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    11 February

    Radio911L Emission no 1 sur le trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (1ere partie)

     
     
    Radio911, emission no 1 sur le trouble du déficit de l'attention, avec ou sans hyperactivité
     
     

    Emission no 1:

     Introduction 1er partie

    Le trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH) a été décrit cliniquement dès le début du XXe siècle. Mais ce trouble a probablement toujours existé, d'après les experts. Depuis, il a connu plusieurs dénominations: du syndrome de l'enfant hyperactif (première apparition dans le Diagnostic and Statistical Manual of Mental Disorders en 1968), en passant par le trouble déficitaire de l’attention avec ou sans hyperactivité (1980) et le trouble d'hyperactivité avec déficit d'attention ou THADA (1987).

    Aujourd’hui, on utilise les termes déficit de l'attention avec hyperactivité (DAAH) ou trouble de déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité (TDAH), adopté en 2000 au Québec, que nous avons retenu pour cette fiche

    Description médicale

     

    Le TDAH est un syndrome neurocomportemental qui comporte deux ou trois caractéristiques principales : inattention, hyperactivité et impulsivité. Ces comportements, que l’on peut retrouver chez tous les êtres humains, doivent être présents de façon prononcée et prolongée chez un enfant pour que l’on soupçonne un TDAH. Aussi, ils doivent se retrouver dans toutes les circonstances de la vie de l'enfant (pas uniquement à l’école ou uniquement à la maison, par exemple).

    L’hyperactivité et l’impulsivité sont en général plus accentuées chez les garçons que chez les filles.

    Chez la vaste majorité des enfants, le TDAH a une origine neurologique. Les experts sont formels à ce sujet : il n’est pas causé par des besoins affectifs non comblés ou des problèmes psychosociaux.

    Il est généralement diagnostiqué entre quatre ans et six ans. Les enfants qui souffrent de TDAH ont des comportements difficiles avant leur rentrée à l'école, souvent dès l'âge de deux ans.

    Prévalence

    Il s’agit du trouble neurocomportemental le plus fréquent chez les enfants : de 5 % à 10 % d’entre eux en seraient atteints. On a longtemps affirmé que sa prévalence était plus élevée chez les garçons. Cependant, les études les plus récentes ne relèvent pas de distinction entre les sexes. 

     Le TDAH persiste à l'âge adulte chez la majorité des enfants qui en sont atteints. On estime qu’environ 4 % des adultes souffrent du déficit de l’attention avec ou sans hyperactivité1. Cela dit, il arrive que les symptômes s’atténuent à l'adolescence. Parfois, le TDAH est diagnostiqué seulement à l'âge adulte.

     

    Diagnostic

    Il n’existe pas de test neurologique ou psychologique qui, pris isolément, permette de diagnostiquer la maladie. Le médecin dresse donc un portrait d’ensemble, qui comprend les symptômes et les résultats à divers tests. Selon les critères fournis par l’Association américaine de psychiatrie, on doit observer six symptômes ou plus d’inattention ou six symptômes ou plus d’hyperactivité ou d’impulsivité (voir la section Symptômes)2. Lorsque nécessaire, l’enseignant évalue lui aussi le comportement de l’enfant en répondant à un questionnaire, par exemple, le questionnaire de Conners, qu’il transmet ensuite au médecin, ce qui aide ce dernier à poser un diagnostic.

    Il est important...

     que certains symptômes soient présents avant l’âge de sept ans.

     qu’ils se manifestent autant à la maison qu’à la garderie (crèche) ou à l’école, bien que leur intensité puisse varier d’un lieu à l’autre.

     que les symptômes se manifestent depuis au moins six mois.

    Causes

    Le TDAH est une maladie complexe. Il est rarement possible de découvrir une cause précise.

    Les chercheurs ont observé que, chez les enfants ou les adultes atteints du TDAH, les zones cérébrales responsables de l'attention, du sens de l'organisation et du contrôle des mouvements s’activent différemment. Ils ont aussi noté un déséquilibre dans les taux de certains neurotransmetteurs dans le cerveau, comme la dopamine et la noradrénaline.

    Des facteurs héréditaires contribueraient au TDAH chez plus de la moitié des personnes qui en sont atteintes. En effet, on remarque que la plupart des enfants atteints du TDAH ont au moins un membre de leur famille qui en souffre aussi. Un tiers des hommes ayant des antécédents de TDAH ont des enfants qui en sont atteints à leur tour. Lors d’études menées sur de vrais jumeaux, des chercheurs ont découvert que lorsqu’un jumeau est atteint du TDAH, dans 80 % des cas, l’autre l’est aussi3.

    D’autres facteurs ont été identifiés. Par exemple, l’exposition à certaines substances toxiques (alcool, biphényles polychlorés ou BPC, plomb, etc.) durant la vie foetale expliquerait de 10 % à 15 % des cas3. Un manque d’oxygène à la naissance ou d’autres complications liées à la naissance expliqueraient de 3 % à 5 % des cas3. Voir les sections Personnes à risque et Facteurs de risque pour en savoir plus.

    Attention. Certains facteurs peuvent occasionner des symptômes semblables à ceux du TDAH. Par exemple, une situation familiale conflictuelle, une séparation, une incompatibilité de caractère avec un enseignant ou des conflits avec des amis. Parfois, un problème de surdité peut expliquer un problème d’inattention. Enfin, d’autres problèmes de santé peuvent provoquer ce type de symptômes ou les amplifier. En discuter avec son médecin.

    Troubles associés

    Plusieurs enfants atteints du TDAH ont aussi l’un ou l’autre des troubles suivants.

     Trouble oppositionnel avec provocation. Attitude hostile, méfiante et négative devant les figures d'autorité qui tend à se manifester plus fréquemment chez les enfants impulsifs et hyperactifs.

     Troubles de conduite. Comportement antisocial profond qui peut se traduire par le vol de biens, la recherche du combat et un comportement généralement destructeur envers les humains et les animaux.

     Dépression. Souvent présente, la dépression résulte du rejet que l’enfant vit parce qu’il n’arrive pas à se contrôler. Il souffre souvent d’une pauvre estime de lui-même. La dépression peut apparaître autant chez l'enfant que chez l'adulte atteint du TDAH — surtout si d'autres membres de la famille en ont souffert.

     Troubles anxieux. Anxiété et nervosité excessives qui s'accompagnent de divers symptômes physiques (accélération du rythme cardiaque, transpiration, vertiges, etc.).

     Troubles d'apprentissage. Environ 20 % des enfants atteints du TDAH ont des retards de développement du langage et de la motricité fine (écriture) et ont besoin d'une éducation spécialisée.

    Symptômes

     

    Les trois principales caractéristiques du TDAH sont l'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité. Elles se manifestent comme suit, avec une intensité variable.

    Chez l’enfant

    Inattention

     Une difficulté à être attentif de façon soutenue à une tâche ou une activité particulière. L’enfant est facilement distrait. Cependant, s’il porte un grand intérêt pour une activité, il contrôle mieux son attention.

     Des erreurs de distraction dans les devoirs scolaires, les travaux ou les autres activités.

     Une difficulté à débuter et à terminer ses devoirs ou ses autres tâches.

     Une tendance à éviter les activités qui nécessitent un effort mental soutenu.

     Une impression que l’enfant ne nous écoute pas lorsqu’on s’adresse à lui.

     Une difficulté à retenir les consignes, malgré qu’elles soient comprises.

     Une difficulté à s’organiser.

     La perte fréquente d’objets personnels (jouets, crayons, livres, etc.).

    Hyperactivité

     Une tendance à remuer souvent les mains ou les pieds, à se tortiller sur sa chaise.

     Une difficulté à rester assis en classe ou ailleurs.

     Une tendance à courir et à grimper partout.

     Une tendance à parler beaucoup.

    Impulsivité

     Une tendance à interrompre les autres ou à répondre à des questions qui ne sont pas encore terminées.

     Une tendance à imposer sa présence, à faire irruption dans les conversations ou les jeux. Une difficulté à attendre son tour.

     Un caractère imprévisible et changeant.

     Des sautes d'humeur fréquentes.

    Autre symptôme

     L’enfant peut être très bruyant, antisocial, voire agressif, ce qui peut générer de l’isolement.

    Chez l’adulte

    Les principaux symptômes que sont l'inattention, l'hyperactivité et l'impulsivité s’expriment différemment. L’adulte atteint de TDAH mène une vie plutôt chaotique.

     Moins d’hyperactivité physique que durant l’enfance.

     L’immobilité génère une tension interne et de l’anxiété.

     Une recherche de sensations fortes (par exemple, dans les sports extrêmes, la vitesse ou le jeu compulsif).

     Une faible capacité de concentration.

     Une difficulté à s’organiser au quotidien et à long terme.

     Une difficulté à terminer des tâches.

     Des sautes d’humeur.

     Un caractère colérique et impulsif (s’emporte facilement, prend des décisions impulsives).

     Une faible estime de soi.

     Une difficulté à gérer le stress.

     L’anticipation des échecs.

     Une difficulté à tolérer la frustration.

     Peu de stabilité, tant dans la vie de couple qu’au travail.

    Personnes à risque

     

     Les enfants ayant des antécédents familiaux de TDAH.

     Les enfants ayant eu un violent choc à la tête.

     Les enfants ayant eu une méningite d’origine bactérienne.

     Les enfants nés prématurément. Divers facteurs, dont le poids à la naissance, influenceraient le risque d’être atteint du TDAH4,5. Les enfants nés prématurément seraient aussi plus sujets aux troubles d’apprentissage.

     Un manque d’oxygène au moment de la naissance.

     
     
     
     

    Radio911: Emission no sur le trouble de l'attention avec ou sans hyperactivité (2e partie)

     
    Radio911, Emission no 1 : l'enfance à haute vitesse , (2e partie)
     

    Facteurs de risque

     

     La consommation d’alcool ou de drogues durant la grossesse. Certaines études laissent entendre que l'abus d’alcool et l’absorption de drogues par la mère durant la grossesse peuvent réduire la production de dopamine chez l'enfant6.

     Le tabagisme de la mère durant la grossesse. Le lien n’est pas clairement établi, mais plusieurs études laissent croire que les femmes enceintes qui fument courent plus de risque d'avoir un enfant atteint de TDAH6.

     L’exposition aux BPC (biphényles polychlorés), au plomb ou à d’autres substances toxiques durant la vie foetale. Ces produits ont été abondamment utilisés dans le secteur industriel avant les années 1980. De nos jours, leur usage est beaucoup moins répandu en raison de leurs conséquences néfastes sur la santé. Ces produits s’accumulent dans l’environnement.

     Une intoxication au plomb durant l’enfance. Les enfants sont particulièrement sensibles aux effets neurotoxiques du plomb. Ce type d’intoxication est cependant rare au Canada.

      

    Prévention

    Peut-on prévenir?

     

    Il est encore impensable, de nos jours, de prévenir l'apparition du TDAH puisque ses causes sont méconnues.

    Dans tous les cas, il est bon de prendre les moyens nécessaires afin de réduire les risques de chocs à la tête, de méningite et d'empoisonnement aux métaux lourds (notamment le plomb).

    Par ailleurs, il est raisonnable de penser que les femmes enceintes donneront toutes les chances à leur futur enfant en prenant les précautions suivantes :

      ne pas fumer;

      ne pas prendre d'alcool et de drogue;

      éviter autant que possible l'exposition aux polluants environnementaux.

     

    Mesures pour prévenir les conséquences  

     

    Le TDAH se répercute sur la famille, les apprentissages et l’intégration sociale. Rassembler toutes les ressources pour venir en aide à l’enfant et à sa famille est important. Cela fait en sorte qu’on met toutes les chances de son côté afin que les conséquences ne s’aggravent pas à l’adolescence et à l’âge adulte (pauvre estime de soi, dépression, décrochage scolaire, etc.).

     

    Traitements médicaux

     

    Il n’existe pas de traitement curatif. L’objectif de l’intervention est d’atténuer les conséquences du TDAH chez l’enfant ou l’adulte, c’est-à-dire ses difficultés scolaires ou professionnelles, ses souffrances liées au rejet qu’il subit souvent, sa faible estime de soi, etc.

    Créer un contexte qui permettra à la personne atteinte du TDAH de vivre des expériences positives fait donc partie de l’approche préconisée par les médecins, les psychoéducateurs et les orthopédagogues. Les parents jouent un rôle crucial. En effet, bien que de nombreux professionnels accompagnent l’enfant et la famille, « les parents demeurent les "thérapeutes" les plus importants pour ces enfants », affirme le Dr François Raymond, pédiatre7.

    Il n'est pas facile d'établir un diagnostic de TDAH, car les mêmes symptômes peuvent résulter de troubles divers en rapport plus ou moins étroit avec le TDAH. Par conséquent, le diagnostic de TDAH reposera sur une évaluation approfondie de l'enfant et de son milieu de vie.

    Le médecin s'intéresse d'abord à son développement psychomoteur. La consultation se fait en présence des parents qui seront invités à dresser un historique du développement de l'enfant. Des tests psychologiques et neuropsychologiques peuvent aussi être utiles afin d'évaluer le quotient intellectuel et le potentiel d'apprentissage scolaire de l'enfant. Ce dernier est finalement interrogé sur ses difficultés actuelles.

    Les parents, aidés du médecin et d’autres professionnels, doivent aussi se pencher sur ces questions :

    -En classe, l’enfant vit-il un problème d’attention ou d’intérêt?
    -S’agit-il d’un manque de motivation qui se manifeste uniquement durant certaines activités?
    -S’agit-il d’un enfant agité ou hyperactif?

    Médication

    Voici les types de médicaments utilisés. Ils ne sont pas toujours nécessaires. En discuter avec son médecin.

    Le méthylphénidate (Biphentin®, Concerta®, PMS-Méthylphénidate®, Ritalin®, Rilatine®) est le médicament de loin le plus employé en cas de TDAH. Il ne traite pas le trouble et n’en prévient pas la persistance à l’âge adulte, mais il en réduit les symptômes tant que la personne est en traitement.

    Paradoxalement, ce stimulant léger du système nerveux central apaise l'enfant, améliore sa concentration mentale et lui permet de vivre davantage d’expériences positives. On observe souvent une amélioration des résultats scolaires. Les relations sont aussi plus harmonieuses avec les parents et les amis. Chez certains enfants, ces effets sont spectaculaires.

    En général, on ne prescrit pas de méthylphénidate avant l'âge scolaire. Il arrive néanmoins qu’on l’envisage chez des enfants plus jeunes.

    La dose varie d’un enfant à l’autre. Le médecin l’ajuste en fonction des améliorations observées et des effets indésirables (des problèmes de sommeil, une perte d’appétit, des maux de ventre ou des maux de tête, des tics, etc.). Les effets indésirables ont tendance à s’atténuer avec le temps. Si la dose est trop forte, l’enfant deviendra très calme et il fonctionnera au ralenti. Un réajustement de la dose est alors nécessaire.

    Dans la majorité des cas, le médicament est pris deux ou trois fois par jour : une dose le matin, une autre le midi, et au besoin, une dernière en après-midi. Le méthylphénidate est également offert sous forme de comprimés à longue durée d’action, à prendre une seule fois par jour, au matin. Il faut savoir que le méthylphénidate ne crée aucune accoutumance physiologique ou psychologique.

    La prescription de Ritalin®

    Les médecins prescrivent plus de Ritalin® qu’avant, selon une enquête de Santé Canada. En effet, la consommation de Ritalin® a augmenté de 500 % de 1990 à 1997, et de 45 % de 1999 à 20049. Un rapport des Nations unies fait état de tendances similaires à l'échelle mondiale10.

    D’autres médicaments peuvent être employés, au besoin, comme des dérivés de l’amphétamine (Adderall®, Dexedrine®). Les effets de l’amphétamine, autant thérapeutiques qu’indésirables, ressemblent à ceux du méthylphénidate. Certains enfants réagissent mieux à une classe de médicament qu’à une autre.

    Un médicament non stimulant, l'atomoxétine (Strattera®), réduirait aussi les principaux symptômes d'hyperactivité et d’inattention causés par le TDAH. L’un de ses intérêts est qu’il n’influencerait pas la qualité du sommeil. Il permettrait aux enfants de s’endormir plus rapidement et d’être moins irritables, comparativement aux enfants qui prennent du méthylphénidate. Il réduirait aussi l’anxiété chez les enfants qui en souffrent. Enfin, l’atomoxétine peut être une solution de rechange pour les enfants chez qui le méthyphénidate provoque des tics.

    L'enfant doit être revu deux à quatre semaines après le début du traitement puis à intervalles réguliers de quelques mois.

    Chez l’adulte, le traitement est semblable, mais les doses sont plus élevées. Des antidépresseurs peuvent parfois être utiles.

    Mise en garde de Santé Canada

    Dans un avis émis en mai 200611, Santé Canada affirme que les médicaments pour traiter le trouble de déficit de l’attention avec hyperactivité (TDAH) ne devraient pas être administrés à des personnes souffrant de troubles cardiaques, d’hypertension artérielle (même modérée), d’athérosclérose, d’hyperthyroïdie ou de malformation cardiaque structurelle. Cet avertissement s’adresse également aux personnes qui s’adonnent à des activités ou à des exercices cardiovasculaires intenses. Les médicaments pour traiter le TDAH ont un effet stimulant sur le coeur et les vaisseaux sanguins. Le médecin peut cependant décider de les prescrire avec l’accord du patient, après avoir procédé à un examen médical approfondi et à une évaluation des risques et des bénéfices.

    Approche psychosociale

    Diverses interventions aident l’enfant, l’adolescent ou l’adulte à contrôler leurs symptômes. Il existe une foule de trucs qui aident, par exemple, à améliorer l’attention et à réduire l’anxiété que le TDAH peut engendrer.

    Ces interventions incluent :

     des consultations avec un psychoéducateur, un orthopédagogue, un psychologue;

     une thérapie familiale;

     un groupe de soutien;

     une formation pour aider les parents à s'occuper de leur enfant hyperactif.

    On obtient les meilleurs résultats quand les parents, les enseignants, les médecins et les psychothérapeutes travaillent de concert.

    Voici quelques conseils pratiques

     Étant donné que l'enfant hyperactif a des problèmes d'attention, il lui faut des structures claires pour favoriser ses apprentissages. On doit s'assurer qu'il exécute adéquatement ses tâches. Comme son attention se disperse facilement, mieux vaut lui confier une seule tâche à la fois. Si la tâche — ou le jeu — est complexe, il est préférable de la décomposer en étapes faciles à comprendre et à réaliser.

     L'enfant hyperactif est particulièrement sensible aux stimuli extérieurs. Le fait d'être en groupe ou en présence d'une personne agitée ou impatiente peut, par exemple, agir comme élément déclencheur.

     Pour l'exécution des devoirs scolaires et autres tâches diverses, il est recommandé de s'installer dans un endroit calme où il n'y aura pas de stimuli susceptibles de détourner son attention.

     Pour les enfants qui ont de la difficulté à s’endormir, certains trucs peuvent aider : inciter les enfants à se dépenser physiquement durant la journée et, avant le coucher, s’adonner à des activités calmantes, comme de la lecture. On peut aussi créer une ambiance de détente (lumière tamisée, musique douce, huiles essentielles aux propriétés apaisantes, etc.). Il peut être bon d’éviter la télévision et les jeux vidéo dans l’heure ou les deux heures qui précèdent le coucher. Il est souhaitable d’adopter une routine de sommeil.

     La prise de Ritalin® modifie souvent les habitudes alimentaires de l'enfant. En général, celui-ci a moins d'appétit au repas du midi et davantage au repas du soir. S’il prend un médicament à longue durée d’action (une dose unique le matin), il se peut que la faim survienne en soirée. Si c’est le cas, donner le repas principal à l’enfant lorsque celui-ci a faim. Pour le lunch du midi, privilégier de petites portions d’aliments variés. Au besoin, des collations nutritives peuvent être proposées.

     Comme l'enfant hyperactif exige passablement de patience de la part de ses éducateurs, il est important que ceux-ci reconnaissent leurs limites et qu'ils demandent de l'aide au besoin.

     L'enfant hyperactif n'a pas la notion du danger. C'est pourquoi il exige généralement plus de surveillance qu'un enfant normal. Lorsque qu'on doit faire garder un tel enfant, il est important de choisir une personne fiable et expérimentée afin d'éviter les accidents.

     La force, les cris et les châtiments corporels ne sont généralement d'aucune utilité. Lorsque l'enfant « dépasse la mesure », mieux vaut lui demander de se retirer dans sa chambre pendant quelques minutes. Cette solution permet à chacun de retrouver un peu de calme.

     À force de subir des réprimandes attribuables à leurs troubles de comportement et à leurs gaffes, les enfants hyperactifs risquent de développer un manque de confiance en eux. Ce qui ne ferait qu'amplifier le problème. Il importe de leur montrer à devenir plus efficaces, mais en évitant de souligner leurs erreurs. La motivation et les encouragements donnent de meilleurs résultats.

    Une importante étude financée par le National Institute of Mental Health des États-Unis, ayant porté sur 579 enfants, souligne l’utilité d’une approche globale12. Les chercheurs ont comparé quatre types d’approches, employées durant 14 mois : des médicaments, une approche comportementale auprès des parents, de l’enfant et de l’école, une association de médicaments et d’approche comportementale, ou encore aucune intervention particulière (c’est-à-dire que les parents trouvent eux-mêmes l’aide médicale, comme ils le font normalement). Le traitement combiné est celui qui a offert la meilleure efficacité globale (habiletés sociales, performances scolaires, relations avec les parents). Cependant, dix mois après l’arrêt des traitements, le groupe d’enfants qui avaient reçu les médicaments est celui qui affichait le moins de symptômes13.

    L'opinion de notre médecin

     

    Y a-t-il plus d’enfants atteints qu’avant?
    Nous n’avons pas d’études en ce sens. Je crois tout simplement que la maladie est mieux cernée qu’avant. Cela dit, le style de vie actuel peut faire en sorte que ce trouble dérange plus qu’auparavant. Les familles étant plus petites, la pression de la réussite augmente sur chaque enfant. Aussi, la société nous demande d’être plus productifs. On observe donc un peu plus de pression sur les familles pour traiter ces enfants.

    Pour un parent, comment différencier un enfant agité d’un enfant hyperactif?
    En regardant les symptômes du TDAH, bien des parents vont reconnaître leur enfant. C’est tout à fait normal! En fait, c’est une question d’intensité. Les symptômes deviennent problématiques à partir du moment où l’impact sur la qualité de vie de l’enfant est majeur. Aussi, si la moindre petite attente avec l’enfant devient angoissante pour le parent, à la caisse du supermarché ou au restaurant par exemple, ça peut être un signe. Chez l’enfant hyperactif, c’est plus fort que lui, il manque de contrôle sur son attention.

    Conclut-on trop vite au TDAH?
    Il ne faudrait pas. Oui, on prescrit plus de Ritalin® qu’avant, mais je crois que c’est parce que le TDAH est mieux diagnostiqué et mieux traité qu’il ne l’a été. En fait, le taux de prescription demeure en deçà de la prévalence de la maladie.

    Quelles étapes devraient précéder la prescription d’un médicament pour traiter le TDAH?
    Certainement une bonne évaluation médicale. L’usage de questionnaires d’évaluation par les parents et les professeurs s’avère aussi très utile. Avant de prescrire, il est important de donner tous les renseignements pertinents sur la médication et d’inviter les parents à s’informer davantage, que ce soit par des lectures ou encore des groupes de parents, comme l’association PANDA.

    Est-ce une médication à vie?
    Je dirais que l’enfant devrait en prendre tant qu’il en aura besoin. À mon avis, les années scolaires exigent énormément d’attention. Il n’est pas rare que les parents et le médecin choisissent de poursuivre la médication tant que l’enfant fréquente l’école. Par la suite, ce sera très variable d’une personne à l’autre. De plus en plus d’adolescents me disent que la médication les aide à accomplir leur travail, que ce soit les fins de semaine ou l’été.

     

    Il ne s'agit ici que d'un petit déblayage d'informations afin d'avoir une idée du TDAH. Les émissions suivantes approfondiront les différents aspects de ce trouble.

     

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