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    24 February

    La Charte canadienne des droits et libertés: Un obstacle pour les législateurs?

     
     
     
    La Charte canadienne des droits et libertés: Un obstacle pour les législateurs?
     
     
     
    Il y a toujours un petit frémissement dans l'air quand on est dans l'attente d'une décision provenant de la Cour suprême du Canada. Car très souvent, les enjeux sont majeurs et nous savons tous qu'ils auront des répercutions sur notre système législatif.
     
     
    En 1982, la Charte canadienne des droits et libertés se retrouvait enchâssée dans la constitution du Canada. Bon nombre de décisions qu'ont rendues les différentes instances juridiques ont dû tenir compte de l'ajout de cette Charte. Lorsqu'on parle d'une loi constitutionnelle, on parle d'une loi qui prime au dessus de toutes autres lois existantes, à moins d'exception. Un exemple? Si un individu invoque la charte pour justifier un droit, une action, le tribunal évaluera la demande en fonction de la charte, mais aussi en fonction de l'impact que le droit ou l'action aura sur la population. Si le droit demandé risque de provoquer une détérioration du climat social, ce droit ne sera pas accordé. C'est pourquoi le Canada, en 1992 avait emprisonné  le révisionniste Ernst Zundel avant de l'extrader vers son pays d'origine: La liberté d'expression prévue dans la Charte ne signifiait pas qu'on pouvait dire, écrire et publié n'importe quoi. Zundel n'était donc plus autorisé à poursuivre ses campagnes où il niait publiquement l'Holocauste et les six millions de juifs disparues. Les tribunaux inférieurs ont donc dû refaire le procès de Ernst Zundel, ce qui a mené à son emprisonnement.
     
    Aujourd'hui, la Cour suprême, dans une décision de neuf contre zéro, s'est finalement prononcée sur la validité des certificats de sécurité, une mesure introduite dans notre système juridique il y a presque 60 ans mais qui s'est vue redécouverte suite aux événements du 11 septembre 2001. Une mesure qui visait à cibler tout terroriste ayant participé de près ou de loin à des attentats ou se préparant à le faire.
     
    Dans cette décision, qui a assurément déjà fait le tour du monde, la Cour en est arrivée à la conclusion que ces certificats violaient la Charte, plus particulièrement l'article 7 qui se lit comme suit: "Chacun a droit à la vie, à la liberté et à la sécurité de sa personne". Ce droit ne peut donc être touché.  En bref, la loi antiterroriste, adoptée en 2001 devra être amendée, modifiée afin de ne pas être en contradiction avec cet article 7 au risque d'être déclarée inconstitutionnelle.
     
    Lorsqu'on la regarde, on s'aperçoit que certaines conditions de cette loi ne sont effectivement pas en conformité avec les principes de justice fondamentale tels qu'énoncés dans la Charte. La Cour déclare que, désormais, le suspect devra être informé des raisons qui justifient l'emprisonnement ou l'extradition vers le pays d'origine, le cas échéant. Ainsi donc, il ne sera plus possible d'emprisonner un individu suspecté d'actes terroristes pour une durée indéterminée, tout en le maintenant dans l'ignorance des principales charges retenues contre lui, car il y aurait là une violation directe de cet article 7 de la Charte.
     
    Présentement, au Canada, six personnes sont touchées par ces certificats. Dans l'immédiat, rien ne va changer pour eux, car la plus haute instance du pays a accordé une année au gouvernement pour retourner "faire ses devoirs". Advenant le cas où, après cette année, le gouvernement n'aurait pas corrigé la situation, les six personnes touchées pourraient faire valoir leur cause devant les tribunaux. Mais il faut retenir que l'inconstitutionnalité des certificats de sécurité tels qu'appliqués depuis le 11 septembre 2001, n'innocente nullement les individus qui en font les frais. 
     
     
    Car ce n'est pas les certificats eux-mêmes que condamne la Cour suprême, mais les conditions de leur application. Et elle suggère une avenue afin d'éviter la violation de l'article 7. Pourquoi ne pas nommer ce qu'on appelle un "amicus curiae" *ou "un ami de la Cour", qui pourrait prendre connaissance d'une partie de la preuve et  ainsi donc, être en mesure de présenter un tableau plus objectif de la situation devant les juges. 
     
    Dans ce dossier, les nombreux organismes qui avaient comme objectif la défense des droits de tout citoyen emprisonné, ont été très actifs.  Ils ont questionné l'attribution de ces certificats de sécurité en les déclarant discrimatoires. En effet, depuis 2001, 90% de ces certificats ont été remis à des arabes, à des arabes musulmans.  Une sorte de profilage ethnique? M. Charkaoui dit que oui! Portant toujours ce bracelet de sécurité, cet homme demande maintenant qu'on lui redonne sa liberté, son intégrité. Car aucun tribunal ne s'est penché sur son cas. M. Charkaoui fut arrêté à cause de ces présumées liens avec des organisations terroristes marocaines et autre. Mais il n'existe aucun document, aucune preuve validant cette accusation. Le Canada ne doit pas devenir le "Guantanamo Bay" du nord.
     
    La décision a fort probablement rassuré les canadiens, et plus particulièrement les québécois, sur leurs principes de justice. Mais cette loi antiterroriste s'incrit dans la même ligne que le fameux "Patriot Act" américain (encore plus restrictif face aux droits des individus). En théorie, elle prévoit la suspension de certains droits fondamentaux lorsqu'on se retrouve en face d'un présumé groupe terroriste. En temps de crise, il n'y a pas grand monde qui conteste ces mesures. C'est dans des temps plus tranquilles que surgissent les critiques, les oppositions. Mais cela signifie-t-il qu'il n'existe plus aucune cellule terroriste en formation à l'intérieur du Canada?  
     
    Il y a eu des dérapages, le non respect de la primauté du droit. Si la menace terroriste peut nous sembler de moins en moins présente dans notre territoire, il serait fort naïf que de croire en sa disparition.  Je trouve intéressante la suggestion de nommer un "ami de la Cour" dans de tels cas. Dans le cadre d'une lutte contre le terrorisme, il devient apparent qu'il est difficilement possible de respecter à la lettre toutes les dispositions de la Charte. Cet "ami de la Cour" saurait balancer les pouvoirs énormes de cette Loi antiterroriste. Vue de cette façon,  Stephen Harper et Stockwell Day, tenants de cette législation, réussiront fort probablement à l'amender sans qu'elle n'en soit dénaturée pour autant.
     
     Voir le diaporama no 27: La Charte canadienne des droits et libertés: Un obstacle pour les gouvernements
     
    *Signifie littéralement « ami de la cour ». Il s'agit d'une personne qui, pour une foule de raisons, est bien placée pour aider le tribunal à comprendre les questions en litige. De nos jours, on entend plus fréquemment « intervenant désintéressé » ou « ami de la cour ».
     
     
     
     
     
    21 February

    Un homme ordinaire...une mort ordinaire: Maurice Papon.

    Un homme ordinaire...une mort ordinaire: Maurice Papon
     
     
    Je me souviens: 1998, en France, le procès d'un homme, Maurice Papon, accusé de crime contre l'humanité. 10 ans de prison avait été la sentence, si je me souviens bien. Papon était un petit fonctionnaire perfectionniste, qui produisait, en général, beaucoup plus que ce qu'on lui demandait. Tout employeur serait fort heureux d'avoir dans ses rangs un tel individu...sauf qu'en ces temps troublés de l'occupation allemande et du régime de Vichy, ce perfectionnisme, cette obédience à l'autorité pouvaient mener à des gestes plus que répréhensibles.
     
    La signature, en bas de page, d'un document autorisant la déportation de juifs vers l'Allemagne, semble être en soi, un geste fort ordinaire. Après tout, si on n'assiste pas à ces scènes disgracieuses où pères, mères et enfants sont projetés dans des camions, pour être interné à Drancy, à Pithiviers, à Beaule-la-Rolande, et autres camps de transit, dans l'attente du train final...on peut facilement ne pas se sentir concerné. Encore une fois, la "banalisation du mal" d'Hannah Arenth...Mais comment définir Maurice Papon? Ce n'était pas un Brassillach*, ni un Céline*. Possiblement le type de personne à dire : "je n'ai rien contre les juifs, moi Monsieur!". Et on peut presqu'entendre en arrière fond, un petit murmure..."je n'ai fait que suivre les directives, moi Monsieur".
     
    En 1998, je m'étais dit: "Pour un de jugé, cent autres d'échappés". Et comment expliquer ce délai?  A la fin de la seconde guerre mondiale, l'idéalisme, la pureté des intensions ont laissé place au pragmatisme d'état. Allait-on en fait poursuivre tous ceux qui avaient de près ou de loin eu affaire avec le régime nazi? Avec celui de Vichy?. En 1945, les Russes et les Américains ne se sont-ils pas affairés à rescaper les scientifiques allemands, entre autre, sans égard à un passé peut-être douteux? Van Braun, le pionnier en matière d'aérospatiale n'avait-il pas oeuvré au camp de travail de Buna-Monovitz, une annexe d'Auschwitz, où s'éreintaient des milliers de travailleurs juifs, avant de se retrouver en terre américaine et de diriger les premiers programmes spatiaux de la NASA? Avant la longue et persistance recherche de Serge et Beata Klasfield qui mènera à son procès en France, Klaus Barbie, où plutôt Klaus Altmann, le "boucher de Lyon", responsable entre autre de la mort de Jean Moulin, chargé par De Gaulle d'unifier des groupes de résistance, a bien su fuir le vieux continent. Il a vécu, en Amérique latine, bon nombre d'années fort confortables. C'est en 1983 que son rendez-vous avec la justice aura lieu...aucun regret, nul remord.
     
    Papon fut différent de Barbie. Il n'était pas un antisémite à priori. Ce bureaucrate voulait franchir, et rapidement plutôt qu'avec le passage des ans, les différents échelons dans l'Administration française. Comme tant d'autres...Alors, on se modèle, on obéit, et non seulement on obéit, mais on prend aussi de l'initiative, on essaie de devenir indispensable...tout en maintenant ses arrières advenant un changement de cap...1943, 1944, la guerre, tous savaient désormais que l'Allemagne ne la gagnerait pas. Mais à quand le renversement? Il faut donc jouer double...travailler pour l'occupant, laisser échapper ici et là quelques informations aux groupe de "l'Autre", ce général De Gaulle...la table est servie pour une future étiquette de "résistant", ce qui sera fort utile  lorsque viendront les temps sombres des règlements de comptes. Qui a été "collabo"? Dénonciations, jugements expéditifs menant directement au peloton d'exécution...Maurice Papon a su y échapper, a cru y échapper. Médaillé de la légion d'honneur par De Gaulle lui-même, amitié discrète avec Mitterand...il aura, malgré tout, eu son heure de vérité avec la Justice, et aujourd'hui avec la "Grande Faucheuse".
     
    Papon est mort ce 20 février 2007, à l'âge de 97 ans. Les survivants de cette époque disparaissent peu à peu. D'ici quelques années, nous n'en trouverons plus aucun. Réparation aura-t-elle été rendue? Mais la question est peut-être plutôt celle-ci: Réparation était-il possible de faire? Je ne sais pas...je ne crois pas...
     
    *Robert Brassillach (1909-1945): Ecrivain français extrêmement talentueux, penseur monarchiste et profondément conservateur, Brasillach écrivit dans des journaux d’extrême droite et collabora à partir de 1940. La violence de ses attaques conduira à son arrestation à la fin de la guerre et à sa condamnation à mort en dépit d’une demande de grâce signée par Mauriac, Malraux, Camus… mais refusée par De Gaulle.
     
    **Louis-Ferdinand Céline (1894-1961) Autre écrivain controversé pour ses écrits contenant des propos antisémites appelant à l'extermination des Juifs en des termes d'une violence explicite et à la collaboration au nazisme, avec ses pamphlets publiés entre 1937 et 1941 et réimprimés pendant l'occupation. Céline n'en demeure pas moins un écrivain majeur de la littérature française pour le reste de son œuvre, plus particulièrement ses romans (Voyage au bout de la nuit, 1932)
     
    Voir diaporama no 27 : Maurice Papon: Un homme ordinaire...une mort ordinaire.
     
     
    20 February

    Barack Obama: une étoile montante...prise 2 : texte du 10 février 2007...semblant en avoir inspirer d'autres.

    Barrack Obama: Une étoile à suivre...(prise 2)
     
     
    A prime abord, ce que l'on peut dire de ces présidentielles américaines, c'est que nul n'a le luxe de se permettre de perdre du temps....ce qui nous emmène à l'annonce de la candidature du démocrate Barack Obama, dans cette terre d' Illinois, là même où Abraham Lincoln s'était fait élire. Une candidature qui suscite l'intérêt (n'a-t-on déjà pas vu les Georges Clooney, Steven Spielberg et autres consorts s'activer dans le cadre d'activités de financement pour le sénateur?).
     
    Jeune, dynamique, auteur d'une autobiographie* qui a largement trouvé preneur dans le public, avec ses confidences, ses aspirations, sa vision d'une nouvelle Amérique, Barack Obama se présente, malgré son évident manque d'expérience, devant une Amérique exténuée, désillusionnée après ces trop longues années d'une administration déchirée entre le mensonge, la corruption, et la menace incessante d'attaques réelles où imaginaires .

    A quelques jours d'intervalle, Barack Obama (16 janvier) et Hillary Clinton (20 janvier) ont confirmé qu'ils seraient bien candidats à l'investiture démocrate en vue de la Présidentielle 2008 aux Etats-Unis. Autant dire que si les Républicains sont battus l'an prochain, l'Amérique pourrait vivre un moment historique, où la Maison Blanche aurait pour hôte soit une femme, soit un afro-américain, ce qui ne s'est jusqu'à présent jamais produit. J'utilise le conditionnel car il ne faudrait pas non plus mettre de côté trop rapidement les candidatures d'un John Edward (ancien co-listié de John Kerry en 2004)  

    Toujours en spéculant, il se pourrait bien que ce soit la deuxième option qui l'emporte. Barack Obama jouit, jusqu'à présent, d'une popularité grandissante chez les Démocrates et auprès des Américains dans leur ensemble. A 45 ans, ce diplômé en relations internationales de l'Université de Columbia et en droit de Harvard, fils d'un économiste d'origine kenyanne et d'une mère d'ascendance cherokee, est actuellement sénateur de l'Illinois. Pour lui "Il n'y a pas une Amérique Noire, une Amérique Blanche, une Amérique Latino, une Amérique Asiatique, il y a les Etats-Unis d'Amérique" (discours prononcé le 27 juillet 2004 à la Convention démocrate de Boston et qui a suscité des réactions extrêmement positives). Il est également connu pour ses prises de position en faveur des droits des gays et des lesbiennes (malgré son opposition de principe au mariage homosexuel), ou pour avoir fait augmenter les fonds destinés à la lutte contre le SIDA.

    Jusqu'à présent, il s'agit d'un vent frais qui nous provient de cet état de l'Illinois. Mais  c'est bel et bien en ce jour du 10 février 2007, que Barack Obama  a monté dans le train qui va tout d'abord devoir le mener à l'investitude de son propre parti, contre une adversaire assurément tout aussi déterminée qu'il ne l'est lui-même, soit Hillary Rhodam Clinton....Une campagne à suivre à l'interne,  mais aussi à l'externe, où on assistera à celles, fort probablement  toutes aussi couvertes,  de John Mc Cain et de Rudy Giuliani, cette figure héroïque du 11 septembre si présente dans la psyché américaine, du côté républicain.  Et nous reviendrons assurément sur cette double investiture. Une campagne qui s'annonce plus qu'intéressante, une campagne incontournable...

    * "The Audacity of Hope: Thoughts on Reclaiming The American Dream" (2006)

     

    ...et nous suivons toujours...Allons voir un peu comment se dessine cette campagne américaine décidément beaucoup plus complexe que nous ne croyions...

      ***

    Les présidentielles américaines : Obama...Clinton pour les Démocrates?  Mc Cain et Giuliani pour les Républicains?…Et Condoleeza Rice? Son nom a effectivement circulé. Rice contre Hillary? Hillary contre Rice? Une hypothèse qui risque de n'être ...qu'une hypothèse...et d'ailleurs, jusqu'à présent, il n'y a  aucune indication pouvant nous permettre  de présumer que "Condi" viserait la présidence.  De plus, l'héritage de l'administration Bush envers laquelle elle n'a jamais tentée de se distancer, serait difficile à défendre.

    John Mc Cain et Rudolph Giuliani se sont, quant à eux, élégamment bien distancés face à Bush. Ce qu'on peut constater jusqu'à présent:

    En ce qui concerne la course à l'investiture républicaine, on note que J. Mc Cain a un fond de capital énorme pour sa campagne (un atout appréciable!)…mais il n'en demeure pas moins, froidement dit,  un « perdant » (tout comme John Kerry face à G. W.Bush en 2004 et qui a sagement décider de ne pas briguer l'investiture démocrate). N’oublions pas que cette même investiture lui avait échappé aux mains de ce même Bush, avant les Présidentielles de 2000. Ce dernier avait été aussi loin que d’attaquer Mc Cain, un vétéran du Vietnam**, sur la dépression qui avait suivi sa longue captivité. ("Karl Rove", retenez ce nom, le " faiseur de miracles" en terme d'organisateur de campagne) Bush a bien su l’éviter cette guerre, grâce aux bons contacts de son père.

    Comme il reste du temps, les choses peuvent bien changer. Il faut voir ce qu’arriveront à faire les Démocrates au Sénat et à la Chambre, où à éviter le président Bush de faire. Mais pourront-ils empêcher l’envoi de nouvelles troupes en Irak? Les gens les ont élus pour ça. Car, ne nous le cachons pas, l'Irak sera un enjeu majeur en cette campagne présidentielle. Un très gros poids, donc, sur les épaules des Démocrates, surtout qu’en toute fin, le Président possède toujours son droit de veto. Il peut courcircuiter  toutes decisions prises par l'une ou l'autre de ces instances. Espérons que s’il le fait, les gens sauront reconnaître que les Démocrates n’avaient pas en main, même avec leur majorité à la Chambre et au Sénat, le pouvoir réel d’agir. Pour cela, ils devront être à la présidence...avec ou sans Hillary, avec ou sans Obama. Mais le parti démocrate présente d'étranges similitudes avec certains de nos bons vieux parties: beaucoup de tensions internes…du très bon terrain pour une opposition à la recherche de ses troupes...

    Imaginons donc un ticket "Clinton-Obama".  Deux étoiles peuvent-elles se côtoyer de si proche? Imaginons alors une alliance Mc Ain-Giuliani afin de maintenir les Républicains en poste?  Nous suivrons...nous suivrons...

    Et les commentaires sont toujours les bienvenus

     

    voir diaporama no 25 et 26

    Et si vous le pouvez, consultez et lisez l'éditorial de Mario Roy, "La Presse", 19 février 2007, cahier A, p. 17

    ** "Faith of My Fathers": Mc Ain, John (2000)

    11 February

    Sur les traces de Daniel Pearl...un document de Christiane Amampour, CNN

    A la recherche de Daniel Pearl
     
     
    Je me souviendrai toujours de cette vidéo diffusée sur Internet, où pour la première fois j'ai vu un homme se faire égorgé, devant une froide caméra....C'était en mars 2003, et cet homme était Daniel Pearl. Des images flous, nous montrant un jeune homme, étonnamment calme et qui répondait avec ce même calme aux questions posées par ces hommes cagoulés: "Mon père est juif, ma mère est juive, je suis juif"...Ce fut un coup au coeur...Un jeune homme décapité parce qu'il avait voulu en savoir plus sur une filière pakistanaise qui se tissait tranquillement en rapport aux événements du 11 septembre 2001, un journaliste qui travaillait pour le  "Wall Street Journal"...et un simple futur père  Et c'est par le biais de l'ouvrage de Bernard Henry Levy "Qui a tué Daniel Pearl"que j'ai atterri sur ce cas. J'ai lu le livre, bref, j 'ai dévoré cet ouvrage et je voulais savoir ce que fort probablement voulait aussi savoir  Bernard-Henri Levy, soit  "Qui a tué Daniel Pearl?"*
     
    Il existe des personnes, qui par bon nombres de circonstances, se retrouvent dans des endroits "où il se passe quelque chose"....Ce soir, à CNN  Christiane Amampour nous présente "The Journalist and the DJihadi".  Ce soir, nous en saurons peut-être plus sur le sort  de Danny.....Des rues d'Islamabad, de Karachi, au Pakistan, (où Pearls avait présumément pu obtenir une entrevue avec Cheik Gilani**, un proche d'Oussama Ben Laden  prêt à discuter de certains liens entre le Pakistan, l'Afghanistan et même les Etats-Unis), jusqu'à une petite résidence perdue, en banlieue de Karachi (où aurait séjourné Daniel Pearl, tombé plutôt dans un guet-apens, puis exécuté par Omar Sheik, le corps découpé, par la suite, en dix morceaux,  éparpillés  non loin dans les ravins d'une route perdue), cette enquête nous fera revivre le sentier du journaliste vu au-travers des yeux d'une autre journaliste. 
     
    Je suggère fortement aux gens n'ayant pu assister à l'écoute de ce documentaire, de surveiller, sur le site web de CNN (www.CNN.com), les heures, et les jours de rediffusion de ce même documentaire, et de peut-être, poursuivre leurs recherches en lisant les deux ouvrages mentionnés dans ce texte. 
     
    Un film  sortira aussi bientôt sur ce sujet, "A Mighty Heart", tiré du livre du même titre***, écrit par Marianne Pearl, l'épouse de Daniel, avec, entre autre Angelina Joli dans le casting.
     
     
    * "Qui a tué Daniel Pearl", Lévy, Bernard-Henri, Grasset (2003).
    ** Ce même Gilani soupçonné pour sa participation aux attentats du World Trade Center, en 1993.
    *** "Un Coeur Invaincu", Pearl, Marianne, Plon, (2003) pour la traduction française de " A Mighty Heart : The brave life and death of my husband, Danny Pearls" by Pearls, Marianne, (2003).
     
     
    voir le diaporama no 24: A la recherche de Daniel Pearl
     
    10 February

    Barack Obama: L'espoir des Démocrates?

    Barrack Obama: Une étoile à suivre...
     
     
    A prime abord, ce que l'on peut dire de ces présidentielles américaines, c'est que nul n'a le luxe de se permettre de perdre du temps....ce qui nous emmène à l'annonce de la candidature du démocrate Barack Obama, dans cette terre d' Illinois, là même où Abraham Lincoln s'était fait élire. Une candidature qui suscite l'intérêt (n'a-t-on déjà pas vu les Georges Clooney, Steven Spielberg et autres consorts s'activer dans le cadre d'activités de financement pour le sénateur?).
     
    Jeune, dynamique, auteur d'une autobiographie* qui a largement trouvé preneur dans le public, avec ses confidences, ses aspirations, sa vision d'une nouvelle Amérique, Barrack Obama se présente, malgré son évident manque d'expérience, devant une Amérique exténuée, désillusionnée après ces trop longues années d'une administration déchirée entre le mensonge, la corruption, et la menace incessante d'attaques réelles où imaginaires .

    A quelques jours d'intervalle, Barack Obama (16 janvier) et Hillary Clinton (20 janvier) ont confirmé qu'ils seraient bien candidats à l'investiture démocrate en vue de la Présidentielle 2008 aux Etats-Unis. Autant dire que si les Républicains sont battus l'an prochain, l'Amérique pourrait vivre un moment historique, où la Maison Blanche aurait pour hôte soit une femme, soit un afro-américain, ce qui ne s'est jusqu'à présent jamais produit. J'utilise le conditionnel car il ne faudrait pas non plus mettre de côté trop rapidement les candidatures d'un John Edward (ancien co-listié de John Kerry en 2004)  

    Toujours en spéculant, il se pourrait bien que ce soit la deuxième option qui l'emporte. Barack Obama jouit, jusqu'à présent, d'une popularité grandissante chez les Démocrates et auprès des Américains dans leur ensemble. A 45 ans, ce diplômé en relations internationales (Université de Columbia) et en Droit (Harvard), fils d'un économiste d'origine kenyanne et d'une mère d'ascendance cherokee, est actuellement Sénateur de l'Illinois. Pour lui "Il n'y a pas une Amérique Noire, une Amérique Blanche, une Amérique Latino, une Amérique Asiatique, il y a les Etats-Unis d'Amérique" (discours prononcé le 27 juillet 2004 à la Convention démocrate de Boston et qui a suscité des réactions extrêmement positives). Il est également connu pour ses prises de position en faveur des droits des gays et des lesbiennes (malgré son opposition de principe au mariage homosexuel), ou pour avoir fait augmenter les fonds destinés à la lutte contre le SIDA.

    Jusqu'à présent, il s'agit d'un vent frais qui nous provient de cet état de l'Illinois. Mais  c'est bel et bien en ce jour du 10 février 2007, que Barack Obama  a monté dans le train qui va tout d'abord devoir le mener à l'investitude de son propre parti, contre une adversaire assurément tout aussi déterminée qu'il ne l'est lui-même, soit Hillary Rhodam Clinton....Une campagne à suivre à l'interne,  mais aussi à l'externe, où on assistera à celles, fort probablement  toutes aussi couvertes,  de John Mc Cain et de Rudy Giuliani, cette figure héroïque du 11 septembre si présente dans la psyché américaine, du côté républicain.  Et nous reviendrons assurément sur cette double investiture. Une campagne qui s'annonce plus qu'intéressante, une campagne incontournable...

    * "The Audacity of Hope: Thoughts on Reclaiming The American Dream" (2006)

     

    ...et nous suivons toujours...Allons voir un peu comment se dessine cette campagne américaine décidément beaucoup plus complexe que nous ne croyions...

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    Les présidentielles américaines : Obama...Clinton pour les Démocrates?  Mc Cain et Giuliani pour les Républicains?…Et Condoleeza Rice? Son nom a effectivement circuler. Rice contre Hillary? Hillary contre Rice? Une hypothèse qui risque de n'être ...qu'une hypothèse...et d'ailleurs, jusqu'à présent, il n'y a  aucune indication pouvant nous permettre  de présumer que "Condi" viserait la présidence.  De plus, l'héritage de l'administration Bush envers laquelle elle n'a jamais tentée de se distance, serait difficile à défendre.

    John Mc Cain et Rudolph Giuliani se sont, quant à eux, élégamment bien distancés face à Bush. Ce qu'on peut constater jusqu'à présent:

    En ce qui concerne la course à l'investiture républicaine, on note que J. Mc Cain a un fond de capital énorme pour sa campagne (un atout appréciable!)…mais il n'en demeure pas moins, froidement dit,  un « perdant » (tout comme John Kerry face à G. W.Bush en 2004 et qui a sagement décider de ne pas briguer l'investiture démocrate). N’oublions pas que cette même investiture lui avait échappé aux mains de ce même Bush, avant les Présidentielles de 2000. Ce dernier avait été aussi loin que d’attaquer Mc Cain, un vétéran du Vietnam**, sur la dépression qui avait suivi sa longue captivité. ("Karl Rove", retenez ce nom, le " faiseur de miracles" en terme d'organisateur de campagne) Bush a bien su l’éviter cette guerre, grâce aux bons contacts de son père.

    Comme il reste du temps, les choses peuvent bien changer. Il faut voir ce qu’arriveront à faire les Démocrates au Sénat et à la Chambre, où à éviter le président Bush de faire. Mais pourront-ils empêcher l’envoi de nouvelles troupes en Irak? Les gens les ont élus pour ça. Car, ne nous le cachons pas, l'Irak sera un enjeu majeur en cette campagne présidentielle. Un très gros poids, donc, sur les épaules des Démocrates, surtout qu’en toute fin, le Président possède toujours son droit de veto. Il peut courcircuiter  toutes decisions prises par l'une ou l'autre de ces instances. Espérons que s’il le fait, les gens sauront reconnaître que les Démocrates n’avaient pas en main, même avec leur majorité à la Chambre et au Sénat, le pouvoir réel d’agir. Pour cela, ils devront être à la présidence...avec ou sans Hillary, avec ou sans Obama. Mais le parti démocrate présente d'étranges similitudes avec certains de nos bons vieux parties: beaucoup de tensions internes…du très bon terrain pour une opposition à la recherche de ses troupes...

    Imaginons donc un ticket "Clinton-Obama".  Deux étoiles peuvent-elles se côtoyer de si proche? Imaginons alors une alliance McAin-Guliani afin de maintenir les Républicains en poste?  Nous suivrons...nous suivrons...

    Et les commentaires sont toujours les bienvenus

    ** "Faith of My Fathers": McAin, John (2000)

    08 February

    Bernard Drainville où l'éthique d'un journaliste

    Bernard Drainville où l'éthique d'un journaliste
     
     
    C'est la première fois, je crois, que je touche au domaine de la politique québécoise. Le pourquoi? Peut-être que parce que mon cheminement a fait que j'ai été en contact avec un certain nombre de ses membres et que je me sentais mal avisée de m'aventurer sur ce terrain. Mais, parfois, il n'est pas mauvais de s'écarter de sa propre ligne droite...
     
    Bernard Drainville, un journaliste de Radio-Canada, sans reproche, avec une fiche de carrière bien propre : On peut se rappeller, entre autre,  son reportage sur le laxisme en matière de sécurité sur les grands barrages d'Hydro-Québec, présenté sur les ondes de Radio-Canada où on voyait justement le journaliste pénétrer sans difficultées apparentes, les installations d'Hydro-Québec sur la Côte-Nord. Un document qui en avait fait réagir plus d'un.
     
     
    Donc, un homme de 43 ans qui décide de réaliser "le rêve de sa vie" en faisant le saut en politique. Les "cris et chuchotements" débutent rapidement. Par l'entremise de l'épouse de M. Drainville,  Jacques Parizeau, le grand "Timonier " du Parti Québécois,aurait proposé le comté de Joliette, ce que M. Drainville, pour des raisons qu'on ne connaît pas, (et il s'agit peut-être là, de l'endroit où le bât blesse), refuse. Ayant apparemment refusé ce comté, M. Drainville a poursuivi son travail de journaliste en effectuant une entrevue assez musclée avec André Boisclair, le samedi matin...pour accepter l'investiture du comté Marie-Victorin le mardi suivant.  Manquement à l'éthique journalistique? Le journaliste du samedi était-il en fonction ou en période de négociation lors de l'interview réalisée avec le chef de l'opposition?
     
    Il y a des zones d'ombres, et nous ne pouvons pas nous permettre de douter des motifs idéalistes de M. Drainville. Mais  cela suffit-il pour entacher une candidature, qui en soit, est assurément intéressante pour le Parti Québécois?
     
    L'entrée en scène a peut être dérapée...N'en demeure-t-il pas moins que ce seront les électeurs du comté de Marie-Victorin qui auront le mot final face à cette candidature....n'oublions jamais la force de la démocratie......
     
     Voir le diaporama no 23: "Bernard Drainville, du journalisme à la politique: un Tango pas facile à suivre"
    04 February

    "Les Bienveillantes": A lire ou ne pas lire....?

    "Les Bienveillantes" de J. Littel: à Lire ou ne pas Lire...?
     
     
    L'ouvrage est plus qu'impressionnant: Mentionnons simplement qu'il s'agit là de la première oeuvre écrite par un jeune homme d'à peine 40 ans, d'origine américaine, mais résidant à Paris et qui a décidé d'écrire son roman dans la langue de Molière:...Déjà surprenant en soi! De plus, l'ouvrage en impose par sa  grosseur: 894 pages dans sa version originale française chez Gallimard. Son sujet, en lui même ne peut que susciter la controverse: "N'écrit-pas sur l'Holocauste qui veut?  Une brique de presque 900 pages, qui rapporte  la vie quotidienne, d'un haut-supérieur nazi, le docteur Aue, chargé de différentes missions aux cours des années 1939-1945....Ce personnage tient un journal personnel, qui décrit avec la minutie d'un horloger, la routine quotidienne d'un dirigeant SS dans le cadre de ses différentes fonctions dans ces Eintzapgruppens, ces troupes de chocs disséminées sur le territoire russe et dont le but ne consistait qu'à l'élimination purement et simplement de la population juive locale, hommes, femmes, enfants...Les descriptions sont insoutenables, mais tout aussi intolérable, finit par devenir ce ton inexpressif, ces émotions économes de la part du narrateur...
     
    Littell: C'est le "Fordisme", la tâche découpée en petites portions, où chaque opérateurs n'a qu'une vue limité de l'ensemble de l'action, où aucun de ces opérateurs ne s'avère indispensable.
     
    C'est la ligne de montage avec ses quotas, sa production...peu de place pour l'émotion: Ne disait -on pas aux tout nouveaux: " Votre premier juif sera le plus difficile, votre dixième certes autant...mais votre millième, votre dix millième...vous n'y penserez même plus"
     
    Littell: C'est la "banalité du mal" comme l'a si bien défini Annah Arentd, dans "Eichmann à Jérusalem". Dans toute cette chaîne d'événements qui ont fait l'holocauste, le plus terrible est bien de voir que les perpétreurs, les bourreaux, et les gens autours, ont des allures de petits fonctionnaires effacés. Nous aurions bien aimé pouvoir nous distancer de ces gens , ne serait-ce que par une apparence différente, terrifiante...Mais non, ces gens ressemblaient en fait à nous tous...Et c'est aussi ce qui rend le lecteur mal-à-l'aise. Si semblables, ne serions nous pas tous , dans ce cas, fait du même moule? Et la désagréable question " qu'aurais-je fait?" ne devient-elle pas
     justement , encore plus désagréable?
     
    Littell a repris avec élégance, et sous forme de roman, les données de Raul Hilberg, avec sa colossale étude de " La Destruction des Juifs de l'Europe de l'Est de 1933à 1945", où se retrouvent les grattes-papiers d'un système de destruction de niveau industriel, les aiguilleurs de chemins de fer, les opérateurs, les petites secrétaires qui remplissaient les formulaires contenant les rations alimentaires administrées dans chaque camps, les collecteurs qui se chargeaient avec diligence de recueillir l'argent des juifs pour assumer leur transport par train vers un camps d'extermination, un ticket allez-simple, vous l'aurez assurément deviné! Le juif payait pour sa propre anihilation. L'efficacité allemande dirions-nous.
     
    Il s'est aussi inspiré de cet incontournable ouvrage de Christopher Browning : "Ordinary Men: Reserve Police Battalion 101 and the Final Solution in Poland". Ce document nous décrit justement la routine de ces Einszapgruppen A B C et D , déployés en Europe de l'Est avec comme mission, l'extermination de toute la population juive. L'accès à "ces hommes ordinaires" par le biais de leur correspondance, de leurs confidences...
     
    "Les Bienveillantes" mérite d'être lue, très certainement...mais encore là, l'ouvrage, comme tant d'autres, n'arrive pas à "expliquer" cette "incongruité" dans le long parcours de l'humanité. 
     
     
    Voir diaporama no 21: Littell: lire ou ne pas lire?
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
     
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