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    04 August

    Présence canadienne en Afghanistan: Les morts devraient-ils mener au retrait des troupes?

    Ce matin, 4 août 2006, «la Presse» titre en gros:
     
    Hécatombe
     
    LEUR PERTE PORTE À 23 LE NOMBRE DE MILITAIRES CANADIENS QUI ONT PÉRI EN AFGHANISTAN
     
    Apparaissent sous ce sous-titre, la liste des 23 soldats décédés.
     
     
    L'impact est solide devant ce texte et ces images de corbillards, recouverts du drapeau canadien et portés par des confrères. On aimerait donc croire que la mort n'est pas une option, mais les journées, les semaines qui passent, nous démontrent bien l'utopie d'un tel souhait. L'envahissement de l'Afghanistan, en 2002, par les forces de la coalition avait recu l'accord du Conseil de sécurité de l'ONU car les événements tragiques du 11 septembre 2001 pointaient vers El Quaïda, et ce groupe terroriste était reconnu pour ses nombreuses caches dans ce pays. De plus, en termes politiques, le régime des Talibans se rapprochait plutôt d'El Quaïda que des membres de la Coalition. Cette mission était, aux yeux de la majorité de la communauté internationale, tout à fait justifiée. Et ce fut le 7 octobre 2001,  que George «Dubya» Bush annonça le début de l'opération «Enduring Freedom». Le pilonnage systématique du pays entraîna assez rapidement la chute du régime des Talibans.  Et le regard du président américain se tourna rapidement vers l'Irak et son dirigeant, Saddam Hussein. L'agenda secret de Bush-Cheney et Rumsfeld pouvait démarrer: le 6 mars 2003, les E.U. attaquaient l'Irak, sans le soutien du Conseil de sécurité de l'ONU. Si la chute du régime de S. Hussein fut relativement rapide, c'est l'après-guerre qui allait s'avérer être une épine dans le pied. Quasi-guerre civile, attentats terroristes, kidnapping d'américains, français, coréens, italiens, etc...décapitations de certains de ces otages. A ce jour, les troupes américaines sont toujours sur le terrain et la violence ne semble pas avoir véritablement changée. Actuellement, le monde, et plus particulièrement la région du Moyen-Orient vit dans l'instabilité. Et les troupes américaines ne peuvent se retrouver sous tous les fronts potentiels. Dans le cas de l'Afghanistan, ce sont les troupes canadiennes qui se sont vues attribuer la direction des actions de protection du peuple afghan, d'autant plus qu'une recrudescence des activités des Talibans a bel et bien été observée.
     
    La chute des Talibans devait entraîner, selon la doctrine Bush, l'instauration d'un gouvernement démocratiquement élu. La question que l'on est en droit de se poser concerne «l'exportation» d'une démocratie basée sur un ensemble de valeurs nord-américaines (états-unisiennes plus précisément). Bon nombre de pays dans le monde n'ont jamais connu cette façon de diriger, et ils sont nombreux d'ailleurs à dénoncer certains aspects de la démocratie à l'américaine. Le gouvernement d'Hamid Karzaï, élu, n'a pourtant pas entrainé l'arrêt des combats intertribaux: Les Talibans demeurent toujours actifs. En d'autres termes, l'Afghanistan demeure toujours un endroit dangereux qui ne peut se permettre de voir les troupes internationales, chargées du maintien de la paix, quitter les lieux. Et je considère que de fortes questions morales sont ici en présence.
     
    Suite au départ des Talibans, bon nombre des troupes américaines se sont vues redéployer dans le nouveau conflit  irakien, véritable priorité de l'administration Bush qui invoquait entre autre, la présence d'armes chimiques, le soutien aux terroristes...L'invasion de l'Irak se basait sur une nouvelle notion, soit celle d'une «guerre préventive»: Mieux valait intervenir avant que ne se déclare un véritable conflit. C'est donc, sans l'appui de la majorité des pays membres du Conseil de sécurité de l'ONU, qu'agirent les américains et les britanniques dans ce dossier. Et l'Afghanistan dans tout ça? Avec moins de troupes, on put constater une réorganisation des Talibans dans le Sud et la recrudescence de la violence sur le territoire. Moralement, la diminution du contingent américain ne m'apparaît pas justifiable: Etait-il concevable de croire qu'un pays comme l'Afghanistan allait adopter de façon inconditionnelle la vision américaine de la démocratie? Peu probable. Sans infrastructures solides, sans référence historique, la tâche de reconstruction s'annonçait donc difficile. Et l'abandon de ce pays par les forces de la coalition tombe sous le non-sens.
     
    Comme mentionné plus haut, ce sont désormais les troupes canadiennes qui sont en charge.On ne parle plus de «mission de maintien de la paix» mais plutôt de «guerre contre les Talibans».  Et cette décision fortement défendu par le gouvernement Harper, provoque de multiples réactions dans la population.  Avec chaque décès d'un soldat canadien , augmente la colère des citoyens, peu habitués à ces images de champs de bataille et attachés à cette notion d'un Canada protecteur des droits humains à travers le monde...Mais si on pense aux événements tragiques du Rwanda, on doit admettre qu'aucune mission de maintien de la paix n'a pu intervenir et empêcher cette «chronique d'une mort annoncée» des Tutsis. Tout comme l'immunité implicitement accordée pendant bon nombre d'années aux correspondants de guerre, la notion de mission de paix s'est fortement modifiée. D'ailleurs, ce concept existe-t-il toujours? Les interventions sont de plus en plus musclées et les risques associés, de plus en plus nombreux. Doit-on alors retirer le contingent canadien d'Afghanistan? Malgré mes réticences, je ne crois pas qu'il s'agirait là d'une décision acceptable. Nos soldats se sont engagés avec force dans cette mission, étant conscients des dangers s'y rattachant, dont le risque de perdre des hommes. Entraînés avec rigueur, ils ont de la mort une vision fort différente de celle d'un simple civil. Oui, cela fait partie des risques du métier. Et malgré sa dangerosité, cette intervention canadienne rencontre l'approbation de ses militaires. Car quitter l'Afghanistan signifierait l'abandon de sa population, population qu'on avait pourtant promis de protéger. Bon nombre d'analyses devront être effectuées afin d'établir de nouvelles règles lors d'opérations militaires. Car «l'après», comme nous le démontre l'Afghanistan, l'Irak, est tout aussi crucial...Désormais, Il ne s'agit plus de  «renverser un régime» et de retourner chez soi. De nouvelles tâches ont émergé et ne peuvent être tout simplement ignorées. Dans le processus de la reconstruction, la présence canadienne devient essentielle
     
    Nous avons perdu 23 de nos soldats, mais je voudrais prendre quelques instants pour rapporter les propos extrêmement touchants d'un père suite au décès de son fils en mission: «Il connaissait les dangers. Il est mort pour son pays et je me dis que ses actions et sa disparition permettront peut-être à des petits enfants de pouvoir fréquenter l'école». Nos forces armées possèdent toujours ce côté «humanitaire». Il est devenu plus difficile de l'exprimer, mais ce n'est pas une raison pour amorcer un repli.
     
    Emilyn
     
    Voir album initulé: Présence canadienne en Afghanistan
     
     
    01 August

    Le soutien des E.U. envers Israël: pragmatisme ou évangélisme?

     
    Le soutien des E.U envers Israël: Pragmatisme ou Evangélisme?
     
     
    Le massacre de Cana, où ont péri des civils (63) dont une trentaine d'enfants a suscité un déferlement de désapprobation de la communauté internationale. Rien ne semble s'améliorer au Liban. Force nous est donc de constater que:
     
    - Jusqu'à présent, les opinions de cette communauté internationale n'ont pas vraiment eu d'écho chez cette organisation qu'est le Hezbollah, ni sur cet état qu'est Israël.
     
    -  Et ces mêmes opinions ne semblent pas non plus avoir eu d'impact aux E.U., l'une des voix fortes dans ce conflit.
     
    Alors que la France, l'Allemagne,  la Russie et autres pays, exprimèrent leur désapprobation face à la force de riposte d'Israël, les Etats-Unis, eux, se refusaient à formuler quelques énoncés que ce soient, qui auraient pu donner l'impression d'une forme de critique envers ce pays. Les déclarations américaines ainsi édulcorées ont de quoi surprendre.
     
    Certes, Israël, comme tout autre  pays, bénéficie de ce «droit à l'autodéfense». Et, surtout, lorsque l'on s'attarde aux multiples violations qu'a subi ce pays (tirs de roquettes,actes terroristes...) peut-on blâmer les rispostes d'Israël lors de telles attaques, peu importe leur provenance? Dans cette région du monde où, pour la majorité des pays, Israël demeure un état à abattre, sa défense se justifie amplement.
     
    Mais, il me semble important de pouvoir conserver une certaine distance face aux récents développements:
     
    Pour l'instant, bon nombre de gens se demandent :  
     
          1-«Comment les grandes puissances, dont les E.U., peuvent-elles laisser se poursuivre des actions  qui apparaîssent «démesurées» si on les compare avec ce qu'a fait le Hezbollah (sans justifier pour autant, leur intrusion, le kidnapping de soldats israéliens, les tirs de Katioushka...) :
     
          2-«Quel est ce lien particulier» qui existe entre Israël et les Etats-Unis? 
     
          3- Pourquoi les Isréliens refusent-ils d'appliquer leur propre proposition de «cesser le feu»?
                                                       
     
    Premièrement: Nous sommes donc en droit de nous demander «Pourquoi les Américains refusent-il-d'aborder une situation qui les implique complètement»?
     
     
    Prenons quelques instants pour tenter de comprendre cette situation: Ce soutien inconditionnel des E.U. envers Israël correspond-t-il à une réalité?
     
    Depuis sa formation en 1948, Israël a toujours bénéficié du soutien américain, même lors de situations explosives. Bon nombre de personnes ont associé cet appui avec le lobbying juif à Washington. Tout d'abord,le lobbying n'est pas une pratique nouvelle et ne se limite pas qu'aux Etats-Unis. Mentionnons le lobbying d'organismes défendant les droits de la communauté gaie et lesbienne face au gouvernement canadien, par exemple, celui d'Halliburton pour pouvoir être l'entreprise qui fournit nourriture, habillement et autre aux troupes de la coalition en Irak...
     
    La diaspora juive est fort bien organisée, et oui, financièrement à l'aise. Ses membres, en plus de la citoyenneté du pays où ils habitent, possèdent aussi, ipso facto, celle d'Israël. Différents organismes ont ainsi été créés afin de promouvoir, de protéger cette population: ADL (la ligue anti-diffamatoire), Le congrès juif mondial, ceux plutôt associés à des pays en particulier (Congrès juif canadien), le comité Québec-Israël, et j'en passe...Il serait naif de prétendre que ces groupes bien structurés n'auraient eu aucun impact sur nos dirigeants. Mais appuyer un principe, soit le droit à Israël d'exister, signifie-t-il qu'un autre principe extrêmement important, soit le droit d'expression, doit perdre sa signification? Lorsqu'on voit la difficulté qu'ont eu les membres du G8, ceux du Conseil de sécurité de l'ONU à produire une simple déclaration condamnant les violences commises par Tsahal et celles du Hezbollah, on se rend bien compte qu'il ne s'agit pas d'une situation habituelle: On dénonce les attaques mais on n'ose nommer l'état qui les poursuit. Pourquoi? Parce qu'une critique qui viserait directement Israël cautionnerait, en quelque sorte, les actions du Hezbollah, du Hamas, du Fatah? Et dans cette partie du monde, actuellement si instable qu'il en devient presqu'impossible de prévoir les conséquences, Israël demeure malgré tout l'allié des américains. Lobbying? Fort possiblement.
     
    Deuxièmement:  Mais il existe un autre volet qui peut aussi être soulevé dans cette tentative d'explication. Et c'est ce que j'appelle le facteur «évangéliste» qui prévaut actuellement à la Maison Blanche. Il est devenu assez compliqué, par moments, de différencier le politique du religieux. Et Georges W. Bush y est certe pour beaucoup. Le courant évangéliste, en plus d'être extrêmement traditionnaliste, a aussi ses propres croyances: Oui, il faut veiller à la survie du people juif d'Israël, le défendre s'il le faut, car il est prédit que le retour de Jésus-Christ ne se fera que lorsqu'Israël aura atteint une réelle reconnaissance et acquis le droit légitime d'occuper ses terres actuelles. Pour ces groupes évangélistes-baptistes, extrêmement actifs aux E.U., la défense et la protection de l'état d'Israël sont des obligations sine quan non.Mais est-ce que cela signifie que finalement, Israël pourrait poursuivre son développement avec la pratique d'un judaisme qui touche plus de 80% de sa population? Et c'est là que la réponse surprend: Non, car avec le retour de Jésus-Christ, il est aussi prévu qu'une conversion à grande échelle s'en suivrait et qu'elle n'épargnerait pas le judaïsme. Ainsi, alliés pour le moment, et ce, jusqu'à ce que soient réalisées ces prédictions.
     
    Israël est-il au courant de ce «Grand Plan»? Assurément. Mais comme, pour l'instant, nous nous trouvons assez éloignés de ces «conditions gagnantes», l'Etat hébreu peut donc poursuivre ses liens privilégiés avec Washington, et qui pourrait les en blâmer?
     
    Troisièmement: En effet, il est surprenant de constater qu'Israël, qui émet des propositions visant, entre autre, une période de cessez-le-feu afin de permettre aux civils de quitter certaines régions du Liban et aux convois d'aide humanitaire de pénétrer dans ce territoire. Mais un cessez-le-feu sur terre n'apportera pas grand'chose s'il n'est pas suivi par un arrêt des frappes aériennes. Pour l'instant, lorsqu'on se penche sur ce que les médias arabes véhiculent (re: Al Jazeera), on s'apperçoit que le Hezbollah semble être perçu comme le gagnant dans ce bras de fer avec Israël. Qui aurait pu prévoir que cette organisation tiendrait tête à l'une des meilleures armées du monde? Soutenu implicitement par l'Iran et la Syrie, le Hezbollah s'est retrouvé avec des moyens susceptibles de permettre la riposte. Pour l'Etat hébreu, cette situation est inacceptable. Pourquoi un cessez-le-feu? Qui va le respecter? Pour Ehoud Olmert, premier ministre d'Israël, il n'est plus question de cesser les attaques contre le Hezbollah tant qu'une zone de 1.5 km entre la frontière libano-israélienne ne sera pas complétée. Ce «no man's land» pourra, par la suite, être sécurisé par la force internationale de l'ONU.
     
    Les dérapages sont de plus en plus nombreux: morts de civils, destruction de postes de l'ONU, pilonnage du Sud Liban par Tsahal, bombardements de Cana, et une offensive terrestre semble se préparer...Que peut-on désormais espérer? S'il vous plaît, si vous le savez, faite-le moi savoir!
     
    EmilyN
     
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