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    30 December

    Saddam Hussein: Chronique d'une mort annoncée

     
     
    Saddam Hussein: Face à son destin, plus tôt que prévu? Une histoire en développement:
     
     
    Vendredi, le 29 décembre 2006
    15 heures, Montréal, Canada
    23 heures, Bagdad, Irak
     
    C'est avec une certaine surprise, que des millions de personnes ont appris, en ce vendredi du 29 décembre 2006, l'imminence de l'application de la sentence de mort, prononcée contre le dictateur irakien, son demi-frère Barzan El-Tikriti (ancien chef des services de renseignements) ainsi que l'ancien président du tribunal révolutionnaire, Awad al-Bandar, tous condamnés à la pendaison, le 5 novembre dernier. Confirmée par  l'instance suprême du pays, le 27 décembre, l'application de la sentence devait avoir lieu dans les 30 jours suivant cette confirmation. C'est donc avec étonnement que nous avons aussi compris, que les Américains avaient remis Saddam Hussein entre les mains des autorités irakiennes, un signe qui,effectivement semble confirmer les diffférentes informations provenant d'Irak.
     
    Si nous nous fions aux lois irakiennes, certaines actions peuvent être entreprises, d'autres non.
    En ce qui concerne une exécution, comme mentionné plus haut,  la règle du 30 jours débute dès que la sentence se voit maintenue. Les paliers d'appel sont limités et il n'existe pas en Irak de prisonniers attendant leur exécution depuis 10, 20 ans, comme on peut retrouver dans les différentes "ailes de la mort" des prisons américaines. A ce niveau-là, il n'y avait aucune chance que l'application de la sentence puisse dépasser le 26 janvier 2007. En fait, il semblerait que la date du 7 janvier 2007 aurait préalablement été sélectionnée. Pourquoi cette soudaine urgence? Si la justice irakienne tient à opérer dans les règles, Saddam Hussein devrait être exécuté, au plus tard à 23h55 ce soir. Car la loi justement interdit les exécutions les jours de fête. Or, à minuit, la fête islamique de Aïd al-Adha (la Fête du Sacrifice) débute. Plus précisément, samedi pour les sunnites (groupe à lequel appartient Saddam Hussein) et dimanche pour les chi'ites. Cette célébration a une durée de 6 jours et ce sont 6 jours fériés. Afin de contourner cette règle, il faudrait que les autorités irakiennes parviennent à obtenir, de la part de l'establishment religieux une "fatwa" qui lèverait exceptionnellement cette interdiction et permettrait l'application de la sentence.
     
    Selon les différents rapports nous parvenant, l'échafaud serait déjà installé et les documents administratifs, confirmant l'exécution, complétés et signés. Mentionnons que Saddam Hussein, dû à son ancien titre de chef d'Etat, avait demandé le peloton d'exécution, mais cette demande avait été rejetée. Et c'est la pendaison, méthode généralement utilisée pour les prisonniers de droit commun, que le tribunal aura retenu (ici, on peut noter la similitude avec ce qui c'était produit lors du procès des criminels de guerre nazis, à Nuremberg, en 1945, où le maréchal Goëring s'était vu refusé la même demande).
     
     
    18 heures, Montréal
    01 heures, Bagdad
     
    Les rapports conflictuels nous parviennent. Selon certains, l'exécution aurait lieu à 22 heures (heure de Montréal), ce qui signifie aux alentours de samedi, le 30 septembre, vers les 6 heures du matin (heure de Bagdad). D'autres sources indiquent que l'exécution serait appliquée après la fin de semaine. Il apparaît aussi fort difficile de connaître le lieu de détention de l'ancien dictateur, une rumeur circulant à l'effet que Saddam Hussein, pour raisons de sécurité, aurait été remis aux forces américaines. Les rues de Bagdad, jusqu'à présent, ne semblent pas plus agitées qu'à l'ordinaire. Car il faut le reconnaître : l'exécution du dictateur n'aura que peu d'impact dans la situation actuelle de l'Irak qui vit une véritable guerre civile entre 2 factions d'une même religion: soit les Chi'ites et les Sunnites. Dans ce bain de sang et de violence quotidienne, il n'est pas certain que les irakiens auront la tête à la réjouissance. Mais les forces américaines sur place se préparent malgré tout à la possibilité de débordements et d'explosions de violence dans les différents quartiers de la ville. Ainsi donc, il faudrait sérieusement considérer une exécution imminente, si on se fie à toutes ces mesures en cours, comme le souligne M. Sami Aoun , professeur de sciences politique à l'Université de Sherbrooke et spécialiste des questions arabes.
    La chaîne d'information CNN, quant à elle, mentionne que le juge de la Cour d'appel irakienne aurait confirmé cette exécution dans les heures à venir.
     
     
     
    20 heures : Montréal
    04 heures : Bagdad
     
    Effectivement, Saddam Hussein semble être entre les mains des américains pour des raisons de sécurité. Son transfert devrait s'effectuer peu de temps avant l'exécution, et ce transfert serait assuré par les forces irakiennes elles-mêmes.
     
    Ce qui est dommage, dans toute cette hâte de clore le dossier "Saddam Hussein", est que ce dernier ne subira pas le deuxième procès pour "crimes contre l'humanité", celui qui avait trait aux massacre des Kurdes dans les années 80, et qui, dans les faits était le procès que bon nombres d'irakiens attendaient. Pour les Kurdes, il s'agit là d'une profonde déception. Certe, l'accusation de torture, déportation et exécution de 550 habitants du petit village chi'ite de Dujail ne doit être minimisée. Mais la campagne de Anfal visant à déplacer la population kurde du nord de l'Irak où elle vivait ne devrait l'être aussi. L'éviction, la démolition de maisons, la séparation des familles furent des méthodes largement utilisées par les troupes de Saddam. L'exécution des hommes et l'abandonnement des femmes et enfants ont entraîné malnutrition et mort : on a estimé à 182 000 le nombre de personnes disparues. Du point de vue des kurdes mais aussi de la communauté internationale, il s'agit là de crimes majeurs, de "Crimes contre l'Humanité" tel que définis par la "Convention de Genève". Saddam Hussein mort, fort malheureusement ce deuxième procès, déjà en cours, faute de la présence du principal témoin, a de fortes chances de ne jamais voir sa conclusion.  Mais ce procès aurait aussi eu comme effet de mettre en lumière la collaboration des américains avec l'ex-dictateur au cours de la guerre contre l'Iran (1980-1988). Car, tout comme en Afghanistan, les dirigeants américains, suite au renversement  du Shah D'Iran et à l'instauration du régime islamique de l'ayatollak Komeyni, ont vu en Saddam Hussein leur allié dans un monde arabe, en grande majorité hostile aux E-U...et n'ont eu aucune hésitation à fournir armes, plans d'usines pour la fabrication de bombes chimiques. Serait-ce l'une des raisons qui ont mené à l'accélération des procédures d'exécution? 
     
     
    22 heures: Montréal
    06 heures: Bagdad
     
    Aucune confirmation de la part de nos médias. Aucun communiqué de presse. C'est Al Arabyia, une station  émettant à partir de Dubaï, qui semble être la première chaîne à confirmer  l'exécution de l'ex-dictateur vers les 06h05, samedi matin.
     
    D'autres médias irakiens indiquent que Saddam Hussein a été exécuté.  Par compte, la date d'exécution de ses co-autres accusés, soit Banzar el Tikriti et Awar el-Bandar, est repoussée de façon, à rendre historique cette journée du 29, cette journée où l'Irak aura vu disparaître le dictateur qui l'a gouverné d'une main de fer durant plus de trentes ans.
     
    Al-Hurra (chaîne arabe, opérée avec les E.U.) confirme l'exécution de Saddam Hussein, à 22h05 (heure de Montréal), soit 06h05 (heure de Bagdad). Et l'un des avocats de la défense, a lui-aussi rendu public le décès de l'ex-dictateur.
     
    Bon nombre de petits détails vont probablement émerger progressivement: Le dernier repas, le comportement de l'ex- dictateur, ses derniers mots...Regrets? Défiance? Indifférence?. Il en sera de même avec les photographies prises, les vidéos...et bon nombre de ces documents seront très certainement graphiques, probablement dérangeantes...et fort probablement mis en ligne le plus rapidement possible. 
     
    Conclusion personnelle
     
    Saddam devait-il être jugé? Bien entendu. Dans quelle juridiction? Par ses pairs en Irak?  C'est ici que je ne peux m'empêcher de me sentir inconfortable avec ce choix. Par la magnitude de ses actes de guerre, l'ex-dictateur aurait dû être jugé par le Tribunal International de la Hayes. Tout d'abord pour donner une crédibilité à tout le processus juridique. Plusieurs ne peuvent s'empêcher de voir dans ce procès, dans cette exécution précipitée, la présence américaine en arrière plan. En second lieu, parce que des crimes prenant des airs de génocide se doivent d'être jugés par des instances compétences, dont la neutralité, l'autorité morale ne font pas de doute, et qui sont reconnues par la communauté internationale. Le Tribunal de la Hayes est l'instance qui devrait conduire de tels procès.
     
    En ce qui concernent les explosions de violence, les rues à feu et à sang que certains commentateurs de nouvelles prévoyaient...eh bien, jusqu'à présent, ce 30 décembre 2006 n'est que la poursuite de cet enfer quotidien auxquels sont plongés, depuis le 6 avril 2003, (soit l'invasion de l'Irak par les troupes américaines), les irakiens. 
     
    Les informations mentionnées tout au long de cet article proviennent des principales sources suivantes: Site internet d'Al Jazeera, d'Al Arabya, de CNN (en ligne et télévisé) et ont été recueillies au fur et à mesure qu'elles sortaient. Il est donc fort possible que dans les jours qui suivent, d'autres versions émergent.
     
    Voir le diapora no 16 : Saddam Hussein devra faire face à son destin
     
    27 December

    La route vers les Oscars 2007

     
     
    2007: Petit guide perso pour les Oscars
     
     
     
    I- Petite intro générale:
     
    La petite statuette dorée: Récompense ultime pour toute l'industrie cinématographique. Pour toute? En fait, pas vraiment, car il nous faut le dire, certains types de film n'ont que peu de chance de se voir en liste dans les 2 plus importantes catégories, soit celle du "meilleur film de l'année", et du "meilleur directeur de l'année". Certe, il arrive qu'à l'occasion, se faufile un intru: 1976 "Rocky", film "sportif", ou 2005 "Le retour du Roi"(le dernier de la trilogie du "Seigneur des anneaux", film fantastique. En effet, les membres de l'Académie semblent obéir à un ensemble de règles non écrites mais qu'il nous est possible de déduire au fils des ans:
     
    - Les comédies, les films de "sport", ceux de science-fiction accèdent difficilement aux 2 catégories citées plus haut;
     
    - Le succès populaire n'est pas un critère de sélection par l'Académie (quoique ces derniers 10 ans, on a pu remarquer un certain impact provenant justement du box-office. Sans diminuer la valeur des ces deux films, "Titanic" (1997) et "Le Retour du Roi" (2005)  ont bénéficié de leur succès commercial;
     
    - Le succès d'estime provenant des critiques demeure le critère le plus assuré pour l'obtention d'une nomination;
     
    - Parfois, il est impossible pour les membres de l'Académie d'ignorer la force de certaines réalisations. Par contre, être en nomination ne signifie nullement que tous les films sont à égalité sur la ligne de départ  (1993: "La Liste de Schindler" de Steven Spielberg contre "La leçon de piano" de Jane Campion);
     
    - Se rappeller que les nominations des Golden Globe awards (récompensant à la fois les réalisations cinématographiques "grand écran" et les productions télévisuelles), généralement annoncées à la mi-décembre (cérémonie officiellele 15 janvier) auront de fortes chances de se voir également sélectionnées par les membres de l'Académie(annonce officielle le 23 janvier 2007);
     
    - Malgré l'augmentation des différents médias, l'ouverture vers le monde, la diffusion internationale des productions cinématographiques provenant de l'extérieur des Etats-Unis, il n'en demeure pas moins que les gagnants du "meilleur film de l'année" et  du "réalisateur de  l'année" sont, à de rares exceptions, des productions américaines. D'ailleurs, les membres de l'Académie pourront toujours soulager leur conscience artistique en refilant dans la catégorie "Meilleure production étrangère" les films  étrangers incontournables (1997: "La vita è bella" (la vie est belle) de Roberto Benigni et fort probablement ce qui attend Pedro Almodovàr avec "Volver" cette année); 
     
    - Et, chuut...ne jamais confirmer ou nier l'existence de ces règles!!...Et ne dites pas que je vous l'ai dit!
     
     
    II- Vous souvenez-vous?
     
     
    Forrest Gump?  The English Patient? Titanic? Schindler's List? The Silence of The Lambs?
    Rain Man? 
     
    Oui, ces films ont tous remporté l'Oscar du meilleur film. Mais quand au juste?  Voici une petite liste des gagnants des 20 dernières années, question de se rafraîchir un peu, et de se rappeller quelques  bons souvenirs...un peu de nostalgie en prime!
     
     
    1987:  Platoon (Oliver Stone): La guerre du Vietnam avec un Charlie Sheen plein de promesses...et qui va mener, en 1989 à cette autre forte production de Stone: "Born on The Fourth of July"
     
    1988:  The Last Emperor (B. Bertolluci) : La vie du dernier empereur de Chine, de son
    enfance dans une Chine encore ancienne, ébranlée par les pressions internes et externes  de la modernité jusqu'à la fin de sa vie, comme simple citoyen dans la "nouvelle Chine" communiste de Mao. Images fabuleuses, trame musicale exceptionnelle, destin extraordinaire.
     
    1989:  Rain Man (Barry Levinson): Les tribulations de deux frères qui se retrouvent suite au décès de leur père. Raymond Babbit (Dustin Hoffman) est atteint d'une forme d'autisme que les Anglais nomment "savant form of autism" et vit en institution depuis de nombreuses années. Il hérite soudainement de la majorité de la fortune accumulée par son père...mais la famille Babbit comptait un autre enfant, Charlie. Ce dernier n'entend pas se voir privé d'un legs qui lui revient. A la fois "Road Movie"  et drame "psychologique", qui peut oublier l'hallucinante interprétation de Dustin Hoffman.
     
    1990:  Driving Miss Daisy (Bruce Beresford): Les relations entre une vieille dame bien nantie et son chauffeur, un afro-américain dans le Sud profond de l'Amérique.Peut-on transcender le racisme latent souvent présent dans ces états du Sud?
     
    1991:  Dances with wolves  (Kevin Costner): Alors que se termine la Guerre Civile américaine, l'épopée d'un soldat au travers sa découverte des populations amérindiennes, de leurs coutumes, leurs liens envers la nature...et l'injustice avec laquelle ils sont traités par les autorités gouvernementales. Le premier film à teneur environnementaliste.
     
    1992:  The Silence of The Lambs (Jonathan Demme): Une apprentie "profiler" du FBI se
    retrouve à la poursuite d'un tueur en série, Buffalo Bill et devra, pour poursuivre cette enquête, tenter d'obtenir l'aide du plus brillant, manipulateur, psychopathe "serial killer" jamais vu, soit le Docteur Hannibal Lecter. Il détient des pistes d'information ..Clarice ne possède que cette obsession de parvenir à résoudreces meutres.  Une étrange relation s'établit progressivement entre les deux. Vous rappelez vous de cette phrase d'Hannibal Lecter concernant ses types de plaisir: "I ate his liver with a nice Chianti...ssssss" . Performance intense de Jodie Foster...Quand à Anthony Hopkin...égal à lui-même, c-à dire, impeccable.
     
    1993:  Unforgiven (Clint Estwood): Film de cowboy nouveau genre, où un ancien "chasseur de prime" reprend du service au décès de sa femme. Nous sommes loin ici de ces productions avec tirs de fusils et galops de chevaux. Avec ce film plutôt étonnament introspectif, Estwood venait de passer dans les "ligues majeures".
     
    1994:  Schindler's list (Steven Spielberg): Profiteur, séducteur, dépensier, l'Allemand
    Oscar Schindler utilise sans vergogne la main-d'oeuvre juive afin d'opérer son entreprise d'émaillage...Progressivement, il se voit confronter aux traitements inhumains subies par la population juive...et entreprend de protéger "ses" travailleurs, ceux qui se retrouveront sur cette fameuse "liste de Schindler". C'est un film "coup de poing", mené d'une main de maître, sur un sujet  (l'Holocauste) extrêmement difficile à traiter, et si facilement sujet à la controverse. L'utilisation de la technique du noir et blanc ne fait qu'accroître l'efficacité du message.Cette fois-ci, les membres de l'Académie ne pouvaient ignorer la production de Steven Spielberg. Et je dois admettre qu'il s'agit d'un de mes films préférés. Ici aussi, il faut retenir la qualité de la trame sonore de John William.
     
    1995:  Forrest Gump (Robert Zemeckis): Possiblement l'un des films les plus appréciés par bon nombre de gens. Forrest Gump n'était peut-être pas vraiment intelligent mais d'une façon accidentelle, se retrouve présent dans les plus  grands moments historiques américains. Mais ce que Forrest Gump recherche est cette amie qu'il avait depuis son enfance. C'est un voyage d'une quinzaine d'années, du mouvement hippie, de la guerre du Vietnam, de l'émergence du phénomène disco. Trame sonore entraînante, avec ces souvenirs que sont le "California Dream" des Mama's and the Papas, le "Break on through to the otherside" des Doors,  jusqu'à le "Last Dance" de Donna Summer.
     
    1996:  Brave Heart (Mel Gibson). Film à caractère historique. Le combat de William
    Wallace, au XIIIe siècle, qui parvint à unifier les Ecossais afin de déloger les Britanniques ainsi que leurs lois qui sévissaient depuis trop longtemps. Flamboyant, avec beaucoup de batailles, beaucoup de sang. On peut voir se dessiner le Mel Gibson de la "Passion"et d' "Apolycapto" où le souci du réalisme, dans  les différentes scènes de combat, pourrait presque apparaitre discutable.
     
    1997:  The English Patient (Anthony Minghella). Une histoire d'amour dans le contexte difficile de la 2ième Guerre Mondiale. Une jeune infirmière se voit confier la tâche de veiller sur le survivant d'un écrasement d'avion, grièvement brûlé. C'est par petites touches que le cinéaste nous dévoile l'histoire de cet homme, l'amour exceptionnel qu'il aura vécu avec une anglaise déjà mariée. Dans la tourmente, les règles se brisent, les contraintes d'ordre moral ne tiennent plus et rien ne semble pouvoir retenir ces deux personnes...Amour-passion: ces mots qu'on associe facilement, possèdent la puissance d'une vague de fond...mais qui, inéluctablement finit par s'écraser sur la rive, vidée, brisée...Et je ne saurais encore une fois oublier de souligner la qualité de la trame sonore, qui suit avec efficacité les drames, les plaisirs, les peurs des protagonistes: Une harmonie quasi-fusionnelle entre le son et l'image.
     
    1998: Titanic (James Cameron). Que dire sur ce film qui a brisé d'inombrables records? Qui ne connait pas l'histoire de Rose et de Jack, avec en arrière plan le destin tragique du Titanic? La reproduction infographique du navire, la fidélité du scénario basé sur l'ouvrage de Walter Lord (A Night to Remember), un classique en son genre. Et, je ne sais pas si certains d'entre vous l'auront remarqués: A partir de la collision du Titanic avec l'iceberg, le cinéaste a tourné en "temps réel", ce qui signifie que la série d'événements tels que présentée par James Cameron, reproduit quasi minute par minute les événements tels qu'ils se sont produits en cette fatale nuit du 14 avril 1912 .
     
    1999: Shakespeare in Love (John Madden). Une comédie sur la plus grande histoire d'amour qui a failli ne jamais être. Un jeune William Shakespeare, à court d'idées, découvre l'amour fou, l'amour impossible, l'amour sacrifié...et parviendra à écrire une des pièces les plus connues au monde: "Roméo et Juliette". Mais la lutte, cette année-là,  fut extrêmement serrée avec une production britannique "Elizabeth" (Shekkar Kapur) mettant en vedette Cate Blanchett ...et Joseph Fiennes (qu'on retrouve dans les 2 réalisations). Ce drame historique se déroule au même moment que le film gagnant. Et personnellement, je dois admettre que je favorisais "Elizabeth" comme "meilleur film de l'année". Mais le réalisateur, Shekkar Kapur a décidé de poursuivre, dans une seconde production "The Golden Years" la suite du destin de cette Elizabeth 1ère, toujours avec Cate Blanchett dans le rôle titre. Le tout devrait sortir en salle au cours de l'année 2007.
     
    2000: American Beauty (Sam Mendes).
     
     
    2001: Gladiator (Ridley Scott) Qui l'aurait cru! Le retour du film péplum, mais cette fois-ci dangereusement efficace. Une reconstitution du colisée de Rome absolument impressionnante avec un Russell Crowe qui, soyons honnête, aura énormément contribué au succès du film...mais méritait-il l'Oscar de la "Meilleure Interprétation Masculine"?
     
    2002: A Beautiful Mind  (Ron Howard) La vie de l'économiste John Nash, un génie dans son domaine, capable de résoudre des opérations mathématiques d'une complexité que les plus grands esprits ne parvenaient à saisir et sa lutte contre la schizophrénie qui avait rendu sa vie cauchemardesque jusqu'à la récompense ultime, soit le prix Nobel d'économie. Et, je crois personnellement, que c'est ce rôle qui aurait dû récompenser l'extraordinaire travail de Russell Crowe.
     
    2003: Chicago  (Rob Marshall) La version filmée de la célèbre comédie musicale
     
    2004: Lord of the Ring: The Return of the King  (Peter Jackson) La conclusion de cette épopée en trois volets. Cet Oscar récompensait certe ce film mais aussi la gigantesque production qui totalise au total plus de dix heures de visionnement.
     
    2005: Million Dollard Baby  (Clint Eastwood) Un entraîneur désabusé accepte d'entraîner une tenace jeune femme qui tente d'établir sa réputation en tant que boxeuse. Derrière son silence se cachait son passée, au delà de leur cheminement, l'amour inconditionnel. Ce film a peu de dialogues, comme nous a habitués Clint Eastwood dans ses réalisations, mais il porte en lui émotion, courage, où les sentiments passent par des regards, des petits gestes...et son impact est violent. Oscar que je considère plus que mérité.
     
    2006: Crash  (Paul Haggis) Deux jours à Los Angeles où se côtoyent différents groupes ethniques dont les destins s'entremêlent de manière imprévue.                                  
     
     
     
     
     
     
    III- Les aspirants 2007
     
     
    Une année 2006 qui, au départ, ne semblait pas offrir de grandes perspectives, s'est transformée. Et la course pour la catégorie du "meilleur film" risque d'être beaucoup plus relevée que ce qu'on aurait pu s'y attendre. Comme les nominations ne seront annoncées que le 23 janvier 2007, nous ne faisons finalement que présumer, en se basant sur les critiques provenant de 8 organisations: New-York, Los Angeles and Broadcast Film critics; American Film Institute ; le Boston, Washington DC, and New-York online critics de même que le National Board of Review. En 2005, les prévisions de ces 8 organisations concernant la liste des 5 meilleurs films de l'année, se sont avérées étonnamment justes. Cette année, par contre, il semblerait y avoir plus de dissension, ce qui rendra la tâche des membres de l'Académie assurément plus compliquée.
     
    Premier constat: Clint Easwood (déjà "oscarisé" avec "The Unforgiven"(1993), "The One Million Dollard Baby (2005) a de forte  chance de faire une autre fois "la liste" avec non pas un seul film mais deux: "Flags of Our Fathers" (drame de guerre) et le tout récent "Letters From Iwo Jima" (la suite, en quelque sorte du premier).Ces deux films présentent la vision que les soldats ont de cette bataille. "Flags Of Our Father s'attarde sur la bataille d'Iwo Jima d'un point de vue américain, tandis que "Letters from Iwi Jima" nous offre la vision des japonais face à la même situation. Ces deux productions savent nous émouvoir. Et Clint Easwood, comme à son habitude, n'en rajoute pas: Sobriété, sensibilité et un superbe casting.
     
    Autre forte probabilité: "Babel"(Alejandro Gonzalèz-Innaritu: La tragédie qui frappe un couple en voyage au Maroc, mettant à jour les relations complexes de six autres familles, avec un Brad Pitt étonnant, et une Cate Blanchett égale à elle-même) et "Miss Sunshine"(Dayton et Arnd) qui pourraient eux-aussi "faire la liste".
     
    Un choix qui pourrait en surprendre plusieurs serait celui de "United 93". Ce film dit "en temps réel"  nous fait revivre les événements s'étant déroulés ce matin du 11 septembre 2001 à l'intérieur de l'appareil où les passagers ont tenté de prendre contrôle de l'appareil, faisant du vol 93, le seul appareil n'ayant pas atteint sa cible. Une production quasi-documentaire, sobre, efficace, émouvante justement grâce à la retenue qu'a privilégiée le réalisateur Paul Greengrass. Et il est fort possible que ce soit justement un certain manque de retenue dans le "World Trade Center" d'Oliver Stone qui aura éloigné sa candidature dans le top 5 des meilleurs films de l'année.
     
     
    La liste  des "perdants" présumés a, quant à elle,  aussi fait son apparition. "The Good Shepperd" ( les débuts de la CIA) ne semble guère avoir impressionné les différents critiques citées plus haut. La même chose en ce qui concerne  "The Good German" (Steven Soderbergh), "Bobbie" (Emilio Esteves) sur les dernières heures de Robert Kennedey, avant l'annoncement de sa candidature pour les présidentielles américaines. "To Catch a Fire" , un fim traitant de l'apartheid; et la grande déception, "World Trade Center" (Oliver Stone) qui suit le parcours de deux pompiers se retrouvant coincés dans les débris des Tours suite aux attaques terroristes. Du ton revendicateur, critique auquel Stone nous aura habitués, il a choisi ici les bons sentiments, le patriotisme, un soupçon de religion...Dépaysant!
     
     
    D'excellents films, pour des raisons qu'on ignore, ne semblent pas encore avoir suscité l'excitation des médias dans ce processus de sélection. Mentionnons "Dreamgirls" (Bill Condon: sur la carrière du groupe "The Supremes"), "The Queen" (Stephen Frears: Sur les heures et jours suivant le décès de lady Di), "The Departed" (Martin Scorsese: L'infiltration de l'académie de police du Massachusset par de jeunes mafiosis irlandais...de même que l'infiltration de cette même mafia par de jeunes policiers) "Sophie Scholl: Les Derniers Jours" (Marc Rothemund: Véritable devoir de mémoire, c'est le destin tragique d'une jeune résistante allemande de 21 ans dans l'Allemagne nazie)...et "Borat" (Larry Charles): Mais comment qualifier ce film mettant en scène l'inénarrable Sasha Baron Cohen? Irréventieux, raciste...et follement amusant? Mais pouvant obtenir une nomination???
     
    Comme mentionné plus haut, certains films pourront être présentés dans la catégorie du "Meilleur Film Etranger", augmentant ainsi leur chance de remporter une statuette. Ce sera sûrement le cas de "Volver" (Pedro Almodovàr, Espagne), et peut-être aussi de "Sophie Scholl: Les Derniers Jours" (Marc Rothemund, Allemagne)
     
    Ces quelques suppositions vont fort probablemen être modifiées. La remise des Golden Globe Awards, le 15 janvier saura assurément nous donner des informations  supplémentaires. En attendant, il n'en demeure pas moins amusant d'essayer de composer cette liste qui ne comptera, finalement à la fin, que cinq productions.
     
     
    J'aimerais maintenant vous présenter ma liste personnelle des dix meilleurs films de 2006:
     
    1- Babel
    2- Volver
    3- United 93
    4-5-  The Flags of Our Fathers/Letters from Iwo Jima
    6- The Queen
    7- Sophie Scholl: Les Derniers Jours
    8- The Departed
    9- Little Miss Shunshine
    10- Borat
     
    Bon cinéma à tous!!
     
     
     
     Voir le diaporama no 15: La course aux Oscars 2007
               
              
                 
            
    16 December

    Iran et la Shoah: Quelle discussion? ; Pinochet nous aura quitté, sans jugement... et sans regrets

     
    Iran et la Shoah: Quelle discussion?
     
     
    Afin de clarifier pour nous, cette sombre période que fut la Seconde Guerre Mondiale, le nouvel Ayatollah iranien, soit le Président  Mahmoud Amadinejad a décidé de tenir une conférence internationale, d'une durée de 2 jours  (soit les 11 et 12 décembre 2006), visant à faire la clarté sur la Shoah...En effet, qui de mieux que l'Iran, pays tout à fait absent lors de ces tragiques événements pouvait offrir une tribune neutre et ouverte sur une analyse profonde et sans préjugée concernant le génocide juif où toutes tendances allaient pouvoir être entendues?  Ainsi donc, il nous serait possible de voir, par exemple, un David Duke (ex chef du KKK américain)  confronter ses opinions avec un Elie Wiesel, survivant de la Shoah et  prix Nobel de la Paix? Et que pourrions-nous apprendre? Que les chiffres calculés par le professeur Raul Hilberg du nombre de décès de victimes juives (évalués selon lui à 5 100 00) n'étaient plus tout à fait exacts, qu'en fait, il s'agirait plutôt d'un nombre se rapprochant des 4 500 000...Rendu à de telles dimensions, que vient changer un million de morts de plus ou de moins: les négationnistes échangeront, alors entre eux, sur ces "erreurs techniques" qui, selon leur rhétorique, démontreront bel et bien que le génocide juif n'a jamais eu la magnitude que l'Histoire lui a accordée. Plus loin, l'argument qui relie l'existence de l'état d'Israël à la réalité de la Shoah, se présente comme suit: Si, on a  créé ce pays qu'est Israël sur sol arabe en réponse à l'extermination de ces juifs d'Europe, soit ce 6 millions de disparus , que se passe-t-il si on se rend compte que le génocide n'a jamais existé, ou que si "élimination" il y a eu, cette "élimination" a également touché d'autres groupes: tziganes, russes, homosexuels, etc...Un état israélien sur territoire arabe ne se justifie absolument plus....
     
    Ce  congrès fut, bien entendu, dénoncé tant par les européens, que les américains. Et bien entendu, Israël n'y a pas participé...
     
    Ce qui effraie dans tout cela, n'est pas seulement le fait  que l'on mette en doute une tragédie de l'Histoire, encore à ce jour, difficilement saisissable, mais que sous le couvert de cette activité internationale, continue à se développer encore plus, tous ces sentiments anti-juifs. Et je ne peux m'empêcher de faire le parallèle  avec une exposition  qui fut présentée à Paris, à l'automne 1941, sous la France occupée et qui s'intitulait: "Le Juif et la France". Sous une apparence de rectitude , on s'acharnait à démontrer l'infériorité de la race juive en terme génétiques, biologiques, sociologiques...De cette conférence en Iran, on ne tirera rien, si ce n'est la confirmation que pour bon nombre de personne, Israël est un pays à détruire.
     
     
     
    Pinochet nous aura quitté, sans jugement...et sans regrets 
     
     
     
     
    11 septembre....1973 . C'est le coup d'Etat au Chili. Augusto Pinochet renverse le régime socialiste de Salvador Allende. Ce dernier refuse l'exil. Il fait évacuer sa famille et les membres de son personnel et se suicide. Parler de Pinochet, c'est parler de dictature,  d'enlèvements, de torture, de ces caravanes de la mort( qui sillonneront , au lendemain du renversement d'Allende, les routes du Chili, éliminant les gens d'allégence  socialiste) ...Ce sont ces milliers de femmes qui marchent et demandent la libération de leurs maris, frères, pères...Ce sont ces milliers de cadavres empilés dans les entrailles du Stade National..."Hormann...Charles  Hormann", criait ce père américain, micro en main, à la recherche de son fils disparu...mais disparu pourquoi? Jeune journaliste qui avait fait le lien entre le coup d'Etat et la possible implication des Etats-Unis? Près de      3 000 disparus...Mais on ne disparaît pas comme ça: Qu'est-ce que cela veut dire "détenus disparus"? On en dénombre environ 957...Mais il est où le droit de parole? Pinochet:  ce sont tous ces journaux qui ont été bâillonnés, ces journalistes qui n'existent plus, ce discours unique...unique et statique.  Pinochet: ce sont  aussi ces manifestations populaires étouffées par l'eau, le gaz, c'est le visage mutilée d'une Carmen Quintana que les soldats ont arrêté, torturé...pour finalement l'asperger d'essence et y mettre le feu....75% de son corps de jeune fille brûlé....un vie qui bascule...des milliers de vies qui basculent...Justice! Justice!!....Non...Pinochet est mort. De jugement, il n'y en aura pas, sauf celui de l'Histoire. Des remords ou des regrets?...Nous allons fort malheureusement devoir nous en passer!  
     
     Voir album de photos : Iran et la Shoah: Pinochet
     
     
    08 December

    Pentagone nouveau genre?

    Pentagone nouveau genre?
     
     
    Suite aux élections mi-mandats du 7 novembre 2006, les américains et le reste du monde venaient de réaliser que bon gré, mal gré, leur Président allait devoir s'ajuster à ce nouvel environnement constitué d'une Chambre des représentants et d'un Congrès, forts différents de ceux de 2000 et de 2004.  Le départ de Colin Powell, en refusant de redemander un mandat à la population, aux dernières présidentielles,  nous a ouvertement indiqué que dans une période de guerre contre un ennemi difficilement repérable grâce à ses appuis et sa capacité de mouvance (le terrorisme)  et l'Irak, un pays de plus en plus déstabilisé, au bord du chaos, les "colombes", les modérés trouvaient difficilement leur place...Et bien vite, ces voix modérées se firent de moins en moins entendre. Celles qui sont parvenues, malgré tout, à émettre des commentaires sur une administration qui aurait dû, non pas simplement se comporter comme le leader suprême lors d'une situation de crise, mais plutôt présenter l'image d'un rassembleur. se retrouvaient souvent pris à parti par certains postes de télé: FOX, ou des interventions vitrioliques de la part d'un Rush Limbaugh. Le sénateur John McCain en sait quelque chose...et le comédien Michael J. Fox, tout autant.
     
    La politique américaine, peut, parfois nous sembler imcompréhensible: Rappelons-nous, aux Présidentielles de 2000: Al Gore, ancien colistier de Bill Clinton, allait affronter le Gouverneur du Texas, soit Georges Dubya Bush . Ce fut la débandade des "chad", ces petits morceaux de papiers qui constituaient la preuve qu'un votant s'était prévalu de son droit (chad, chad ballots). Dans l'État de la Floride ( où Jeb Bush, frère de l'aspirant président) ce fut la catastrophe: "disparition" de bulletins de vote , des votes par anticipation. On a donc demandé un recomptage, on a vérifié si ces fameux "chads" avaient bel et bien retiré du bulletin de vote...Bref, le désordre total. Et les Grands Electeurs ont tranché la question. La majorité dite "populaire" appartenaît à Al Gore. La majorité, selon le rôle de ces Grands Electeurs revenait plutôt à George W. Bush. En bref, pour la 3ième fois dans l'histoire des E-U, un président était élu non grâce au vote populaire mais à l'intervention du Collège électoral.
     
    Ainsi, après des rebondissements assez incroyables, Bush entre en fonction en janvier 2001. Il devenait ainsi le 23e président du plus puissant du monde.
     
    Dans une présidence qui débuta d'une façon plutôt ordinaire, les événements du 11 septembre 2001 allaient offrir à George W. Bush un nouveau rôle, celui du justicier, du punisseur, prêt à lutter  contre une organisation terroriste, El Quaida et son dirigeant, Oussama Ben Laden. Et ses remarques cinglantes à l'adresse de la communauté internationnale (if you are not with us, you are against us...we will catch these evildoers wherever they are...et le fort controversé: I want him dead or alive),si justement ont pu en choquer plusieurs, à l'intérieur de son propre pays, la cote de popularité du président n'avait jamais été aussi élevée.
     
    Des noms sont devenus familiers: Karl Rowes, l'orchestrateur féroce des campagnes électorales de 2000 et de 2004 des républicains, Paul Wolfowitz, (à compléter), Donald Rumsfeld.  Ce dernier, secrétaire à la Défense, responsable du Pentagone, était reconnu comme un "faucon", ayant des positions où se retrouvaient peu de place à la discussion. L'ouvrage "State of Denial", de Carl Bernstein, publié en août 2006 donne une image assez particulière de ce personnage, où tout devait passer par lui avant d'être transmis au Président, modifiant de façon majeure la traditionnelle ligne de commandement. Obsédé par le rôle capital qui devrait, selon lui, être attribué au poste de secrétaire à la Défense, Rumsfeld avait instauré un système extrêmement complexe de communication interne sous forme de "petites notes" (yellow post-it), qu'il faisait circuler dans les différentes instances du Pentagone. En voulant tout contrôler, Rumsfeld s'isolait de plus en plus, se radicalisant, devenant  ainsi de plus en plus l'image qui représentait l'enlisement des troupes en Irak. Sous des allures posées, ses assistants voyaient par moments des éruptions colériques, une impatience aggressive. Et s'il fut un geste qui surprit de plein fouet les électeurs américains, ce fut très certainement sa démission et son remplacement par Robert Gates (membre de la Commission Baker-Hamilton destinée à évaluer de nouvelles pistes de solutions face au bourbier irakien).
     
    Ces mi-mandats auront donc:
    - ramené les démocrates à la Chambre des représentants, au Congrès
    - possiblement joué un rôle majeur dans l'acceptation par le Président Bush de la    démission de l'un de ses plus fidèles alliés
    - permis d'espérer la réouverture de certains canaux de communication (les "evildoers" de G.W Bush suite aux événements du 11 septembre 2001: Iran, Irak, Corée du Nord...)
     
     
    Donc un Pentagone plus ouvert, prêt à  assouplir certaines de ses positions? Robert  Gates, nouveau secrétaire de la Défense, a bien fait savoir qu'il n'aurait pas intéressé par un poste où il n'aurait pu dire exactement ce qu'il pensait...tout en ajoutant que, bien entendu, c'est toujours le président "qui prend la décision finale".
     
    Emilyn Voir l'album photo qui va avec ce document: Pentagone nouveau genre?
     
     
     
     
    02 December

    10 novembre 2006: Elections mi-mandat états-uniennes : Que doit-on en penser?

     
    I- Elections mi-mandat
     
     
    7 novembre 2006:  Elections mi-mandat des Etats-Unis. Au cours de cette journée, selon la constitution américaine, le peuple tient entre ses mains le pouvoir de modifier totalement  le visage de la  Chambre des représentants (majoritairement républicaine depuis 1994). La totalité des ses membres sont mis au ballottage, soit les 435 membres de la Chambre. Anciennement, les sièges s'étaient répartis de la façon suivante: 230 républicains et 202 démocrates, ainsi qu'1 indépendant et 2 sièges non comblés. On comprend très le pouvoir que la Présidence pouvait exercer sur une Chambre des Représentants qui possédait cette majorité.
     
    Mais les élections mi-mandat visent aussi les membres du Sénat. Chacun des 50 états possède 2 sénateurs, pour un total de 100 au Congrès. Ces derniers sont élus pour une période de 6 ans.
    Mais à tous les 2 ans, 1/3 des sénateurs  (33%) devront se représenter devant les électeurs. On ne parle pas du renouvellement complet du Sénat mais de 50% de ce dernier. En 1994, la répartition se présentait ainsi: 55 républicains, 45 démocrates. En 2006, 33 sièges se trouvaient à être mis en jeu. Les résultats extrêmement serrés donnèrent la majorité aux démocrates: 51 contre 49. Les postes de gouverneurs, tout comme celui de la présidence sont élus aux 4 ans. De 28 républicains et 22 démocrates, la situation s'est tout simplement inversée: 28 démocrates et 22 républicains. 
     
    La présidence de George W. Bush, depuis le 7 novembre, ne pourra plus diriger le pays comme il l'a toujours entendu. Si sa prestation suite aux événements du 11 septembre 2001 lui avait permis d'atteindre des sommets de popularité inégalés, ou peu de gens osait s'opposer (La lutte au terrorisme était devenu le cheval de bataille de l'équipe Bush-Cheney-Rumsfeld, les "faucons", et de Powell, plutôt perçu comme une "colombe"), désormais, une attitude  plus conciliante allait devoir être de mise.
     
    De nombreuse analyses de ces mi-mandat ont été produites. Chose qui peut en avoir surpris certains:
     
    1-  La guerre en Irak ne fut pas la première raison invoquée par les voteurs. Les électeurs semblent s'être beaucoup plus préoccupés de la condition économique du pays, de la montée de pays comme la Chine, de la façon dont les E-U sauraient réagir face de tout nouveaux types d'économie.
     
    2- Par la suite, il y a eu ce questionnement de la présence des troupes américaines  dans cet enfer sans fin qu'est l'Irak. La population ne pouvait plus que constater l'embourbement de leurs soldats ou des centaines de morts (irakiens mais aussi américains) et se questionner sur la pertinence du déploiement de nouvelles unités.
     
    3- La corruption de plus en plus apparente dans le partie républicain: scandale financier (Karl Rowe), sexuel ( a rechercher le nom exact).
     
    4- A l'intransigeance de l'extrême-droite, ordinairement associée aux républicains.
     
     Ce 7 novembre, les américains ont lançé un message clair: Le temps du changement était arrivé
     
     
    II- Est-ce que la nouvelle majorité démocrate va changer quelque chose?.
     
     
    A premier abords, la question peut presque nous paraître inutile: Quoi, aux yeux de tous, aux yeux du monde entier, la débandade du parti républicain ne peut qu'être bien accueillie. En effet, un Georges W. Bush plus à l'écoute des demandes provenant de d'autres pays, semble être une image assez rassurante en soi: France, Espagne, Italie, Allemagne, Angleterre... en fait la communauté européenne dans son ensemble appréciera assurément une certaine ouverture au dialogue. Les années ayant suivi ce 6 mars 2003 (invasion de l'Irak par les américains dans le cadre d'une nouvelle stratégie, soit "la frappe préventive") avaient surtout assombri, démantelé un certain ciel diplomatique habituellement reconnu comme  favorable aux Etats-Unis. En 2006, les événements du 11 septembre 2001 possèdent toujours cet impact émotif chez les gens et nous avons pu le constater lors des commémorations du 5ième anniversaire de ces attentats cet automne. Mais 2006 nous confronte à de nouvelles réalités à potentiel de crise, de risque extrêmement élevés:  Iran, Corée du Nord, émergence de la Chine (non pas d'une Chine simple productrice de biens pour de grandes entreprises étrangères mais de la Grande Chine, possédant un potentiel économique et humain extraordinaire), imprévisibilité des décisions de la Russie (pays qui porte lui-aussi cette image de pouvoir, de grandeur déjà vécues), terrorisme local, international, nucléaire, et j'en passe. Le parti démocrate se retrouve exactement au même endroit que celui des républicains. Saura-t-il être suffisamment uni pour "contraindre" le président Bush à ouvrir un premier front de discussion avec Mahmoud Ahmedinejab, le radical président de l'Iran, avec Kim Il Sung de la Corée du Nord, un des pays les plus hermétiques au monde, avec la Chine, la Russie, etc...Et si je pouvais offrir mon interprétation face à tout cela... Ce changement de régime devrait être positif pour la population américaine, mais en n'oubliant jamais que la Présidence possède toujours son droit de veto sur toutes questions jugées essentielles pour son pays....Ma question: Jusquà quand....mais surtout, à quel prix...
     
     
     
     Voir le diaporama qui va avec ce texte.