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31 October Emission no 4: La boulimie (2e partie)
La Boulimie (2e partie)
Très souvent, la boulimique aura déjà connu un épisode anorexique. Puis, un jour, par hasard, la jeune femme découvrira qu’elle a une certaine facilité à provoquer les vomissements. En ce qui me concerne, je me souviens exactement comment cela s’était passé : Je me trouvais dans un petit resto avec des amis. Et soudainement je me suis mise à mal me sentir. J’avais mangé une salade où , pour une des rares fois, la vinaigrette n’avait pas été mise de côté. La tension s’était mise à monter en moi…Je ressentais cette nourriture dans mon ventre et je me sentais de plus en plus inconfortable. Je me suis alors rendue à la salle de bain, et là, j’ai provoqué les vomissements afin de me débarrasser de cette sensation de poids. Et cela avait été si facile! Quelques retouches de maquillage et voilà, rien n’y paraissait. Il m’est difficile de vous faire comprendre à quel point j’avais l’impression d’avoir gagné la 6/49…Enfin, je possédais un outil qui me permettrait d’avoir l’air tout à fait normale devant les gens. Désormais, il m’était devenue possible de pouvoir fréquenter des établissements publiques, des restos-pubs, des petits cafés, des restaurants…Tout ce dont j’avais à faire était de manger comme les autres en sachant très bien qu’il m’était désormais possible de tout rejeter par la suite. Ainsi donc, plus personne ne pourrait me regarder avec un air bizarre. Effectivement, quand on y pense bien, les vomissements provoqués pouvaient nous sembler être une « solution miracle ». Par contre, ce que les Américains appellent le « Catch 22 » faisait aussi parti de l’équation. Au tout début, on vomit lorsqu’on a l’impression d’avoir exagéré sa consommation alimentaire. Or, ce qui nous paraît être « exagéré » devient de plus en plus présent. Ainsi donc, si , au tout début ce comportement n’apparaît que de temps en temps, progressivement il devient de plus en plus présent dans notre vie. Des vomissements qui pouvaient se présenter une fois par mois, par semaine, deviennent, avec le temps, de plus en plus présents. D’une fois par mois, on en arrivera à vomir quelques fois par semaine, voire quelques fois par jour. Personnellement, j’en étais venue à me faire vomir de une à trois fois par semaine. Ce qui, au départ, me paraissait être une solution qui me permettait d’avoir, d’une certaine façon, l’air normal était devenu un véritable cauchemar. Je n’arrivais plus à considérer ce qu’était une alimentation normale comparativement à ce que je faisais. Un jour, je me suis rendue compte que la façon dont je gérais ma nourriture n’était pas normal. Mais de réaliser qu’une situation n’est absolument pas normale ne nous donne pas vraiment de solutions. Je me pesais de 5 à 10 fois par jour, je me faisais vomir de 2 à 3 fois par jour… Quand on regarde les deux types de troubles alimentaires, on constate leurs similitudes et leurs différences. Mais ils se développent sur un terrain très similaire : L’obsession de la minceur dans notre culture . Toujours présente, on ne nie pas son impact. Certaines analyses ont, quand à elles, conclu que l’obésité, lors de l’adolescence de la patiente, ou une tendance familiale vers l’obésité pourrait prédisposer une jeune femme vers la boulimie.Les personnes souffrant de boulimie présentent elles-aussi des traits de comportement qui se ressemblent : Elles seront compulsives, une caractéristique qui pourra se voir dans un très grand nombre de ses actions : mentionnons les dépenses excessives. Elles sont aussi obsessives (avec leur apparence, avec la préoccupation de ce que les gens penseront d’elle), impulsives lors de leurs relations avec les autres. On se retrouve souvent devant des femmes actives mais volatiles, qui pour avoir l’impression de bien s’intégrer, pourront développer une dépendance envers l’alcool, les médicaments ou autre, ce qui va compliquer le traitement.
Tout comme dans le cas de l’anorexie, les comportements associés à la boulimie sont perçus comme pouvant provoquer un soulagement temporaire du stress, de la tension et permettre à la patiente de moins s’attarder à des problèmes qu’elle croit insolubles pour cibler son attention sur son poids, sa nourriture. Plusieurs boulimiques confirment ressentir, suite aux vomissements, un sentiment d’euphorie…un sentiment qui ne durera pas…mais qu’on tentera de reproduire à nouveau.
Il y a deux problèmes qui semblent plus de d’autres, susceptibles d’apparaître dans le cours de la maladie : La dépression et l’alcoolisme. L’euphorie des premières années, alors que la boulimie semblait être une solution miraculeuse, n’est plus. Et le coût monétaire devient de plus en plus élevé. Un épisode de boulimie signifie l’absorption d’une grande quantité de nourriture ( on parle facilement d’une consommation de plus de 15 000 calories), ce qui finit par occasionner de nombreux allées-retours à l’épicerie, au dépanneur, sans compter les McDo, Burger King et autres chaînes du genre. Le budget finit par ne plus suivre. Sans compter les multiples stratégies utilisées afin de ne pas être reconnue à tel épicerie, à tel resto. La dépression n’est pas loin.
Consommation d’alcool et boulimie : Nouvelles études En ce qui concerne la consommation d’alcool, elle arrivera très souvent par hasard. La baisse des inhibitions, la sensation de pouvoir parler plus aisément sembleront être, au début, tout à fait acceptables. Si, en plus de cette sensation de liberté, la consommation entraîne aussi une perte d’appétit, nous nous retrouverons donc devant un mélange extrêmement dangereux. Car l’alcool, ne l’oublions pas, est un dépresseur. Et lorsque ses effets seront terminés, la réalité de la boulimique redeviendra exactement ce qu’elle était…avec des sentiments dépressifs en prime. De plus, les boulimiques utilisent parfois des antidépresseurs (le zoloft qui semblerait diminuer les épisodes d’orgies alimentaires). Or alcool et médicaments ne font pas vraiment bon ménage. De nombreuses recherches ont démontré que les boulimiques sont plus à risque face à l’alcool que ne le sont les anorexiques. Elles ont des traits de caractères qui s’apparentent à ce qu’on retrouve chez les personnalités de type « addictif »( en anglais) ou d’accoutumance. Elles sont sujettes à des sautes d’humeur, seraient émotivement instables, permissives et plus susceptibles aux gestes impulsifs sans réfléchir aux conséquences. La pression ressentie au cours des périodes d’orgie alimentaire et de purge est énorme : Coupable de manger, coupable de se faire vomir. On se retrouve donc devant une personne qui présente plusieurs problématiques d’ordre physique et psychologique. Cette personne se tournera peut-être vers les drogues ou l’alcool afin de soulager cette tension et se protéger de la détresse psychologique. Les orgies alimentaires et la consommation d’alcool demeurent des comportements certes inadéquats mais dont le but est, pour la boulimique, de se conforter elle-même. Il y a encore beaucoup de spéculation à savoir si ce sont les troubles alimentaires qui mènent à la surconsommation d’alcool ou l’inverse, ou s’il ne s’agit tout simplement que d’un hasard. En théorie, ces trois modèles sont acceptables. La boulimie peut devenir une raison de se tourner vers la consommation d’alcool. Étant donné les sentiments de culpabilité provenant du comportement alimentaire, la personne pourra rechercher une autre façon de réduire la tension. Une étude américaine (Kaye, 1994) mentionne les propos de plusieurs boulimiques qui admettaient que l’alcool était la seule chose qui leur permettait de dormir après un cycle d’orgie alimentaire et de purge. Dans le cadre de la même étude, les boulimiques ont aussi décrit leur utilisation de l’alcool comme moyen de contrôler leur faim et éviter les crises habituelles. Par contre, l’abus de substances ne semble pas mener vers un trouble alimentaire. Cependant, une personne qui se sent coupable en constatant le nombre de calories absorbées dans un épisode de consommation d’alcool, peut s’engager dans un comportement de restriction alimentaire (binge/purge). Un individu ayant un problème de consommation, peut aussi ressentir le besoin de reprendre le contrôle de certains aspects de sa vie et utiliser la restriction alimentaire pour atteindre ce but. Finalement, existe toujours la possibilité d’un chevauchement des deux maladies. Une personne souffrant de boulimie peut aussi s’avérer être vulnérable aux problèmes de consommation excessive. Les chercheurs ont ouvert ce nouveau champs d’étude mais il reste encore beaucoup de travail à faire. La liste des facteurs à examiner est longue afin de parvenir à expliquer les taux élevés d’abus de substances chez les personnes souffrant de troubles alimentaires. Une fois fait, il deviendra possible d’élaborer de meilleurs traitements.
Conclusion La boulimie, comme on peut le constater est une maladie complexe et le fait que viennent se greffer, très souvent, d’autres problèmes eux-aussi sérieux. Et ces problèmes doivent être traités, tout au moins, contrôlés. Tout comme l’anorexie, la boulimie demande de la persévérance pour parvenir à une meilleure qualité de vie. Et de la patience tout autant. Je me permets ici de vous soumettre le test EAT-24 dont je vous ai déjà parlé. Ce test est celui qu’on utilise afin de poser un diagnostic d’un trouble alimentaire. Malheureusement, il est en version anglaise, mais cela pourra peut-être vous permettre d’attendre la traduction qu’on retrouvera sur mon site internet : www.mcdeseve.spaces.live.com Mon courriel (ou vos commentaires sont fort appréciés) : mcdeseve@hotmail.com Site de la semaine : http://eatingdisorders.about.com/od/riskfactors/a/eat26test.htm
Emission no 4: La Boulimie (première partie)La Boulimie Dans ce thème de l’émission, je n’effectuerai pas de différence entre les adolescentes et les adultes, la boulimie étant plus que majoritairement une problématique touchant la population adulte. Ce qu’on peut constater dans le cas de la boulimie : Les personnes atteintes recherchent difficilement de l’aide. Cette maladie sera plutôt remarquée par un médecin que la jeune femme sera venue consulter pour un problème autre, mais qui sera plus souvent qu’autrement relié aux nombreux problèmes que ce cycle de « nourriture et de vomissements » peut provoquer. Contrairement aux anorexiques, les gens souffrant de boulimie sont souvent conscientes de leur comportement alimentaire. Et elles savent très bien qu’il s’agit de comportements dangereux, qui ne font qu’accentuer leur obsession face au poids et plus précisément face à leur perte de poids. On a pu constater qu’elles résistent beaucoup moins que les anorexiques au diagnostic posé par les médecins. Et qu’elles sont relativement ouvertes à l’idée de fournir des informations en ce qui touche leur comportement de « binge and purge » ainsi que leur obsession à perdre du poids. Les DSM-IV : Avec les renseignements que je vous ai fournis, on peut comprendre pourquoi le DSM-IV des maladies mentales a cru pertinent de séparer les 2 types de problèmes alimentaires, soit l «anorexie » et la « boulimie? » L’American association of Psychiatry , qui a élaboré le ‘Diagnostics and Statistical Manuel of Mental Disorders (DSM-IV) a donc énuméré les critères qui devront être présents pour le diagnostic de « boulimie ». La durée et la fréquence des cycles de « binge and purge » sera aussi un facteur important dans l’analyse de la patiente tout comme son attitude envers la nourriture, la perte du poids et l’image corporelle. Voici les critères tels que définis par le DSM-IV qui serviront à attribuer le diagnostic de Boulimie
- Absorption, en une période de temps limitée (p. Ex, moins de 2 heures) d’une quantité de nourriture largement supérieure à ce que la plupart des gens absorberaient en une période de temps similaire et 3
- Sentiment d’une perte de contrôle sur le comportement alimentaire pendant la crise (p. ex, sentiment de ne pas pouvoir s’arrêter de manger ou de ne pas pouvoir ce que l’on mange ou la quantité que l’on mange).
- Comportements compensateurs (Purging) inappropriés et récurrents visant à prévenir la prise de poids, tels que: les vomissements (purge); emploi abusive de laxatifs, diurétiques, lavements ou autres médicaments; jeûne; exercice physique excessif. N’oublions pas qu’un débalancement électrolytique qui toucherait plus particulièrement le taux de potassium dans le sang, pourrait entraîner la mort.
- Les crises de boulimie et les comportements compensatoires inappropriés surviennent tous deux, en moyenne 2 fois par semaine pendant 3 mois. Ce qu’on peut ajouter sur cet élément est le fait qu’avec le temps, les épisodes deviendront de plus en plus rapprochés, allant jusqu’à être plusieurs fois par jour…
- L’estime de soi est influencée de manière excessive par le poids et la forme corporelle. Comme je l’ai déjà mentionné : la personne qui souffre d’un trouble alimentaire a une vision inadéquate d’elle-même. Lorsqu’elle se regarde dans le miroir, ce qu’elle voit est une image caricaturale d’elle-même.
- Le trouble ne survient pas exclusivement pendant des épisodes d’anorexie mentale. L’anorexique peut, en effet, présente r ici et là un comportement qui ressemble à celle de la boulimique. La différence? Chez l'anorexique, la restriction alimentaire demeurera la méthode par excellence pour perdre du poids alors que pour la boulimique, les « binges and purges » seront les méthodes utilisées . Type de Boulimie Si tous les critères du DSM-IV sont rencontrés, le diagnostic doit déterminer à quel sous-type la patiente appartient :
Diagnostic différentiel: Sommes-nous en face d’un cas de boulimie?
Avant que ne soit diagnostiquée la boulimie, il faut tout d’abords exclure tout autre problème qui pourrait présenter certaines ressemblance avec les troubles de l’alimentation (ex : certaines dépressions sévères).. Il est extrêmement important de pouvoir bien distinguer la boulimie de l’anorexie. Très souvent les boulimiques ont déjà un historique d’anorexie, ainsi lors d’une rechute, les symptômes pourraient laisser croire à un nouvel épisode anorexique. Les médecins doivent différencier la boulimie nerveuse et orgies alimentaires avec l’anorexie soit de type purge ou restrictif. Une façon de distinguer les 2 troubles alimentaires est la perte de poids. Bien que les boulimiques et les anorexiques soient obsédées par la perte ou le gain de poids, les boulimiques ont souvent un poids santé ou légèrement en dessous. Elles présentent des fluctuations pondérales : Elles perdent du poids, puis le reprenne tandis que les anorexiques présentent une perte de poids régulière et progressive.
- Personnalité-limite (borderline personality disorder )
Ces maladies qu’on mentionne plus haut ne sont pas tous provoquées par la boulimie mais la boulimie peut en accélérer l’apparition. J’aimerais juste faire un petit retour sur la façon dont les diagnostics sont portés : Devant une personne qui, fort évidemment, semble présenter tous les critères nécessaires pour obtenir un diagnostic de « troubles alimentaires » . Ce diagnostic principal sera qualifié comme relevant de ce qu’on appelle «l’axe I » . Ce diagnostic cible le problème principal.. Or, dans le cadre de l’évolution de groupes souffrant de troubles alimentaires, très souvent on retrouvera des diagnostics connexes, « co-morbides ». Malgré le fait que ces problèmes ne font pas partis du diagnostic principal, il n’en demeure pas moins que ces « axes 2 » peuvent avoir des conséquences dramatiques pour la patiente. Voici les critères qu’on rencontre très souvent lorsqu’on se retrouve devant une jeune femme souffrant de boulimie. Facteurs prédisposant à la boulimie Les facteurs prédisposant à la boulimie sont sensiblement les mêmes que ceux pour l’anorexie. Cependant, il y a environ 30% des personnes souffrant de la boulimie qui ont vécu des situations d’agression à caractère sexuel. On note donc : - Changement d’humeur (dépression, tristesse, culpabilité) - Insatisfaction de l’image corporelle, dévalorisation - Autocritique sévère - Insécurité, anxiété - Besoin d’être approuvée par les autres pour se sentir bien - Manque d’Autonomie (Suite: Emission no 4: 2e partie) 11 October Radio911: Emission 3 (2e partie): L'anorexie chez l'adulte
Radio911: Emission no 3 (2e partie) L'anorexie chez l'adulte
Il existe une autre différence entre la jeune fille atteinte d’anorexie et l’adulte : De façon générale, l’adolescente ne choisira pas d’être soignée. Elle aura, fort probablement, été entraînée contre son gré, par ses parents. L’adulte souffrant du même problème, n’aura pas été emmenée de force chez le médecin : Elle y sera allée d’elle-même. Pour les adultes souffrant de troubles alimentaires, la maladie donne souvent un sentiment de protection , ce qui rends plus difficile la décision de la laisser tomber. En effet, l’anorexie, malgré le fait que ce soit une façon inadéquate de gérer les émotions négatives, les situations difficiles, sert, en quelque sorte, de « bouclier » contre l’extérieur . Elle devient une présence rassurante dans la vie des personnes atteintes, presqu’une amie qu’on a peur de quitter. Il est évident que les patientes plus âgées nécessitent des traitements qui ne sont pas exactement ce qu’on offre aux adolescentes et jeune adultes. Elles ont, entre autre, assurément besoin d’un espace où elles pourront échanger sur des questions qui les concernent plus précisément : Ex : le divorce, le vieillissement, le départ des enfants…Et il semblerait que les thérapies familiales, les thérapies de groupes fonctionnent très bien avec un tel groupe
Et le rapport avec la nourriture? Les femmes ont toujours eu une relation assez intime avec la nourriture, comme mère nourricière pour ses nouveau-nés, cultivatrice, pour la survie, cuisinière, pour la famille, rassembleuse, en préparant les repas lors d’événements tels Noël, le nouvel an, fiançailles, mariages…Mais depuis quelques décennies, cette relation étroite s’est troublée. En fait, on peut aisément dire qu’aujourd’hui peu de femmes se sentent complètement à l’aise avec la nourriture, l’alimentation ainsi qu’avec leur corps et leur diète. Les recherches ont confirmé quelque chose que nous aurions pu deviner : « C’est désormais la norme en Amérique du nord, pour les femmes, de se sentir insatisfaites avec leur corps, de se préoccuper de leur consommation alimentaire et de sincèrement croire qu’elles devraient suivre une diète quelconque. » Que peut-on dire de cet énoncé, et comment le changer? Si on regarde le tout d’une façon pessimiste, cela implique que cette façon de penser qui peut facilement mener vers les troubles alimentaires, est là pour rester. Bien que la poursuite de la minceur ne mène pas automatiquement à un trouble alimentaire, la diète précède presque toujours ce genre de problèmes. Par conséquent, cela signifie aussi que l’industrie de la mode va tout simplement poursuivre sa ligne de conduite de la minceur alors que les femmes, ne répondant pas à ces critères, vont encore se sentir dépressives, dépréciées. Si au contraire, on pense un peu plus positivement, on pourrait anticiper un accroissement de la conscientisation des dangers que pose une société obsédée par le culte de la minceur et des diètes. Les gens sauraient être alertés devant des sentiments d’insatisfaction face à leur corps et pourraient réfléchir avant de se précipiter dans des diètes. Dans les faits, une telle conscientisation a commencé à émerger. Cependant, plusieurs jeunes femmes continuent de se sentir « vidées » de leur estime d’elles-mêmes résultant de toute cette énergie fixée sur ce but quasi-irréel d’obtenir le corps parfait, et de s’alimenter au minimum. Comprendre les troubles alimentaires de même que la sorte de malaise qui entoure tout le processus alimentaire chez bon nombre de femmes demeure une sorte de défi pour nous tous. La question est complexe, touche les émotions, le corps, les histoires de famille de même que les demandes qu’on retrouve dans notre société
L’adulte, les troubles alimentaires et la famille Les mères anorexiques vivent un enfer. Les femmes qui souffrent d’anorexie sont décrites comme étant « perfectionnistes ». Et c’est ce qu’est l’anorexie : un excès de contrôle. Pour une mère atteinte d’anorexie, qui doit s’occuper de ses enfants, le quotidien peut devenir très compliqué où elle aura très souvent l’impression d’être tout à fait inadéquate dans ses tâches. Elle est celle qui nourrit son bébé, qui veillera à ce qu’il ne manque de rien, qui lui montrera à s’alimenter..On peut comprendre la détresse dans laquelle elle se retrouvera, par moments. La mère anorexique veut être cette « mère parfaite » qui saura réponde aux besoins de la famille. Elle a un ensemble de règles qu’elle essaie d’appliquer afin d’être cette personne: Disponible, patiente, stimulante, capable de bien alimenter ses enfants (le pire cauchemar étant de voir un membre de la famille suivre ses traces). Or, on constate, en fait, les mères qui ont des troubles alimentaires ont de fortes chances d’avoir des filles qui seront généralement plus préoccupées par leur image que la majorité . Et selon les statistiques, une femme a onze fois plus de risques de développer un trouble alimentaire s’il y en a déjà eu dans la famille. Et dans les familles où il y a des troubles de l’humeur ou des troubles d’anxiété, le risque de développer un problème de l’alimentation est environ quatre fois supérieur à la normale. En regardant d’une façon plus large, au-delà des gènes, il y a aussi des comportements et des traits de caractère qui se transmettent de génération en génération. Des traits comme le perfectionnisme seraient possiblement héréditaires. On peut donc se demander si une jeune fille qui développe un trouble alimentaire, est-ce parce qu’elle a été marquée par le comportement alimentaire de sa mère ou plutôt parce qu’elle a hérité de son trait de perfectionnisme? Je savais très bien qu’il existait des impacts importants chez les enfants qui voyaient leur mère malade, même si on n’a pas nécessairement l’idée de la force de cet impact. C’est, notamment, au cours des soupers en famille, que les enfants vont apprendre et développer leurs comportements alimentaires. Sains ou malsain. Une fillette qui voit sa mère manger une salade sans vinaigrette, alors qu’elle a préparé un succulent ragoût irlandais pour toute la maisonnée, sait que quelque chose cloche. Sa mère connaît les calories et la valeur nutritive des aliments. Couramment, elle prépare d’excellents repas…qu’elle ne mangera pas. Les enfants remarqueront très vite si la mère ne mange pas au même moment que les autres, où si son assiette n’est pas comme celle des autres membres de la famille. Et il est difficile de répondre aux questions qui peuvent suivre. Que répondre à son enfant qui refuse de terminer son assiette alors que soi-même, on ne le fait même pas! Personnellement, j’ai toujours pu préparer les repas des enfants mais je ne goûtais absolument rien de ce que je faisais . De plus, étant végétarienne depuis des dizaines d’années, j’avais certaines difficultés face à la viande, plus particulièrement le poulet. Je n’ai jamais tenté de « rendre » mes enfants végétariens. D’ailleurs, juste pour votre information, lorsqu’on se retrouve en thérapie de groupe pour le traitement des troubles alimentaires, ou hospitalisée, le végétarisme n’est pas considéré. Il est plutôt vu comme faisant partie d’un ensembles de règles visant la perte de poids. La mère souffrant d’un trouble alimentaire essaie tellement d’avoir l’air « normale ». Car s’il est difficile d’être une « mère anorexique », il est aussi difficile pour les enfants d’avoir une mère atteinte de tels problèmes. Il y a des limitations dans certaines activités sociales : Oui, la mère souffrant d’un trouble alimentaire pourra organiser des BBQ, des pique-niques, mais elle ne partagera pas le repas. Elle accompagnera facilement ses enfants à la piscine, à la plage mais les chances sont assez minces qu’elle acceptera de revêtir un maillot de bain. Les enfants peuvent en arriver à porter, en quelque sorte, une part de responsabilité : « Si je n’écoute pas bien, maman va être malade ». Or, je savais qu’il était inacceptable que mes enfants puissent se sentir interpellés. Je craignais de voir se réaliser ce qui se disait à ce sujet : En vieillissant, il deviendrait de plus en plus difficile pour mes enfants de comprendre cette bataille que je menais jour après jour. Ils finiraient par se sentir en colère face à leur mère anorexique, face à son comportement pour, par la suite, se sentir coupables en reconnaissant qu’il s’agissait bel et bien d’une maladie. Un cycle de colère et de culpabilité que je voulais à tout prix briser. Mais la meilleure intention du monde ne signifie pas nécessairement que le comportement, les obsessions, les peurs vont disparaître. L’anorexie possède le plus haut taux de mortalité de toutes les maladies mentales et est considérée comme l’une des maladies les plus difficiles à traiter. Alors que le taux de réussite des traitements suivis par les adolescentes et jeunes adultes tourne autour des 80%, pour les femmes plus âgées, ce taux baisse à 25%. Mais, signe encourageant, au cours des 5 dernières années, les demandes de traitement provenant de cette clientèle ont subi un bond impressionnant. Le message que les intervenants qui œuvrent dans le domaine des troubles de l’alimentation lancent depuis des années, commence peut-être par donner des résultats : « N’hésitez pas à consulter. Plus vous le ferez rapidement, meilleures seront vos chances de bien vous en tirer!”"
Conclusion de cette partie Donc, si on fait une petite récapitulation, on peut dire qu’en ce qui concerne l’anorexie chez la femme d’âge mûr, bon nombre de symptômes, de comportements seront similaires avec ceux observés chez les adolescentes : - perte de poids, - refus de s’alimenter de peur d’engraisser - comportement obsessif face à la nourriture - situation biologique complexe La composante sociale est très présente. Celle de l’hérédité aussi. L’anorexie peut être une manifestation de dépression. Souvent lorsqu’elle apparaît plus tard dans l’âge, on s’aperçoit qu’il y a déjà eu un épisode de troubles alimentaires lors de l’adolescence, épisode qui n’aura pas été traité. Mais l’anorexie peut se déclencher sans qu’on ne trouve d’événements similaires dans le passée de la personne.
Annexe I: Petit questionnaire informatif sur vos comportements alimentaires (5 questions). Ce petit test est intéressant car avec très peu de questions, il vous permet malgré tout de vous interroger sur vos attitudes face à la nourriture. Il n’y a pas de bonnes ou de mauvaises réponses : Il y a simplement un petit portrait de vous qui peut vous rassurer ou vous alerter. Le véritable test qui permet la détection des comportements alimentaires inadéquats s’appelle le EAT-1, et vous pourrez le trouver très bientôt sur mon site. Vous ne pourrez certes pas faire un diagnostic par vous-même mais ce questionnaire pourra porter un nouvel éclairage sur vos comportements alimentaires, votre image corporelle.
Mon courriel: mcdeseve@hotmail.com Mon site web : www.mcdeseve.spaces.live.com Mon site de la semaine : www.lanorexiesesoigne.com _____________________________ Annexe I Petit questionnaire sur vos préoccupations alimentaires
1- Je suis terrifiée à l’idée d’être grosse :
Oui ou Non
2- J’évite de manger lorsque j’ai faim
Oui ou Non
3- Je m’impose des activités physiques intenses pour brûler des calories
Oui ou Non
4- J’accorde une importance majeure à l’opinion que les autres ont de moi
Oui ou Non
5- Je fais des excès alimentaires avec le sentiment de ne pas pouvoir m`arrêter.
Oui ou Non
Radio911: Emission no 3: L'anorexie chez les adultes (partie 1)L’anorexie chez l’adulte
Avant d’embarquer dans le vif du sujet, j’aimerais vous glisser un petit mot sur ces fameuses « semaine de la mode » dont je vous ai déjà parlé. Si vous vous souvenez bien, j’avais mentionné les initiatives fort intéressantes qu’avait appliqué la ville de Madrid en ce qui concernait les mannequins. On avait élaboré certaines règles précises touchant le poids des jeunes femmes devant défiler. Ces dernières devaient présenter un IMC acceptable, soit aux alentours de 18%, ainsi qu’un poids raisonnable pour pouvoir défiler sur le podium. Ces mesures ont entraîné d’autres actions positives provenant de d’autres villes, hôtes de ces « Semaine de la Mode…Londres, entre autre. Montréal semble donc, elle-aussi avoir compris le message. Ce qui m’amène au point suivant : Est-ce que nos efforts de sensibilisation envers les troubles de l’alimentation donnent-il des résultats? Je pense que oui. Et c’est pour cela que nous devons poursuivre en ce sens. Car l’industrie de la mode peut présenter les grandes lignes de ce qui sera « in » au cours des saisons à venir. Mais cette industrie n’a nullement le droit de nous dicter ce que nous devrions mettre dans notre assiette, ce à quoi nous devrions ressembler. Les critiques, les opérations de sensibilisation portent donc leurs fruits…peut-être pas au rythme qu’on voudrait, mais elles fonctionnent.
Définition et comparaison : Il existe, comme nous l’avons déjà dit, des adolescentes qui se laissent quasiment mourir de faim parce qu’atteintes d’anorexie. Ces cas sont bien documentés. Mais ce qu’on sait moins, c’est que des femmes d’âge mûre succombent aussi à cette maladie à la suite d’un événement traumatisant dans leur vie, de trop de stress, d’une hérédité. Les spécialistes tentent de comprendre le phénomène. Ce qu’on peut désormais dire, c’est que l’anorexie ne peut plus être considérée comme un mal d’adolescentes. On a constaté une augmentation fulgurante du nombre de femmes dans la quarantaine souffrant d’un trouble alimentaire. Et le trouble n’en est pas moins dangereux. Plus de neuf patients sur dix aux prises avec des troubles alimentaires sont des femmes. La majorité des patientes traitées à l’âge adulte, traînent ce problème depuis l’adolescence. Mais une partie d’entre elles ont néanmoins développé des troubles plus tard. Quand on y pense, il ne faut pas vraiment se surprendre de voir tant de femmes développer une problématique de trouble alimentaire alors qu’elles ont à composer travail-famille. Le niveau d’anxiété est très élevé dans notre société. Or, anxiété et troubles alimentaires vont de pair. Sans compter l’omniprésence de la nourriture dans notre quotidien. Ces femmes tentent de présenter une image de confiance en soi, de volonté, de contrôle sur son corps…Certains des comportements affichés par une personne ayant un trouble alimentaire sont admirés et même sanctionnés dans la société. Très souvent, les gens vont dire “Tu as l’air tellement plus jeune que ton âge, tu sembles être en pleine forme… Comme j’aimerais être capable de dire non à un morceau de gâteau! …Comment fais-tu? » . Je répondais toujours « je ne suis pas certaine que tu voudrais vraiment le savoir ». Parfois, lorsque les gens remarquaient que j’avais un trouble alimentaire me passaient souvent un commentaire du genre : « Comme j’aimerais souffrir d’anorexie pour 1 ou 2 mois »…Malheureusement, lorsqu’on développe un tel problème, on peut savoir quand cela commence mais on ne peut savoir quand ça se terminera!
Est-ce que les femmes d’âge mûr peuvent être aussi intéressée par la nourriture , les diètes, que ne le sont les adolescentes, souffrant d’un trouble alimentaire? Bien sûr que si! Ces femmes mûres peuvent manifester beaucoup d’intérêt envers la nourriture, être très préoccupées par leur poids. Tout comme les adolescentes, elles se pèseront régulièrement, porteront beaucoup d’attention aux régimes, craignent comme la peste que leurs enfants ne deviennent obèses, vérifient les repas en famille. Puis survient une épreuve dans leur vie, et la préoccupation se transforme en troubles. Le terrain était propice pour l’anorexie Les femmes plus âgées peuvent donc être considérées comme étant aussi vulnérables que les adolescentes car même si la maladie se vit différemment, il n’en demeure pas moins que ces femmes mènent elles-aussi un combat avec leur image corporelle. Plusieurs choses peuvent, par contre, rendre le diagnostic plus difficile : 1- Le fait que les femmes dans la quarantaine ne présentent pas nécessairement les critères typiquement associés à l’anorexie ou à la boulimie : Il est possible qu’elles ne s’affament pas, ou qu’elles ne se fassent pas vomir. Par contre, elles pourront s’entraîner de façon excessive et compulsive tout en étant constamment à la diète. 2- Les patientes adultes forment encore une « population invisible » pour la médecine, particulièrement lorsqu’elles souffrent de boulimie car, comme je l’ai déjà mentionné, ce trouble n’est pas toujours visible. 3- En général, lorsque les femmes souffrant d’un trouble alimentaire sérieux, réalisent qu’elles ont besoin d’aide, plusieurs d’entre elles tardent à s’engager dans une thérapie. Comme l’anorexie est encore majoritairement associée à l’adolescence, elles vont hésiter par peur du jugement. 4- Les ressources disponibles pour le traitement d’adultes sont difficilement accessibles car elles ne sont pas nombreuses, ce qui pose évidemment un problème supplémentaire lorsqu’il s’agit d’identifier une femme atteint d’un trouble alimentaire. Dans le seul réseau de la santé, ou les frais sont couverts par la RAMQ, c’est une minorité de personnes qui parviendront à y être intégrées. Prenons l’exemple de l’hôpital Douglas qui possède une unité des troubles alimentaires. L’hospitalisation ne peut s’appliquer qu’avec un maximum de 6 patientes à la fois. On parle ici de traitements pouvant s’échelonner sur une période de 3 à 4 mois. Ainsi donc, une candidate à l’hospitalisation devra donc attendre qu’un lit se libère. On peut comprendre que la période d’attente sera assez longue. Certaines personnes essaieront peut-être de se tourner vers les cliniques privées, qui se sont établies au cours des 5 dernières années. Malheureusement, les coûts sont fort élevés. Il est possible par contre, que certaines assurances acceptent le remboursement partiel de ces coûts.
Environnement L’environnement, comme on l’a vue précédemment, est très important dans le développement de troubles comme l’anorexie. Et il se développe de nouvelles attentes : Ne dit-on pas maintenant que 40 ans est le nouveau 30 ans? Les femmes sont de plus en plus nombreuses à avoir recours à des traitements antivieillissement. Il ne faut donc pas s’étonner de voir aujourd’hui des femmes en pré ménopause réagir fortement à des changements corporels auxquels elles ne peuvent rien…comme une adolescente à la puberté. En ce qui me concerne, j’ai eu énormément de difficulté à accepter le fait que je ne retrouverais jamais le corps de mes 20 ans, que mes trois grossesses avaient laissé leurs traces et ce, même au cours de ma dernière rechute (où mon poids avait chuté à 80lbs). Mon ventre, malgré le faible poids, semblait avoir gardé sa rondeur! Les pressions sociales sur les femmes ne cessent aucunement après l’adolescence. Et vieillir est toujours fort différent pour une femme que ça ne l’est pour un homme. Lorsque le corps d’un homme change ou que ses cheveux se mettent à grisonner, on dira de lui qu’il a l’air « distingué ». Lorsque le corps de la femme se modifie et que ses cheveux grisonnent, on entendra plutôt le commentaire suivant : « Elle se laisse aller ». Il existe donc plusieurs raisons qui peuvent déclencher un trouble alimentaire chez une femme d’âge mûr : - Avec de hauts taux de divorce, plusieurs de ces femmes, désormais disponibles, se retrouvent donc de retour dans ce jeu de la séduction, alors qu’elles ont atteint la quarantaine ou la cinquantaine. Progressivement, il se créera l’impression suivante : « Si je désire rencontrer quelqu’un avec qui je pourrais refaire ma vie, je me dois d’avoir l’air jeune…et mince ». C’est la valorisation de la jeunesse, de la beauté qui rend plus difficile le fait (tout à fait normal) de vieillir. Ici, on peut considérer que notre société moderne a réellement failli à sa tâche de permettre à tous et toutes de bien vivre les différentes étapes de la vie. - Autre situation : Dans le cas où la femme est mariée mais se rends soudainement compte que son conjoint la trompe, sa réaction pourra être de se blâmer pour ce geste, en se disant que si une telle situation a pu se produire, cela devait sûrement être parce qu’elle n’était plus désirable. Elle pourra se mettre à porter attention à son poids en se disant que si elle avait été plus mince, son conjoint ne se serait pas engagé avec qui que ce soit. Lorsque dans un couple, on constate que l’un des conjoints trompe l’autre, la raison profonde du comportement ne sera pas reliée à une simple question de poids. C’est pourquoi dans ce genre de situation, on ne peut porter tout le blâme. Mais parfois, de se blâmer, ainsi que de ramener les problèmes à une simple question de poids, sera plus facile que d’affronter les causes réelles de l’infidélité. - Autres hypothèse: le trouble alimentaire pourra apparaître alors que les enfants sont devenus grands et prêts à quitter la demeure familiale, Une femme qui aura priorisé l’éducation de ses enfants, pourra soudainement se sentir seule, sans aucun but et progressivement porter son attention sur son poids et sincèrement croire qu’un corps mince et musclé lui rapportera le bonheur. Elle pourra aussi se tourner vers la nourriture afin de se réconforter et de remplir, en quelque sorte, le vide intérieur qu’elle ressent, Comme on peut le constater, les éléments déclencheurs se présentent différemment de ceux de l’adolescente. Aux Etats-Unis, depuis 30 ans, le nombre de femmes avec des problèmes de comportement alimentaire a doublé. Officiellement, le Département américain de la Santé estime qu’au moins 5 millions de femmes ont des troubles alimentaires. On dit même que pour un cas déclaré, il y en a un autre qui se vit anonymement. Ici, au Québec, on évalue à 75 000 le nombre de personnes atteintes d’un trouble alimentaire, ce qui est un nombre assez conservateur. ________________________
Similitudes et différences de l'anorexie chez l'adolescente et celle qu'on retrouve chez la femme d'âge mûr: Les troubles alimentaires chez les adultes ont ceci de particulier : Ils peuvent passer inaperçus. Surtout chez les personnes qui vivent seules. Une femme peut manger un repas santé au travail et personne ne pourra savoir qu’il s’agit là du seul repas de la journée. En ce qui me concerne, il n’y avait jamais personne qui avait accès au contenu de mon réfrigérateur terriblement vide. J’avais un minuscule appartement et je n’invitais jamais personne. Je limitais mes repas à l’extérieur et lorsque je m’y risquais, je demandais toujours la même chose : une salade, vinaigrette et croûtons à part. Autrement dit, quand une adolescente développe un trouble alimentaire, les gens autour, sa famille remarqueront rapidement les changements et pourront tenter d’intervenir, alors qu’une adulte peut parvenir à cacher ce problème et personne ne tentera quoique ce soit. (Voir la partie II: Radio911, épisode 3: l'anorexie chez l'adulte) |
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