malheureusement pour Rice, car cette dernière est particulièrement brillante, on la considerait comme ayant été "la pire des conseillères en matière de sécurité des temps modèrnes". Pas très reluisant dans un résumé! Mais l'étoile de ce spectacle déconcertant revient malgré tout à Donald Rumsfeld, qui préside avec sa façon ulta-confidentielle qui laisse même, par instant, Woodward littéralement sans voix. On dit que le journalisme est la première page de l'histoire, alors l'écrit de Woodward devrait être lu par tous les futurs historiens à en devenir....
Voir album no 39: Quelques petits "musts" à lire: A la veille possible d'élections canadiennes et celles très certaines des américaines en novembre 2008
* Chantal Hébert est une chroniqueuse chevronnée, affectée aux affaires nationales au Toronto Star, et chroniqueuse invitée pour "Le Devoir" de Montréal, sans compter les différentes apparitions qu'elle effectue dans les médias tant anglophones que francophones.Elle a été correspondante de Radio-Canada à Queen's Park et au Devoir sur la colline parlementaire fédérale et je sais qu'il ne s'agit que d'un aperçu rapide de son curriculum vitae.
** David Kuo a servi d'assistant général sous la présidence de Georges W. Bush de 2001 à 2003. Il a travaillé pour de nombreux dirigeants conservateurs tel que John Ascroft, William Bennet, Jack Kemp, Bob Dole. Il dirige actuellement de Washington le site internet "Beliefnet"
*** Bob Woodward travaille au Washington Post depuis plus de 35 ans. Il est l'auteur de plus d'une dizaine d'ouvrages autorisés ou non, qui se sont retrouvés au numéro 1 des bestsellers au niveau national. Notons qu'il s'agit de l'un des deux journalistes qui ont mis à jour le scandale du Watergate dans les années 70. "State of Denial" est le troisième volet d'une trilogie sur les années Bush, soit "Bush at War" (I) 2002, "Plan of Attack" (II) 2004. February 04 "Les Bienveillantes": A lire ou ne pas lire....?"Les Bienveillantes" de J. Littel: à Lire ou ne pas Lire...?
L'ouvrage est plus qu'impressionnant: Mentionnons simplement qu'il s'agit là de la première oeuvre écrite par un jeune homme d'à peine 40 ans, d'origine américaine, mais résidant à Paris et qui a décidé d'écrire son roman dans la langue de Molière:...Déjà surprenant en soi! De plus, l'ouvrage en impose par sa grosseur: 894 pages dans sa version originale française chez Gallimard. Son sujet, en lui même ne peut que susciter la controverse: "N'écrit-pas sur l'Holocauste qui veut? Une brique de presque 900 pages, qui rapporte la vie quotidienne, d'un haut-supérieur nazi, le docteur Aue, chargé de différentes missions aux cours des années 1939-1945....Ce personnage tient un journal personnel, qui décrit avec la minutie d'un horloger, la routine quotidienne d'un dirigeant SS dans le cadre de ses différentes fonctions dans ces Eintzapgruppens, ces troupes de chocs disséminées sur le territoire russe et dont le but ne consistait qu'à l'élimination purement et simplement de la population juive locale, hommes, femmes, enfants...Les descriptions sont insoutenables, mais tout aussi intolérable, finit par devenir ce ton inexpressif, ces émotions économes de la part du narrateur...
Littell: C'est le "Fordisme", la tâche découpée en petites portions, où chaque opérateurs n'a qu'une vue limité de l'ensemble de l'action, où aucun de ces opérateurs ne s'avère indispensable.
C'est la ligne de montage avec ses quotas, sa production...peu de place pour l'émotion: Ne disait -on pas aux tout nouveaux: " Votre premier juif sera le plus difficile, votre dixième certes autant...mais votre millième, votre dix millième...vous n'y penserez même plus"
Littell: C'est la "banalité du mal" comme l'a si bien défini Annah Arentd, dans "Eichmann à Jérusalem". Dans toute cette chaîne d'événements qui ont fait l'holocauste, le plus terrible est bien de voir que les perpétreurs, les bourreaux, et les gens autours, ont des allures de petits fonctionnaires effacés. Nous aurions bien aimé pouvoir nous distancer de ces gens , ne serait-ce que par une apparence différente, terrifiante...Mais non, ces gens ressemblaient en fait à nous tous...Et c'est aussi ce qui rend le lecteur mal-à-l'aise. Si semblables, ne serions nous pas tous , dans ce cas, fait du même moule? Et la désagréable question " qu'aurais-je fait?" ne devient-elle pas
justement , encore plus désagréable?
Littell a repris avec élégance, et sous forme de roman, les données de Raul Hilberg, avec sa colossale étude de " La Destruction des Juifs de l'Europe de l'Est de 1933à 1945", où se retrouvent les grattes-papiers d'un système de destruction de niveau industriel, les aiguilleurs de chemins de fer, les opérateurs, les petites secrétaires qui remplissaient les formulaires contenant les rations alimentaires administrées dans chaque camps, les collecteurs qui se chargeaient avec diligence de recueillir l'argent des juifs pour assumer leur transport par train vers un camps d'extermination, un ticket allez-simple, vous l'aurez assurément deviné! Le juif payait pour sa propre anihilation. L'efficacité allemande dirions-nous.
Il s'est aussi inspiré de cet incontournable ouvrage de Christopher Browning : "Ordinary Men: Reserve Police Battalion 101 and the Final Solution in Poland". Ce document nous décrit justement la routine de ces Einszapgruppen A B C et D , déployés en Europe de l'Est avec comme mission, l'extermination de toute la population juive. L'accès à "ces hommes ordinaires" par le biais de leur correspondance, de leurs confidences...
"Les Bienveillantes" mérite d'être lue, très certainement...mais encore là, l'ouvrage, comme tant d'autres, n'arrive pas à "expliquer" cette "incongruité" dans le long parcours de l'humanité.
Voir diaporama no 21: Littell: lire ou ne pas lire?
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