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    27 September

    Radio911, Émission 2, L'anorexie chez l'adolescente, 2e partie

       Emission 2: "Manger sa Vie" (la suite...)                                                  

     

     

    Que mange l’anorexique?

     

    Au début, on va parler de ce qu’on appelle « la période d’installation ». Cette période est celle où la malade fait passer ses habitudes alimentaires d’un cadre normal (ou proche de la normale) à un régime extrêmement sévère. Cela peut prendre quelques mois. Fréquemment, les débuts coïncident avec le régime alimentaire. Le fait peut paraître banal (il y a des milliers de personnes qui, chaque jour, décident de se mettre au régime) mais pour la personne susceptible de basculer vers l’anorexie, ne pas s’alimenter n’est pas aussi difficile que pour le reste de la population. Elle trouve agréable la sensation de faim et semble être capable de se discipliner à un point inhabituel, tandis que la plupart des gens qui suivent un régime éprouvent de grandes difficultés à s’y tenir et n’en tirent aucun plaisir. L’anorexique en herbe s’étant découvert un talent, prolonge son régime même si elle a atteint le poids désiré, où si la durée du régime initialement prévue est dépassée. Ceci est inhabituel car on est, en général, soulagé d’en finir avec un régime et on retourne rapidement à ces anciennes habituelles alimentaires.

     

    L’anorexique  n’abandonne pas. Et on commencera pas observer un ensemble de rituels alimentaires : Elle pourra cesser de consommer du beure, de l’huile et toutes les autres matières grasses. Successivement, elle enlèvera toute graisse visible sur la viande, refusera de manger tout aliment cuit à la poêle, éliminera la mayonnaise et autres sauces du genre, ne voudra plus toucher aux biscuits ni aux gâteaux qui contiennent des corps gras, ne consommera que du lait écrémé. Elle en viendra à ressentir un véritable sentiment de panique à l’idée de manger une nourriture préparée par quelqu’un d’autre : Tout à coup qu’il y aurait du gras?

     

    Mais cela ne s’arrête pas là : Ce comportement va s’élargir classiquement à d’autres types de nourriture : le sucre par exemple. Avec le temps, on se retrouve devant une personne qui persiste dans une restriction de plus en plus malsaine. On notera que bon nombre d’anorexiques deviendront végétariennes à un tel point que pour ces jeunes femmes, seuls les fruits et légumes seront tolérés. Évidemment les besoins nutritifs en graisses, protéines et féculents ne sont pas respectés.

     

    Les aliments seront donc séparés en 2 catégories : Ce qui est acceptable et ce qui ne l’est pas. Et si, par hasard, l’anorexique se voit confronter à ce qu’elle considère comme étant une « mauvaise nourriture » (ex : spaguetti, poulet, pizza…), la panique l’envahira et elle refusera avec force d’y toucher. Il est évident qu’à un moment donné, ce que la jeune fille va manger,

     sera insuffisant pour le maintien d’un poids santé.   

     

    Une anorexique sait échapper à la vigilance de son entourage de bien d’autres manières, même si son entourage a remarqué sa perte de poids et l’encourage à manger. Par exemple, elle emporte de la nourriture et dit qu’elle la mangera plus tard : En fin, elle la donnera à quelqu’un ou la jettera tout simplement.

     

    La maladie se prolongeant, la personne élaborera de nouveaux rituels, par exemple manger exactement les mêmes choses aux mêmes moments chaque jour. Si elle dépasse la ration qu’elle s’est imposée, elle se punira ensuite en se privant de nourriture, sous prétexte d’avoir été « gourmande ». Elle pourra découper ses légumes en minuscules morceaux, jouer avec sa nourriture…Bref, la journée type de l’anorexique tournera autour de ce qu’elle mangera, quand, quelle quantité, où…Derrière ces obsessions de poids, d’alimentation se trouve un concept beaucoup plus fondamental : Le contrôle de soi .

     

    La restriction  alimentaire des débuts risque fort de devenir un mode de vie affectant toute l’existence de la malade, ne laissant que peu de place à quoi que ce soit d’autre. D’incroyables quantités de temps et d’énergie peuvent ainsi servir à planifier les détails du quotidien. De plus, le système est clandestin et doit le demeurer. Le secret demande également beaucoup d’efforts et sépare encore davantage l’anorexique de ses amis, de sa famille. Une adolescente vivant sur la planète « Anorexie » ne peut ni mûrir, ni se développer à un rythme normal pour son âge. La plupart des chercheurs considèrent que la malade n’a que l’âge correspondant au début de son anorexie. L’anorexie arrête, inhibe la croissance et le développement dans tous les aspects de sa vie,

     

                                                         Les expériences concernant l’alimentation :

                                                        

    L’expérience du Minnesota

     

    Maintenant je vais vous faire prendre connaissance d’ une expérience assez particulière et qui s’inscrivait dans les scènes horribles des camps de concentration.  Les Allemands avaient longuement étudié les effets de la privation  alimentaire  sur des prisonniers de guerre.

     

    L’expérience s’est déroulée en 1945 auprès de jeunes hommes qui fréquentaient l’ Universit    é du Minnesota. Elle visait premièrement  à observer l’état de dénutrition  dans un environnement médicalement contrôlé, mais aussi de vérifier de quelle façon une réalimentation  était possible.

     

    Le projet se présentait ainsi : les candidats participants étaient alimentés de façon normale pour une période de 3 mois, pour entreprendre une diète de 6 mois  qui les mènerait à un état de semi-affamement, pour finalement réalimenter ces gens sur une période de 4 mois.

     

    Les candidats ont subi une perte de leur masse corporelle de 24%. Et plusieurs d’entres eux ont développés des comportements étranges : Impatience, possessif avec leur nourriture, obsession envers les livres de recettes, se remémorant certains mets précis. Certains hommes ont dû être retirés de l’expérience dû à des épisodes psychotiques.

     

    L’étude physiologique a permis de constater les dommages faits chez les participants :  Baisse du métabolisme, atrophie du cœur, pression artérielle à la baisse, perte de cheveux, sensation de froid, désintérêt, dépression , hystérie. (dommages qu’on retrouve chez les jeunes gens atteints de troubles alimentaires sévères.

     

    Les comportements : tentative de dissimuler de la nourriture, isolement, consommation extrême de gomme à mâcher (cette spécificité se retrouve aussi chez les anorexiques). Les obsessions alimentaires sont demeurées malgré la réalimentation. Contrôler le sentiment de la faim n’est pas une chose facile

     

    Il est plus qu’évident que de nos jours de tels genres d’expérience seraient tout à fait inacceptables. Cette expérience a complété ce que les médecins nazis avaient déjà recueilli à Dachau

     

     

      

                                                           L’aspect génétique de l’anorexie

     

     

    Comme l’autisme et la schizophrénie, il est très probable que l’anorexie ait une origine génétique. Les premiers résultats de l’étude Genetics of Anorexia Nervosa Collaboration menée dans dix villes d’Amérique du Nord et d’Europe révèlent qu’une adolescente a douze fois plus de risques d’être atteinte de troubles alimentaires si un membre de sa famille en a déjà souffert.

    « La génétique charge le pistolet. L’environnement appuie sur la gâchette. » C’est par cette formule choc que Craig Johnson, médecin à l’hôpital psychiatrique Laureate de Tusla (Etats-Unis) et responsable de l’étude côté américain, résume l’influence des gènes sur l’apparition de la maladie.

     

    D’après lui, les chercheurs ont tenté au cours des 40 dernières années de comprendre comment les facteurs culturels qui favorisent les régimes pouvaient provoquer des désordres alimentaires. Au mois de janvier dernier, la top model Gisele Bundchen avait suscité des remous dans les familles d’anorexiques en déclarant « Je n’ai jamais souffert d’anorexie parce que j’ai eu une famille très solide. Ce sont les parents les responsables, pas l’industrie de la mode », sous-entendant que le manque de soutien de la part des familles était à l’origine des troubles de l’alimentation. Pour le chercheur, ce genre de déclaration « perpétue les idées fausses et contribue à stigmatiser l’anorexie ». Or il n’y a à ce jour aucune preuve scientifique qui démontre la responsabilité des familles. Pour les chercheurs de la Genetics of Anorexia Nervosa Collaboration, « la pression sociale n’a rien à voir, c’est en revanche probablement l’environnement qui révèle le risque génétique d’une personne ».  

     

    Pour le mettre en évidence, ils ont lancé une série d’études d’une durée de 10 ans, dans plusieurs grandes villes américaines (Pittsburgh, New-York, Philadelphia, Baltimore, Los Angeles), canadiennes (Toronto, Fargo), allemande (Munich) et britannique (Londres). Les chercheurs veulent étudier les failles dans lesquelles au moins deux personnes d’une même famille (frères, sœurs, cousins, oncles, tantes, grands-parents) ont souffert d’anorexie. Ces études sont financées par l’Institut national de la santé américain (NIH).

    « Nous savons aujourd’hui que cette maladie se déclenche lorsqu’il y a une configuration parfaite d’évènements dont font partie la vulnérabilité génétique et la culture qui encourage la minceur, les régimes et l’exercice physique » explique Craig Johnson. Il semblerait que le groupe le plus à risque soit celui des adolescentes de 11 à 14 ans qui sont censées prendre environ un tiers de leur poids d’adulte durant cette période, soit 18 kilos en moyenne. « Si une jeune fille a des difficultés avec cette prise de poids, si ses parents, son prof de gym, son amie ou son petit copain font un commentaire, ça peut déboucher sur une période de régime. Car, pour Craig Johnson, le régime et l’exercice physique restent « la voie royale vers les troubles de l’alimentation ».    

     

    Conclusion

     

     

    Encore une fois, j’espèce avoir pu vous permettre de mieux connaître ce qu’est l’anorexie chez l’adolescente. Comme on va le voir au cours des émissions à venir, cette problématique diffère quelque peu selon la clientèle cible. Bien que les traitements disponibles peuvent se ressembler, il n’en demeure pas moins que le trouble alimentaire chez l’adulte ne se traite pas exactement comme celui de l’adolescente.

     

    Plus loin dans le cadre de cette émission, je vais vous soumettre un questionnaire qui vous permettra de pouvoir vous situer par rapport à votre rapport avec la nourriture. Et ces questionnaires sont éclairants sur notre état de pensée car, lorsqu’on entreprend une démarche psychologique, on n’a de forte chance de se voir appliquer le test.

     

    Il existe une phrase qui m’a vraiment marquée : « You are never to rich nor to thin ». Et je refuse le message  que nous dit cette phrase. Je préfère vous laisser sur une autre phrase plus libératrice : « Ce qui est encourageant, c’est que désormais, on sait que plus vite on interviendra, plus vite sera la guérison. »

     

    Mon adresse : mcdeseve@hotmail.com N’hésitez pas à m’écrire, à me poser vos questions, vos commentaires! 

     

    Mon site       : mcdeseve.spaces.live.com  Vous retrouverez le contenu de l’émission no 2 sur ce site.

     

    Site de la semaine : http://www.chu-sainte-justine.org/Accueil/

     

    Effectuer une recherche par mot-clé  « Anorexie » . Il y a une bonne banque de données et des liens avec d’autres sites

    Emission no 2 (Radio911) "Manger sa vie" L'anorexie chez l'adolescente, 1ere partie

    Emission  no 2: (date)  ___26 septembre 2007_

     

     L'anorexie chez l'adolescente

     

     

    • Nouvelle information : Le photographe Toscani (célèbre pour ses photos controversés chez Benneton) a accepté de prendre des clichés de jeunes filles anorexiques, qu’on a affiché un peu partout dans la ville de Milan (ou se déroule actuellement la « Semaine de la Mode »). Le but est de sensibiliser la population concernant les troubles alimentaires. Notons que pour avoir le droit de circuler sur le podium, les mannequins doivent fournir un certificat de bonne santé : Quand l’Art peut modifier des comportements!

     

     

     

     

    La semaine passée, je vous ai brièvement mentionné les sujets qui seront abordés. Je vais me permettre de rapidement vous les rappeler

     

     

    -       Les  troubles de l’alimentation, les types de personnalité plus  sujettes à ce genre de problématique

    -    les troubles alimentaires chez les adolescentes, chez les personnes

              adultes,

         -    les pressions sociales, les éléments déclencheurs (bien qu’ils diffèrent

              selon les gens, il demeure possible de faire un certain recensement

              des  principales causes),

          -   Les conséquences sur la santé

          -   Les troubles alimentaires et la grossesse

          -   Les différents types de traitements, (entre autre une méthode  d’aide

              qui se fait à domicile avec l’aide des proches).

     

    _________________________________

     

    L’anorexie :

     

    « C’est une maladie épouvantable : vous voyez votre enfant qui, délibérément se fait du mal, qui souffre et que vous êtes incapable de l’aider »

     

    « Un autre aspect tragique de cette maladie vient de ce qu’elle affecte toute la famille car nous vivons dans une atmosphère de peur et de tension constante »

     

    « Nous sommes convaincus que notre fille veut guérir et sûrement mener une vie normale, mais elle ne peut surmonter la peur de prendre du poids. Sa maigreur est devenue sa fierté, sa joie et le principal objectif de sa vie »

     

    Ces propos proviennent de la mère de Tracy, une jeune fille que j’ai rencontrée  dans l’un des nombreux programmes de jour que j’ai suivi.  A 15 ans, Tracy était une adolescente en santé, avec une grandeur et un poids normaux. Rien ne paraîssait aller « de travers ». Mais ses parents venaient de décider d’inscrire leur fille dans une école privée de haut niveau ce à quoi elle s’opposa. Pour une raison difficilement compréhensible, son père lui suggéra de surveiller son poids. Tracy a rapidement suivi son conseil. Un régime très strict qui lui fit perdre ses règles. 

     

    Comme je l’ai mentionné la semaine dernière, la perte des règles est un critère évident lorsqu’on se trouve devant une personne nettement sous-alimentée. Le corps, affaibli, ne se permet même plus de perdre du sang. L’aménorrhée peut aussi se retrouver chez les gymnastes, les patineuses artistiques .

     

    Tracy s’était justement mise à l’entraînement, plus particulièrement la natation. Et malgré un poids en chute libre, elle était complètement terrorisée à l’idée de prendre du poids. Éventuellement, elle a dû consulter un médecin. Elle perdait ses cheveux, ses bras et ses jambes étaient couverts d’un fin duvet qu’on appelle « lanuga », ses joues creusées lui donnaient l’air d’une femme âgée. Mais Tracy se trouvait tout à fait normale : « J’aime avoir cette maladie et je la souhaite et je ne trouve rien de mal à être maigre . Je n’arrive pas à me convaincre que je suis malade »

     

    Comme on peut s’en rendre compte, l’anorexie mentale (de type restrictif) est une maladie déconcertante, pleine de contradictions et de paradoxes. Des jeunes filles se soumettent volontairement à la sous-alimentation pouvant mener jusqu’à la mort. Et pourtant, cette privation peut susciter une certaine admiration auprès des pairs. Il existe, même si bon nombre de patientes ne l’admettent pas, une certaine part d’exhibitionnisme.

    Ces jeunes filles vont affirmer manger mais seront très réticentes à l’idée de dire ce qu’elles auront absorbé. Personnellement, j’avais développé 2 phobies tout à fais illogiques : les timbres (je n’osais pas les lécher de crainte d’absorber des calories) et les odeurs des pâtisseries, de boulangeries comme s’il avait été possible, juste en respirant, d’accumuler là-aussi des calories. Comme on le voit, il se développe des peurs tout à fait insensées, sans aucun fondement logique.  

     

     

    Je vous cite à nouveau les signes  indiquant la présence de l’anorexie

     

    Critères que le DSM-IV en ce qui a trait aux troubles de l’alimentation :

     

    Ils sont codés : F50.0 (307.1) Anorexie mentale

     

    a-   Refus de maintenir un poids corporel au niveau d’un poids minimum normal pour l’âge et pour la taille (85% du poids attendu….

    b-   Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros alors que le poids est inférieur à la normale

    c-   Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, déni de la gravité de la maigreur actuelle

    d-   Aménorrhée c-à-d absence d’au moins trois cycles menstruels consécutifs

     

     

     

     

     

     


    Les facteurs déterminants :

     

    Les études disponibles sur le sujet, tentent souvent d’expliquer son seulement pourquoi l’anorexie existe mais pourquoi elle se développe dans certains milieux, chez certaines personnes et pas d’autres.

     

     

    Les troubles alimentaires seraient causés par une combinaison de facteurs biologique, psychologiques et sociaux :

     

    Les facteurs de  risques biologiques : Incluent l’hérédité, les antécédents familiaux de dépression, d’anxiété, le troubles alimentaires et de problèmes de poids.

     

    Les facteurs de risques psychologiques : Incluent une faible estime de soi, la sensation de ne pas être à la hauteur, le manque de contrôle, la solitude et la colère, la peur de la maturité.

     

    Les facteurs de risques sociaux : Incluent les relations difficiles avec la famille ou groupe de pairs (surprotection, absence de résolution de conflits, abus sexuels), un manque de soutien, la tendance à juger de la valeur d’une personne selon son apparence physique, les sports et les occupations axées sur l’apparence et le poids ainsi que les pressions socioculturelles envers la minceur.

     

    Dans le milieu communautaire, on  a constaté que des jeunes filles victimes d’agressions sexuelles auraient une tendance plus marquée à développer un trouble alimentaire, plus précisément  la boulimie. Il est aussi important de porter attention à « l’enfant-modèle »,  à «  l’adolescente-modèle «  qui veut plaire à tout prix, qui, contrairement aux autres jeunes filles de son âge, ne démontre aucune forme d’opposition. Or cette période est essentielle dans le cheminement psychologique de l’adolescente. Elle doit s’affirmer, renforcer son identité et souvent cela se fait en confrontant les parents. Cette « jeune fille modèle »  ne semble  rechercher que la perfection : La perfection n’est justement pas de ce monde et  cette attitude  devrait être transmise aux enfants. De plus, il est important de réaliser qu’un trouble alimentaire commence toujours par une diète. (par contre, une diète n'entraînera pas obligatoirement un trouble de l'alimentation) Pour une  raison ou une autre, la jeune fille décide d’entreprendre un programme de perte de poids. On lui aura peut-être fait une remarque sur son apparence, ou elle se comparera avec ses camarades d’école. Un événement comme un déménagement, un changement d’établissement scolaire sont aussi des raisons qui peuvent déstabiliser la jeune fille qui trouvera un réconfort en gérant son alimentation. Au début, son comportement n’attirera pas beaucoup d’attention. Mais au fur et à mesure que se produira la perte de poids, le changement des habitudes, la rigidité lors des repas (« jouer » avec sa nourriture, la couper en petits morceaux, le désir de ne manger que ce qui est « vert » (salades, pommes Granny Smith…)), l’isolement, l’inquiétude dans l’entourage vont s’installer. Butée, la jeune fille refusera de voir un médecin, un spécialiste ou autres intervenants.  Éventuellement, il ne sera plus possible d’essayer d’ignorer le problème, l’amaigrissement excessif pouvant entraîner la mort. On devra considérer l’hospitalisation. Dans le cas où l’anorexique refuse toute forme de traitements, il est possible d’obtenir un document légal, émis par un juge et qui autorisera l’hospitalisation pour des raisons de santé malgré l’opposition de la patiente.

     

     

    La Famille :

     

    Il y a autant de type de parents qu’il y a d’anorexiques et de boulimiques.

     Ce qui peut sembler très difficile pour les membres de la famille, c’est de voir une jeune femme, brillante avoir une estime de soi aussi faible , et une telle fragilité, elle qui souvent ne ressent même plus la fatigue, l’épuisement et le stress  à force de jeûner. Pour les parents, il est difficile de se faire à l’idée  que leur fille soit prête à se battre à ce point pour préserver le contrôle de son corps. Éventuellement, il peut s’en suivre un déni complet de la maladie de la part des membres de la famille, voire même un certain rejet de la jeune anorexiques. Les parents se sentent très souvent coupables, impuissants face à la condition de leur fille. Ils ne comprennent pas les fluctuations de caractère, l’isolation dans laquelle elle se réfugie et sont épuisés face à ces discussions interminables qui se produisent à chaque fois qu’il y a de la nourriture en jeu.

                                                                                                    

     

    C’est pourquoi, on sollicite souvent les parents de la patiente d’assister à des groupes de thérapie  familliale . Bien que les réactions puissent parfois être de nature assez agressante, il faut malgré tout poursuivre afin de savoir, non pas lequel des deux parents a mal fait  mais plutôt de comprendre ce qui irrite la jeune femme., d’identifier le comportement alimentaire,  les situations de conflits afin de pouvoir trouver des façons qui ramèneront  un certain équilibre à la maison. Car même si à première vue, la famille paraît idéale, lorsque l’on pousse un peu plus profondément la recherche, on peut s’apercevoir qu’il existe un certain côté sombre. Lorsqu’un membre de la famille souffre d’ anorexie, ceci constitue un stress non négligeable pour toute la famille, conduisant à des difficultés dans la cohabitation. Il est ainsi difficile d’évaluer si les interactions spécifiques dans la famille sont des éléments qui contribuent à la maladie ou la conséquence. J’ai déjà, à plusieurs reprises, entendu dire que dans la cellule familiale, l’anorexique est la seule personne « saine » en ce sens, que contrairement aux autres membres  qui refoulent leurs émotions, elle, quoique de façon inadéquate, fait ressortir les malaises, les squelettes dans les placards, brise cette impression de perfection.

     

     

     

     

     Début de l’anorexie

     

    L’anorexie commence habituellement aux alentours des 14-17 ans, bien qu’on puisse en rencontrer des plus jeunes (10 ans), et des personnes beaucoup plus âgées

     

    Bien que les pressions sociales incitant à être mince constituent un facteur important dans le risque de développer l’anorexie, nous savons également que les pression sociales touchent plus directement les personnes qui sont vulnérables pour des raisons psychologiques et biologiques. La recherche nous a récemment démontré en quoi les troubles de l’alimentation sont tributaires de vulnérabilités  génétiques qui sont « déclenchées » par la multiplication des régimes alimentaires. En d’autres termes, les troubles de l’alimentation sont des maladies complexes; des facteurs biologiques,  sociaux, psychologie et liés au développement interviennent tous dans le processus.

     

     

     Durée de la maladie

     

    La durée moyenne de la maladie est de 7 années. Mais si elle se poursuit    au-delà des 9, 10 ans, on se retrouvera dans une situation où le trouble alimentaire plongera dans la chronicité .  Mais qu’est-ce que cela signifie au juste?

     

    Tout simplement que cette maladie sera plus difficilement à traiter surtout lorsque s’installeront des problèmes de co-morbidité.  Par « co-mobidité » on entends par là  :  « Personnalité  limite ou borderline », « troubles bipolaires », « dépression », « alcoolisme »….Et ces désordres de la personnalité pourront, dans des cas extrêmes, mener à la mort, ou au suicide. Il est important de savoir que si une jeune femme réponds aux critères de l’anorexie,  mais  qu’elle développe d’autres symptômes (consommation excessive d’alcool, de drogue……) ce qui complique la tâche des intervenants. :

    On demandera donc à la patiente d’aller chercher de l’aide sur ses types de comportements avant d’entreprendre une thérapie sur les troubles alimentaires..

     

    (Voir la 2e partie de ce texte )                      

     

                                                                               

                                                         

    13 September

    Emission no 1 (radio911) "Manger sa Vie" Présentation et introduction, 1ere partie

     

      Nouvelles

     

     

    J'aimerais vous faire part d'un nouveau projet.  A partir de la semaine du 19 septembre 2007, j'animerai une émission qui touchera les trouble de l'alimentations. J'espère pouvoir vous permettre de mieux comprendre cette problématique qui est à la hausse. A chaque semaine, je mettrai en ligne le principal contenu de l'émission, ainsi il vous sera possible de vous attarder sur certains thèmes.

     

    Voici les coordonnées:  Tous les mercredi, de 19 à 20 heures

                                     Radio 911 (CFUT)

                                     Site internet: www.radio911.com

     

    Voici mes propres coordonnées:  mcdeseve@hotmail.com

                                                  www.mcdeseve.spaces.live.com

     

    N'hésitez surtout pas à me faire parvenir vos commentaires, vos questions. Il me fera plaisir d'y répondre.

     

    Je nous souhaite donc une bonne chance!

     

     

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    Introduction

     

     

     

    But de l’émission : Informatif et pouvant aider les gens. Ici, nous donnerons

                                 des informations sur les troubles alimentaires, sur leur

                                 importance et la nécessité d’intervenir

     

     

     

    Présentation de l’animatrice : Je m’appelle Marie-Claude de Sève. J’ai une formation en sciences politiques et juridiques ainsi qu’en archivistique. Mais plus important que tout : j’ai souffert d’anorexie durant vingt ans. J’ai dû être hospitalisée à 2 reprises, j’ai suivi des thérapies de groupe, individuelles. J’ai publié quelques articles sur le sujet dans la revue « Coup de Pouce », « Elle-Québec ». J’ai participé à une émission de fond sur les t troubles alimentaires à Radio-Canada, ainsi qu’à CFQR, une radio anglophone à Montréal. J’ai un blogue où je parle des troubles alimentaires.

     

     

    Sujets qui seront abordés : Dans le cadre de cette série d’émissions, j’espère pouvoir traiter bon nombre de sujets. Évidemment vous permettre de bien comprendre :

     

    -  Les  troubles de l’alimentation, les types de personnalité plus sujettes à ce

       genre de problématique

    -  les troubles alimentaires chez les adolescentes, chez les personnes

        adultes,

    -  les pressions sociales, les éléments déclencheurs (bien qu’ils diffèrent

        selon les gens, il demeure possible de faire un certain recensement des

        principales causes),

    -  Les conséquences sur la santé

    -  Les troubles alimentaires et la grossesse

    -  Les différents types de traitements, (entre autre une méthode  d’aide qui

       se fait à domicile avec l’aide des proches).

     

     

    Les mythes des troubles alimentaires

     

     

    En commençant, j’aimerais peut-être ici vous présenter 3 types de troubles alimentaires qu’on peut rencontrer. Mais auparavant, j’aimerais corriger certains mythes qui existent face aux troubles de l’alimentation :

     

    1-      L’anorexie, contrairement à ce qu’on disait avant, peut toucher tant la population féminine que masculine.

    2-      Elle peut affecter toutes les couches de la société : ce n’est pas une maladie de « riches » Cette croyance peut peut-être s'expliquer par le fait que les traitements disponibles pour les gens souffrant d'anorexie sont extrêmement dispendieux, ce qui fait que pour pouvoir justement les suivre, les patientes de ces centres devaient provenir de milieu aisé. 

    3-      Les causes de l’anorexie peuvent être à la fois « génétiques » et « environnementales » ( la pression d’être maigre, événement traumatique…) Et il s'agit d'une avancé intéressante, parce que dès le moment où on parle de de génétique, de la potentialité de pouvoir détecter un gène déficient ouvre la porte sur une forme de prévention beaucoup plus rapide.

    4-      Cette maladie est sérieuse et peut être mortelle

    5-      Et il s’agit bel et bien d’une maladie et non d’un choix: Personne ne se lève unmatin en décidant de devenir anorexique ou boulimique.

     

     

     

    L’anorexie :

     

    C'est le refus de s’alimenter de peur de prendre du poids. C’est la distorsion de la perception corporelle. L’anorexique se trouve grosse malgré un petit poids et utilise un ensembles de tactiques pour éviter tout ce qui touche à la nourriture. Elle arrivera en retard au restaurant, ou à la maison et affirmera avoir déjà mangé. Rapidement son environnement social se rapetissera : l’anorexique éprouve beaucoup de difficulté à maintenir des liens émotifs . Et, oui, elle éprouve un sentiment de force lorsqu’elle voit les gens manger alors qu’elle ne le fait pas. Sa fierté provient de ce contrôle.

     

     

    La boulimie (bulimia nervosa)

     

    Elle est caractérisée par des épisodes d’orgie où la patiente mangera énormément pour ensuite se faire vomir. Pour compenser l’apport calorique, la personne peut aussi utiliser de fortes doses de laxatifs  ou s’imposer des séances d’entraînement excessives. La boulimie peut, malgré tout perdre beaucoup de poids, quoique souvent, elle apparaîtra avoir un poids normal. Faible estime d’elle.

     

    Hyperphagie :

     

    Cette problématique est en ascension. On le nomme aussi « compulsion alimentaire ». La personne absorbe un nombre démesuré de nourriture. Et se sent immédiatement coupable, développe de sérieux problèmes de confiance en elle. Ce problème est relié à l’obésité.

     

     

     

     Petit regard sur l’Histoire

     

    Les gens se demandent souvent si les troubles alimentaires sont des maladies « modernes »…Eh bien non. Ce type de problème existe depuis des siècles. Au moyen-âge, ces jeunes filles qui ne mangeaient pas et qui perdaient leur cycle menstruel étaient souvent considérées comme « sorcières » . Et il semblerait qu’on en ait brûlé un certain nombre. La première définition à caractère scientifique touchant l'anorexie s'est fait au XVII. Un médecin, le Dr. Morton avait eu l'occasion d'observer deux jeunes filles qui refusaient de s'alimewnter et il avait fait le lien entre des comportements obssessifs, perfectionnistes et le refus de s'alimenter.

    A la fin du XIXe et XXe le domaine de la psychologie a connu une expansion extraordinaire, de nouvelles interprétations furent faites.  Selon Freud, l’anorexique est en conflit entre ce qu’elle est et ce qu’elle devrait être, et l’anorexie n’est qu’une forme d’hystérie qui peut être traitée  par la psychanalyse. Cette méthode de traitement existe toujours mais il n’est pas possible d’en déterminer les taux de réussite pour la simple raison qu'une thérapie psychanalytique s'étend sur des années (7-8 ans) et que très souvent, le traitement de l'anorexie doit se faire rapidement.

     

    Ce qu’on peut dire aujourd’hui, c’est qu’on croit que Catherine de, Sienne (une religieuse) l’impératrice Sissi  (qui possédaitd'ailleurs dans sa chambre une véritable salle de gymnastique) , l'écrivain tchèque Kafka et Simone Veil (une philosophe, écrivaine juive qui a vécu la tourmente de la 2e Guerre Mondiale) ont souffert de ce type de problème. Les biographes de l’époque rapportent des comportements qui ressemblent effectivement à ce que présenterait de nos jours,  une anorexique .

     

     

     

    2ème thème de votre intervention : 

     

                                                           Définition plus précise. : Allons voir  plus

                                                           précisément les symptômes qui peuvent

                                                           mener à un diagnostic d’anorexie, de

                                                           boulimie.( Selon le DSM des maladies

                                                           mentales) 

     

    Malgré le fait qu’on puisse avoir une petite idée de ce à quoi peut ressembler un trouble alimentaire, le corps médical demande plus. Et c’est là qu’on peut se rendre compte qu’il est peut-être plus facile à identifier la fracture d’un membre, une grippe, une pneumonie, des problèmes cardiaques.

     

    Mais le trouble de l’alimentation, tout comme tout autre problème à consonance plutôt psychologique,  n’est pas si facilement détectable. C’est pourquoi, les spécialistes ont élaboré un document, qui est désormais considéré comme étant quasiment la bible des psychiatres, soit le DSM-IV. Elaboré par l’American Psychiatric Association, cet ouvrage énumère les critère, qui seront classées selon leur affinité : Certains problèmes de comportement pourront se retrouver identifiée à des « troubles de personnalité-limite (« borderline ») (nous reviendrons sur ce point), paranoïa, bipolaire, psychopathie, personnalité antisociale…et d’un problème concernant l’anorexie type restrictif ou anorexie type purge..

     

     

     Voici les critères que le DSM-IV en ce qui a trait aux troubles de l’alimentation :

     

     

    Ils sont codés : F50.0 (307.1) Anorexie mentale

     

    a-   Refus de maintenir un poids corporel au niveau d’un poids minimum normal pour l’âge et pour la taille (85% du poids attendu….

    b-   Peur intense de prendre du poids ou de devenir gros alors que le poids est inférieur à la normale

    c-   Altération de la perception du poids ou de la forme de son propre corps, influence excessive du poids ou de la forme corporelle sur l’estime de soi, déni de la gravité de la maigreur actuelle

    d-   Aménorrhée c-à-d absence d’au moins trois cycles menstruels consécutifs

     

    Dans le cas où la personne, d’une façon régulière, absorbe des quantités de nourriture beaucoup plus élevées pour se faire vomir par la suite, tout en ayant les mêmes obsessions que celle de l’anorexie, on obtiendra plutôt un diagnostic de « Boulimie » (Bulimia Nervosa).

     

    La boulimie contrairement à l’anorexie peut ne pas être très remarquée car la personne en souffre, peut présenter un poids normal ou légèrement en dessous. Mais les comportements ne trompent pas et ces comportements sont dangereux. (débalancement électrolytiques dû aux vomissements répétés qui peuvent entraîner la mort)

     

    Ce qui complique un peu les choses, c’est que très souvent, les anorexiques peuvent finir par réagir comme le font les boulimiques (bulimia nervosa), soit se faire vomir, s’exercer de façon excessive. Il devient ainsi assez difficile  de trancher entre ces 2 types de problématiques.

     

     

     

     3ème thème de votre intervention  

                                                         

                                            Qui est « à risque » ? Exemples  

                                                            concrets : Danseuses de  Ballet,  

                                                            chanteuse (Karen Carpenter du groupe

                                                            « The  Carpenters décédée en 1983),

                                                            Tracy Lord…

     

    Qui est donc « à risque »?  On a longtemps parlé des mannequins, des danseuses de ballet à cause de la pression sociale,  L’équation n’est pas très compliquée : Il existe des critères d’esthétisme dans la danse classique envers lesquelles on ne fait pas de compromis. La pression est énorme chez ces jeunes filles pour le maintien d’un poids assurément sous la normale. On pourrait indiquer le cas des patineuses artistiques, ou les gymnastes. Dans tous ces cas, on est devant des jeunes femmes, perfectionnistes, qui ne semblent être capables que de se concentrer sur leur performance. Et très souvent, en discutant avec  celles-ci, on s’aperçoit de l’insécurité face à elles-mêmes, le déni de leur état de maigreur. Et pour plusieurs personnes qui souffrent de troubles alimentaires, ces troubles finissent par devenir une véritable partie de leur personnalité, ce qui rends le traitement difficile. : Elles ne souffrent pas d’anorexie : Elles sont anorexiques! Comme mentionné plus haut, on ne croit plus que les troubles alimentaires ne touchent qu’une partie de la société. Désormais, on considère qu’un élément traumatique, que de simples commentaires de l’environnement, des attentes, peuvent être les éléments déclencheurs qui mèneront à un trouble alimentaire.

     

    En ce qui concerne les mannequins, la mode de la maigreur a vraiment émergé avec la jeune britannique Twiggy, dans les années 60. Il n’est pas possible, dans son cas, de savoir si elle souffrait d’un trouble alimentaire. Il y eu aussi Cherry Boone, la fille du chanteur Pat Boone qui a souffert d’anorexie et qui a écrit un très bon livre sur ce sujet : « Starving For Attention »

     

    Mais il y a un cas qui a possiblement frappé l’attention du public. Celui de Karen Carpenter, chanteuse avec son frère dans le groupe du même nom. Groupe extrêmement populaire, qui remportait succès par-dessus succès, nul n’aurait pu soupçonner le sentiment d’isolement que vivait Karen.

     

    Karen s’était toujours trouvée « grassouillette » et avait soudainement décidé d’entreprendre une diète. Les résultats furent spectaculaires, la réception des gens, enthousiasme. Mais pour Karen, la diète n’était pas pour se terminer. Prise de laxatifs et diurétiques.

     

    C’est à ce moment que son frère lui proposa de rencontrer un médecin. Réticente, elle finit par suivre ses conseils. Le diagnostic tomba comme un couteau. Et Karen renia le résultat. Elle finit par devoir être hospitalisée dû à son faible poids. A sa sortie, elle accepta de consulter un psychologue. Extérieurement, Karen semblait en pleine forte, ses joues s’étant remplies, son regard redevenu brillant. Elle se risqua au mariage…et divorça peu de temps après.

     

    Un jour, elle décida de prendre quelques jours de repos chez ses parents. Le souper semblait s’être bien déroulé, et Karen élaborait même de futurs projets. Elle finit par monter à sa chambre, fatiguée.

     

    Le lendemain, les heures passent et Karen ne se pointe toujours pas. On décide donc d’aller à sa chambre…pour la retrouver, allongée sur le  carrelage de la salle de bain…Le pouls est inexistant, aucune respiration…Décédée suite aux problèmes de l’alimentation.

     

    Quand à moi, bien que la mort de Karen m’apparût comme un drame, elle m’a aussi permise de me rendre compte de ce dont je souffrais : L’anorexie. En 1983, peu de gens savaient ce qu’était cette maladie.

     

    Voir la suite du document dans la partie no 2...

      

    12 September

    Emission 1 (Radio911) "Manger sa Vie" Présentation et introduction, 2e partie

     

    (Suite de l'émission no 1...)

     

     

     

     

    4ème thème de votre intervention

     

                                                         Existe-t-il une « mode anorexique » ?

                                                         Les propos de Karl Lagerfield (Chanel),

                                                         d’Elizabeth Hurley (mannequin et actrice)

                                                         concernant le poids de Marilyn

                                                         Monroe.

     

     

    La beauté a un prix, tout particulièrement pour les mannequins qui se privent de manger pour pouvoir se glisser dans les robes que leur façonnent les créateurs de mode. Le récent décès de plusieurs de ces personnes à travers le monde a incité l’Academy for Eating Disorders (AED) à former un groupe de travail changé d’élaborer des lignes directrices visant à aider  l’industrie de la mode à adopter les mesures appropriées pour protéger la santé et le bien-être des mannequins.

     

    Ce qui est intéressant dans cette démarche, c’est qu’elle implique un hôpital montréalais, soit  Le Douglas . Cet hôpital possède un programme des troubles alimentaires très reconnu au travers le monde.

     

    Les semaines de la mode; Exemple de Madrid qui a adopté une loi restreignant les mannequins de poids insuffisants lors de défilés.  Montréal réfléchit toujours à l’application d’une telle mesure.

     

     

    Les designers de mode : Karl Lagensfield : « Les mannequins ne servent que de support aux vêtements qu’on présente ». Cette remarque est tout à fait inacceptable. Elle a suscité bon nombre de critiques mais la meilleure façon de protester demeure le boycott : Ne pas acheter de ces créations et autres produits dérivés (ex : parfum, sac à main…). On dit que le nerf de la guerre est l’argent. Utilisons cette arme.

     

    Il existe un recrutement absolument inacceptable qui s’opère auprès des différentes cliniques privées traitant les troubles de l’alimentation.

     

    Les mannequins : Elizabeth Hurley : « Si je pesais le poids qu’avait Marilyn Monroe…eh bien je me suiciderais sur le champs! » Au cours des années 90, alors que la vie de mannequin apparaissait tellement « glamour » avec les Claudia Schiffer,  Linda Evangelista, Cindy Crawford, la réalité était plutôt différente. Il y a un bon film qui a été fait par Robert Altman et qui nous présente les dessous du monde de la mode : « Prêt-à-porter/Ready to Wear »

     

    Les consommatrices : Nous toutes pouvons changer les choses en ne les endossant pas. La beauté se présente à tout âge. Ce n’est pas l’apanage des jeunes filles et des jeunes femmes. Il ne faut pas se laisser prendre par les images des magazines féminins. Ces photos sont très souvent retouchées et ne correspondent pas à la réalité. Aux Etats-Unis, l’an passé, une femme, Katie Kouric  est devenue la première chef d’antenne d’un bulletin de nouvelles. Certaines photos d’elle ont été publiées et elle a dénoncé le fait qu’on avait justement retouché ces photos afin qu’elle apparaisse plus mince.

     

     

     

                                                        Les sites pro-anorexiques.

     

     

    Aussi étonnant que cela puisse sembler, il existe un très grand nombre de sites qui font la promotion des troubles alimentaires, plus particulièrement de l’anorexie. On appelle ces sites « des sites pro-anorexiques ou pro-ana, » comme on le dit très souvent.

     

    Ces sites, bien évidemment, suscitent bon nombre d’inquiétudes dans la communauté médicale.

     

    Ces sites ont comme but :

     

    1-    La promotion des troubles alimentaires, plus particulièrement l’anorexie, comme étant une façon de vivre sa vie et non comme pouvant être une maladie mortelle

    2-   Fournir des « trucs » (potentiellement fort dommageables) pour perdre du poid

    3-   Suggérer des façons de tromper l’environnement

    4-   Atteindre la clientèle féminine

    5-   Encourager les gens souffrant de troubles alimentaires de continuer dans ce chemin.

     

    Si on s’interroge sur le genre de personne qui opère de tel site, on se doit de conclure qu’il s’agit fort probablement de personnes, atteintes, mais qui se croient o.k. et qui doivent s’être convaincues que vivre comme une anorexique était un choix.

     

    Il faut se dire que ce genre de sites est potentiellement dangereux par les encouragements à poursuivre des comportements nocifs, par leur façon de présenter l’anorexie comme étant « fashionable » « sexy » (oui un corps très maigre est attirant) et surtout par la somme d’informations disponibles sur les multiples façons de perdre du poids.

     

    Vous devez sûrement l’avoir compris, je ne donnerai aucune adresse internet de ce genre de sites.

     

     

     

    5ème thème de votre intervention 

     

    Conclusion

     

    J’espère avoir réussi à susciter votre intérêt. Comme on peut le voir avec cette introduction, c’est un sujet très complexe, qui n’est pas facile à cerner. Par contre, il y a tellement de recherches qui ont été faites qu’on a de plus en plus d’informations sur ces problèmes, et par conséquent, de meilleurs moyens d’intervention.

     

    Ce qui est encourageant, c’est que désormais, on sait que plus vite on interviendra, plus vite sera la guérison.

     

    Dans le cadre de cette émission, je vais régulièrement essayer de vous présenter certains ouvrages d’intérêts, de même que des sites internet qui m’apparaissent intéressants.

     

    Mon adresse : mcdeseve@hotmail.com

    Mon site       : mcdeseve.spaces.live.com

    Site de la semaine : www.dove.ca