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11 May L'Autre RussieL'Autre Russie: Une coalition anti-Poutine
Présentation de "L'Autre Russie" La politique russe, suite à l'effondrement de l'empire soviétique, n'a jamais été facilement définie et la population de ce pays a vu bon nombre de ses aspirations s'évanouir avec le vent glacial de Sibérie. La démocratie n'est plus ce qu'elle était, n'est pas ce que les gens avaient espéré. L'artisan de la chute du communisme, Boris Eltsine a su donner un souffle à la jeune démocratie russe, mais a laissé une économie en plein chaos. Vladimir Poutine, tout au contraire, a redémarré cette économie tout à fait désorganisée mais a, d'une main de fer, progressivement limité le pouvoir de la population afin de renforcer celui de l'état. C'est dans cette optique qu'il faut voir l'émergence en 2006, de la coalition l'Autre Russie, qui rassemble des personnalités et des mouvements appartenant à des courants politiques disparates, voire contradictoires, mais dont le principal point commun est leur opposition au régime antidémocratique de Vladimir Poutine. A l'origine de sa création, Garry Kasparov a su jouer un rôle fédérateur. Sans s'attarder sur les divergences de parcours, il s'est allié à l'ex-Premier ministre libéral Mikhaïl Kassianov, limogé en 2004 et aujourd'hui à la tête de l'Union démocratique populaire, ainsi qu'à l'écrivain Edouard Limonov, chef du parti National-Bolchevique (extrême gauche nationaliste), désormais interdit. Aux côtés des défenseurs des droits de l'homme et des jeunes militants anti-Kremlin, l'Autre Russie réunit aussi Irina Khakamada, candidate libérale à la présidentielle de 2004, Vladimir Ryjkov, député indépendant et coprésident du Parti républicain, liquidé en mars dernier sur décision de la Cour suprême, Andreï Illarionov, ancien conseiller économique de Poutine… _______________________________
Y aurait-il péril en la somptueuse mais froide demeure qu'est le Kremlin? L'Ogre de Bakou est passé à l'attaque. Attribué à Garry Kasparov au temps de sa gloire sur l'échiquier, ce surnom décrit son formidable appétit de victoire. A la fin des années 1980, à l'époque de ses duels avec Anatoli Karpov, il incarnait l'élan des partisans de la perestroïka de Mikaïl Gorbatchev, en lutte contre le système soviétique, auquel s'identifiait son adversaire. Aujourd'hui, l'ancien champion du monde défie Vladimir Poutine et son régime qu'il qualifie de "criminel". Un combat qui ne passe pas inapperçu comme en témoigne la violence de la répression policière qui s'est abattue, les 14 et 15 avril, contre les «marches du désaccord» organisées à Moscou et à Saint-Pétersbourg par l'Autre Russie, cette coalition hétéroclite d'opposition dont Kasparov est l'un des dirigeants. Bilan: 700 interpellations dans la capitale, selon les responsables du mouvement, 300 dans la cité impériale et une cinquantaine de blessés. Libéré après une garde à vue, Kasparov a été soumis à un interrogatoire par le FSB (ex-KGB) - pour des prétendus propos «extrémistes» qu'il aurait tenus sur la radio Ekho de Moscou.
Promulguée en 2006, une loi taillée sur mesure pour asphyxier l'opposition et les médias assimile la critique des autorités à de l'extrémisme. En décembre 2006, une quinzaine d'agents du FSB et du ministère de l'Intérieur ont perquisitionné le siège du Front civique uni, fondé par Kasparov en 2005, dans le but déclaré de saisir des publications qui permettraient l'ouverture de poursuites. Déjà, deux composantes de l'Autre Russie sont tombées sous le couperet de la justice: taxé de fascisme, le parti d'Edouard Limonov a été interdit; celui de Vladimir Ryjkov, aboli, au motif qu'il ne compterait pas les 50 000 adhérents requis pour avoir droit à l'existence.
Lorsqu'on interroge Kasparov sur les raisons qui l'ont poussé à s'engager en politique, il va à l'essentiel: «C'est mon pays. Tout homme a le devoir d'agir en faveur du sien. Pendant vingt-cinq ans, j'ai joué aux échecs sous son drapeau.» Aujourd'hui, l'ancien champion porte le flambeau des libertés démocratiques. A ses risques et périls. Il a déjà reçu des menaces de mort. A Moscou, en 2005, un prétendu fan l'a frappé à la tête d'un violent coup d'échiquier. Harcelé par les autorités, il est en butte à d'incessantes mésaventures. Est-il attendu dans les régions? Il arrive que son avion ne soit pas autorisé à atterrir. Des hôtels sont soudain fermés pour rénovation, des réservations de salles annulées… Son alter ego à la tête de l'Autre Russie, l'ex-Premier ministre Mikhaïl Kassianov, est logé à la même enseigne.
Les cinq «marches du désaccord» qui ont eu lieu depuis décembre 2006 se sont heurtées, chaque fois, à un dispositif policier propre à déjouer une tentative de coup d'Etat! Des rassemblements concurrents pro-Kremlin ont été déployés au même moment sur les mêmes places - tactique exposée par Vladimir Poutine lui-même dans un livre d'entretiens, A la première personne (2000). A Moscou, ces opérations seraient une aubaine pour les jeunes des banlieues, recrutés et payés 300 roubles, soit un peu moins d'une quinzaine de dollards, pour gonfler les rangs des «poutinistes».
A l'approche des échéances électorales - législatives en décembre prochain, présidentielle en mars 2008 - le pouvoir veut éradiquer toute velléité de contestation. Si les manifestations de l'Autre Russie étaient aussi «marginales» que le prétend l'un des porte-voix présidentiels, pourquoi cette répression brutale? Le simple fait, explique Kasparov, que quelques milliers de citoyens descendent dans la rue «malgré les intimidations du pouvoir et le verrouillage médiatique indique que ces actions ont un soutien dans la société». Le génie des échecs est confiant: «Les mouvements de protestation s'amplifient. Ils prennent diverses formes selon les villes et se cristallisent parfois autour de problèmes locaux - escroqueries à la construction, sauvetage de bâtiments voués à la démolition, arbitraire des fonctionnaires... Partout dans le pays, je rencontre des gens qui ont perdu tout espoir de faire reconnaître leurs droits par les autorités et les tribunaux. La foi dans le “bon tsar” s'amenuise. Peu à peu, ces ruisseaux finiront par converger.»
Cependant, les médias aux ordres s'acharnent sur l'opposition, accusée d'être financée par des fonds étrangers - américains, en particulier - pour déstabiliser la Russie. En guise de preuve, on cite le fait que Garry Kasparov s'adresse en anglais à la presse internationale! Tous les coups sont permis. La chaîne Rossia a diffusé, le 15 avril, au soir de la marche de Saint-Pétersbourg, un documentaire produit par l'agence française Capa sur le rôle des ONG américaines dans les révolutions «colorées» de Géorgie, d'Ukraine et d'ailleurs… Non sans avoir procédé à des coupes au montage qui accréditent la théorie du complot!
Au sein de l'Autre Russie, Kasparov revendique le rôle de coordinateur - «chargé de maintenir l'unité entre les forces de gauche, de droite, les nationalistes et les démocrates», ce qui, à long terme ne sera pas une tâche facile en soi. La coalition s'est dotée d'un programme: rétablissement des libertés démocratiques, élections libres, restauration du fédéralisme, réforme limitant les pouvoirs présidentiels, lutte contre les inégalités…Ne niant pas la popularité de Poutine dans son propre parti (98%, un taux qu'envieraient bien des politiciens dont les nôtres), Kasparov ne demande pas la démission du président en poste, mais plutôt l'accès à une tribune où il pourrait faire connaître les principaux points de son organisation. A ce jour, ni temps d'antenne, ni entrevue dans la Pravda. L'Autre Russie se fait entendre par le bouche à oreille et par Internet. Quant à savoir si le champion sera candidat à la présidentielle, n'y comptez pas. Il a toujours dix coups d'avance, mais personne ne sait lesquels.
09 May "On achève bien les chevaux""On achève bien les chevaux"
Il s'agit là d'un ouvrage d'Horace McCoy porté à l'écran par Sydney Pollack en 1969. L'intrigue? Un marathon de danse, qui a lieu dans la grande dépression, où sont réunis des couples tentant de mettre la main sur le grand prix en argent sous le regard d'une audience de plus en plus voyeur. Les danseurs, dont une femme enceinte et un veil homme ayant déjà subi une crise cardiaque, se bousculent, ne dorment à peu près pas...Surtout, ils ne connaissent pas les intentions réelles de l'organisateur de ce marathon infernal: "Ce n'est pas un concours, c'est un spectacle (It isn't a contest. It's a show).
Jane Fonda campe le rôle de Gloria, une aspirante actrice qui sait très bien que ce désir n'a que peu de chance de se réaliser. Ce marathon, tout comme les autres participants, elle le fait pour survivre. Et progressivement elle s'aperçoit qu'il n'y aura aucun gagnant, juste des danseurs, dont l'état physique et mental de plus en plus dégradée, sont observés par une foule indifférente aux blessures, aux chutes et à la mort. A la toute fin, le caractère de Jane Fonda laisse tomber la compétition et se tourne vers ce qui paraît être sa seule alternative: le suicide assisté par son partenaire de danse.
Le policier: Pourquoi avoir fait cela, kid?*
Robert: Parce qu'elle me l'a demandé
Le policier: Très obligé à ce que je voie! Mais est-ce la seule raison que tu t'es trouvé?
Robert: On achève bien les chevaux, n'est-ce-pas? (finale du livre et du film)
Vous devez probablement vous demander où je veux en venir après ce long préambule. Eh bien, justement à cette dernière phrase qui m'est revenue en tête suite aux derniers événements qui se sont déroulés au parti québécois. En 2005, André Boisclair est devenu chef du parti, dûement élu par les membres. Il ne devait pas savoir que sa route vers l'enfer venait de commencer. Assez rapidement les dissensions sont apparues. Et soyons honnête, André Boisclair n'a pas toujours aidé sa cause. Brillant, parfois hautain et caustique, il n'a pas su rejoindre le coeur de la population. Il s'est, de plus, trouvé à devoir défendre un programme à laquel il n'avait nullement contribué, et force nous est de constater que la souveraineté, l'indépendance ne sont peut-être plus aussi attirants que par les années précédentes. Son impopularité a atteint des sommets inégalés au lendemain du 26 mars avec les faibles résultats obtenus et le raz-de-marée adéquiste.. Malgré son désir de poursuivre son rôle de chef du parti québécois, la tension interne, la couverture médiatique, sa sortie publique (peut-être pas si inexacte que cela) contre Gille Duceppe, du Bloc québécois, en ont ébranlé plusieurs. Suicide politique? Il a quitté avant que soit de nouveau abordée la question de son leadership.Je n'ai pu m'empêcher de trouver tragique le cheminement de celui qui, à son arrivée, brillait par sa popularité. Les résultats de ces erreurs, les nombreuses critiques de plus en plus négatives ont eu raison de sa persistance. Ce n'est un secret pour personne: les chefs ont la vie difficile au PQ. "On achève bien les chevaux"! "On achève bien nos chefs aussi"!
Malgré tout ce qu'on pu dire, écrire les journalistes et autres experts, je crois qu'il aurait été intéressant de voir André Boisclair participer, mener les discussions, les réflexions qui s'imposent au parti. Il existe une mentalité au sein du PQ, mais contrairement à ce que certains journalistes ont dit, elle ne provient pas de la CSN...pas plus que du Bloc québécois? Il existe une gauche assez radicale dans les différentes instances du PQ, une gauche que la CSN ne véhicule pas, du moins, pas de la même façon.
Autre point qui soulève mon attention. Lorsque le PQ s'est retrouvé dans une course au leadership, en 2005, ce sont tous les membres en règle qui ont pu se prononcer sur la question. Ils ont élu André Boisclair. Dans le cas d'un vote de confiance envers le chef, les membres en règle ne devraient-ils pas pouvoir se prononcer de la même façon?
Les spéculations quand au prochain chef n'ont pas fini de s'étaler à la une des journaux. Gilles Duceppe: Ira-t-il? N'ira-t-il pas? Présumons, sans crainte de se tromper, que dans le cas de son départ pour Québec, Pierre Paquette serait sans nul doute, le successeur.On ne peut nier le charisme de cet homme. Mais le Bloc québécois semble arriver à la fin de son rôle à Ottawa, si on se fit aux différentes analyses. Quel impact aurait le départ de son chef dans la conjoncture actuelle. Gouvernement minoritaire: le parti de Stephen Harper peut tomber n'importe quand. Pauline Marois? Elle ne ferme pas la porte. Compétente, habituée au fonctionnement des instances, elle a l'expérience et la solidité qu'un tel poste va requérir. Car il ne faut pas se le cacher: les années à venir ne seront pas faciles. L'accès au pouvoir devra fort probablement passer par une traversée dans le désert à titre de troisième parti et quelques années de plus à titre d'opposition officielle.
Il y a une question que je me pose régulièrement: Comment se fait-il que très souvent, les chefs du PQ ne proviennent justement pas de l'intérieur du parti, qu'ils ont plutôt été recrutés ailleurs. Prenons Lucien Bouchard, Bernard Landry (qui était professeur à l'UQAM), André Boisclair (qui venait d'accepter un poste à Toronto)...et que rarement sont ceux qui ne se sont pas fait montrer la porte de sortie. Au parti Libéral, Jean Charest est un bon exemple de transfuge, ayant quitté le parti conservateur, pour prendre les rênes du PLQ à Québec.
Pour terminer, ne soyons pas surpris si on se met à entendre de nombreux: "On aurait donc dû élire Pauline Marois!". Mais méfions-nous des présumés sauveurs. C'est d'un chef qui sait comprendre la réalité d'aujourd'hui, rejoindre les gens qui ont déserté pour l'ADQ, redéfinir les priorités que nécessite le PQ. Et que les nombreuses têtes fortes comprennent qu'il ne peux y avoir plus de chefs que d'indiens.
* Policeman: Why'd you do it, kid?
Robert: Because she asked me to. Policeman: Obliging bastard. Is that the only reason you got, kid? Robert: They shoot horses, don't they? Voir le diaporama no 43: "On achève bien les chevaux" 04 May "At the Center of The Storm""At the Center of The Storm : My years at the CIA"*
Voilà l'ouvrage qu'on devra surveiller. Ecrit par George Tenet, l'ex directeur de la CIA, ce livre présente une version des événements ayant conduit au déclenchement de la guerre en Irak. Et l'auteur n'épargne personne.
George Tenet se trouvait à l'avant-scène lors de la préparation de l'invasion de l'Irak. Il était directement derrière Colin Powell, lorsque ce dernier présenta devant l'Organisation des Nations Unis son dossier sur les armes de destructions massives (ou AMD) de Saddam Hussein et plaida pour une intervention rapide en Irak.
Son ouvrage, paru le 30 avril 2007, coïncide avec le 5e anniversaire de la victoire de la "coalition" où un Georges W. Bush, vêtu, tel un pilote de combat, avait levé le pouce en l'air en lançant son fameux "Mission accomplished" (Mission accomplie). La guerre s'était réglée plus rapidement que la paix. Comment un haut placé de la Maison-Blanche évalue-t-il désormais la situation?
Depuis l'invasion de l'Irak, en 1991, par Georges Bush père, une obsession semblait s'être incrustée dans plusieurs départements d'état américains: CIA, Pentagone, Maison-Blanche, FBI et autres institutions militaires, soit la présence d'ADM sur le territoire irakien et leur proliférations sous la direction de Saddam Hussein. Cette croyance qui voulait que le Raïs s'orientait vers l'armement nucléaire et bactériologique afin d'attaquer ses voisins, voire même des sites américains s'appuyait, en fait, sur pas grand chose. Des équipes relevant de l'ONU avaient ratissé le territoire pour finalement invalider cette hypothèse.
Pourtant, elle courait toujours. Si on ne trouvait rien, c'était tout simplement dû à la duplicité de Hussein qui avait assurément trouvé le moyen de bien dissimuler ses armes. On savait l'homme sans scrupule: N'avait-il pas déjà utilisé des armes biologiques contre la population kurde de son pays? Mais la première guerre du golfe avait grandement limité les échanges que l'Irak pouvait dès lors faire avec d'autres pays. Et des biens de première nécessité ne pouvaient s'acquérir qu'au travers du programme "Nourriture contre Pétrole" mis sur pieds par les américains. Appauvri, affaibli, l'Irak, vivait toujours sous une dictature menée par Saddam, mais il ne semblait y avoir aucune indication que ce pays se réarmait, illégalement (car en politique, même l'illégal est percevable...comme le traffic des armes, ou des diamants...).
Suite aux attentats du 11 septembre 2001, bien vite revendiqués par Al Quaïda, l'invasion de l'Afghanistan, le renversement du régime des Talibans (étroitement lié au groupe de Ben Laden) se sont effectués avec la bénédiction du conseil de sécurité de l'ONU, et la participation de pays membres. Car le lien entre les actes terroristes perpétrés contre le World Trade Center, le Pentagone, et l'organisation d'Al Quaïda était clair. Ben Laden avait même fait parvenir une vidéo-cassette où on pouvait voir le leader, dans une de ces multiples grottes d'Afghanistan, riant, discutant avec d'autres chefs de guerres talibans sur sa participation dans cette spectaculaire opération terroriste.
Donc, une guerre assez rapidement terminée. Il s'agissait de renverser le régime des Talibans? Eh bien, voilà, cela était fait! IL AURAIT DÈS LORS FALLU EN RESTER LÀ, aider plutôt à la reconstruction du pays, permettre le rétablissement des institutions scolaires mixtes, viser l'élagation progressive de la culture du pavot, le contrôle des seigneurs de la guerre....Comme on peut le voir, la tâche ne manquait pas.
Mais non! Il demeurait dans la tête du président américain, comme brûlé au fer chaud, ce sentiment que l'Irak y était aussi pour quelque chose...Mais quoi? Il manquait une pièce assez majeure à ce scénario. Ce n'était pas le scénario qui n'était pas bon, c'était la pièce manquante qui le rendait bancal! Alors messieurs des services de renseignements, dépêchez-vous de me la trouver cette foutu pièce! George Tenet fut l'un de ceux qui tenta de mettre la main sur d'éventuelles preuves qui justifieraient finalement une seconde intervention militaire, mais cette fois-ci, dans le but de renverser le régime de Saddam...de terminer, en quelque sorte, ce qui n'avait pas été complété en 1991. Le fils réparerait les erreurs du père.
L'intérêt d'ouvrages tel celui de George Tenet réside dans le fait que leurs auteurs expliquent avec précision le rôle joué par les différentes personnalités de l'appareil d'Etat, qu'il s'agisse de Rumsfeld, Cheney, Rove, Wolfowitz, Rice, Powell, Negroponte, etc...L'image du président est peu ou pas touchée et si chaque auteur admet une part d'erreur, il n'est jamais celui qui a "fait pencher la balance". Même lorsqu'on parle d'individus occupant des postes clé dans le domaine du renseignement et qui devraient pouvoir dire: "Oui, j'ai fait pencher la balance p.c.q. mes sources sont excellentes et que j'ai entièrement confiance en elles". Au lieu de cela, c'est à coup de livres, d'entrevues, de conférences qu'on tente de trouver un bouc émissaire pour expliquer une situation désormais catastrophique. Et on est en droit de se demander comment se faisait-il que si George Tenet, entre autre, savait fort bien que les prémices sur lesquels s'appuyait l'invasion de l'Irak étaient fragiles, pourquoi n'en avoir rien dit? Tout comme Colin Powell, c'est la loi du silence qui aura prévalu. L'histoire se chargera bien de juger les actions de ceux qui auraient pu faire la différence. Au lieu de conseillers, Georges W. Bush, dans sa vision manichéenne du pouvoir, se sera plutôt entouré de laquais, de "yes men" pour le grand malheur de tous.
Pour terminer, j'aimerais expliquer la signification d'un terme que sûrement plusieurs ont déjà vu associé à George Tenet, par le biais des médias ou du vice-président Cheney lui-même. Au cours d'une réunion où se débattait la pertinence d'une guerre en Irak, le directeur de la CIA a utilisé l'expression "Slam Dunk", ce qui signifie au basketball un "lancé facile", un coup facile. La controverse se situe au niveau de la détermination de ce qui était un "slam dunk": L'action de convaincre le peuple américain de la légitimité de l'intervention imminente de l'Irak grâce aux preuves obtenues, ou la guerre en Irak elle-même (qui est tout sauf un "slam dunk")?
Qui, dans le cercle d'initiés de Georges W. Bush, sera le prochain à publier sa version?
* At The Center of The Storm : my years at the CIA : Tenet, Georges, Harper-Collins, 2007
Voir diaporama no 42: "At The Center Of The Storm"
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