| mc's profileCeux qui ignorent l'Hist...PhotosBlogLists | Help |
|
27 January Le Procès Robert Pickton...La fascination du Mal?Le procès de Robert Pickton:...La fascination du Mal?
Soyons honnête: pour certains, ce procès va mettre un peu de piquant dans leur routine. Après tout, à part la Commission Gomery, le paysage juridique canadien n'a pas l'habitude de gérer un procès de cette ampleur, mettant en scène un individu peu collaborateur, défiant, capable de soutenir des heures et des heures d'interrogatoire sans "craquer", riant par occasion devant certaines photographies, ou répondant avec un cynisme assez spectaculaire...Robert Pickton, un éleveur de porcs, est accusé de la mort préméditée de 26 jeunes femmes, principalement des prostituées de la région de Vancouver...et soupçonné, en fait , pour celui de 50 ("49", aurait précisé Pickton, "je préparais le 50e avant de m'arrêter pour de bon...j'avais été négligent")...ce qui en ferait, de toute façon, "Le tueur en série le plus prolifique de ce pays devançant, Clifford Olsen". Mais pourquoi alors ne le poursuivre que pour le meutre de 6 jeunes femmes? Malheureusement, même si Pickton a pu laisser échapper certains propos ambigüs, il a tout simplement plaidé non coupable...ce qui automatiquement appelle le procès, procès avec jurés, selon la demande de l'accusé. N'oublions pas que nous sommes dans un dossier qui a débuté en 2001. Il existe donc énormément de documents, de pièces saisies sur sa ferme (pompe pour le soulagement de l'asthme, de porte-feuilles et autres pièces matérielles...), de confidences que Pickton aurait fait à des connaissances, de traces d'ADN le reliant, ou tout au moins établissant un lien qui se devra d'être analysé minutieusement. .. C'est ce qui fait dire aux experts, que nous nous trouvons devant un procès qui durera fort probablement tout près d'un an.
Le premier procès des 6 jeunes femmes est celui où la Couronne possède fort probablement suffisamment de pièces à conviction pour espérer obtenir une première inculpation...Mais, ce n'est pas si facile...Encore faut-il que ces pièces soient évaluées en termes juridiques, c'est-à-dire, ont-elles été collectées de manière à respecter le droit de l'accusé (établissement de la chaîne de possession, en d'autres termes, peut-on suivre la pièce à conviction de sa saisie jusqu'à son dépôt comme preuve, peut-on certifier qu'il n'y aura eu aucune possibilité de manipulation de cet objet...). De plus, certaines des confessions de Pickton en prison auraient été adressées à un policier, qui jouait le rôle d'un co-détenu. Il sera intéressant de voir comment la défense, fort probablement, tentera de s'opposer à l'admission de ce témoignage en invoquant la violation de la "Charte Canadienne Des Droits et Libertés" sur le point suivant: La Charte canadienne garantit à un accusé le droit de garder le silence face aux policiers et au système de justice. Le fait pour un policier de priver un accusé de ce droit en lui cachant sa réelle identité et en lui posant des questions pourrait être considéré comme une violation d’un droit garanti par la Charte et entraîner l’exclusion de cette preuve à la demande de la défense. Il nous faudra voir.
Il existe une fascination assez claire envers ce type de crimes... un frissonnement lorsqu'on voit l'accusé se comporter comme un personnage digne de films tel "Seven", "The Silence of The Lambs", "The Texas Massacre Chainsaw", une incompréhension face à son détachement ironique. Les autorités ont d'ailleurs reçu des demandes d'accréditation pour plus de 350 journalistes au-travers le monde. Certains ont même installé devant le Palais de Justice de New Westminster, de mini-postes de diffusions, leur permettant d'émettre en direct, au fur et à mesure que les informations sortent. Malgré le fait que les actes en cause sont d'une horreur difficilement soutenable, le Juge James Williams n'entend pas imposer de restriction sur les témoignages contrairement à ce qui s'était produit au cours du non moins célèbre procès de Paul Bernardo (The Scarborough Rapist) et de Karla Homolka, sa conjointe. La folie qui s'était emparé des journalistes lors de ce procès, les nombreuses critiques du public, de la famille des deux victimes avaient emené le juge à imposer une sévère interdiction de publication pour les journalistes canadiens... une interdiction, par contre, qui ne pouvait être imposée à tous ces autres délégués internationaux...Ce fut dès lors la folie furieuse pour la recherche d'informations, le glanage d'internet (qui ne fournissait pas nécessairement les bons renseignements). Avec ce bâillon, la curiosité des gens n'avait fait qu'exploser. Pour le moment, dans le cas du procès Pickton, on a permis la reproduction des 11 heures d'interrogatoire menés par les différents spécialistes de la GRC et l'accusé Pickton. Ainsi, les citoyens sont en mesure de se faire une idée sur le déroulement des procédures. Et il s'agit d'un principe de loi extrêmement important dans notre droit canadien.
Il demeure néanmoins assez difficile de trouver une explication rationnelle qui permet de comprendre l'intérêt quasi-morbide éprouvé par plusieurs face à ce genre de crimes, de procès. Il ne s'agit pourtant pas de cas isolés. "Jack the Ripper", dans l'Angleterre du siècle dernier avait largement été couvert par les journaux de l'époque. Plus près de nous, David Berkowitz (The Son of Sam), Ted Bundy, John Wayne Gacy, Wayne Williams , Jeffrey Dahmer, Gary Ridgway, le fameux "Green River Killer" qui a opéré entre les années 1982-2003 avant d'être finalement arrêté en novembre 2003, pour le meurtre de 48 femmes (Ce cas présente d'ailleurs une certaine similitude avec l'affaire Pickton)...Comment expliquer les demandes en mariage que reçut Ted Bundy, alors qu'on le soupçonnait des meurtres de plus d'une quarantaine de jeunes femmes, principalement des étudiantes de niveau collégial ou universitaire? (Arrêté en 1978, Bundy sera électrocuté en janvier 1989). Richard Ramirez, "The Night Stalker" , arrêté en 1989 et condamné à la peine capitale pour le meutre de 13 personnes, s'est, quant à lui, marié en 1996 avec une ex-membre du jury qui l'avait jugé. La liste de ces incongruités pourrait se poursuivre longtemps...La psyché humaine ne se conçoit pas si aisément. Et l'Histoire regorge de situations où des populations entières ont paru perdre un certain sens commun et sombrer dans un univers incompréhensible, où tous les shèmes de moralité se trouvaient complètement désorganisés.
En novembre 2006, le magazine français "L'Express" publiait un dossier intitulé "Le système SS: La fascination du mal". Ce document avait été élaboré suite à la parution de l'ouvrage très controversé de Johnathan Littell "Les Bienveillantes". Récompensée par l'Académie Française et grande gagnante du Goncourt, cette brique de 900 pages nous entraîne à la fois dans l'esprit, et les actions d'un haut gradé nazi au cours de ses différentes affectations entre 1939 et 1945. Une décortication méthodique, mécanique, sans complaisance, des faits et gestes que pose le personnage principal, s'étale devant nos yeux, nous laissant à la fois révoltés...et fascinés...
Notre époque a certes connu d'autres génocides, d'autres guerres fraticides, ethniques. Pourtant, seul le national-socialisme a su maintenir une espèce de fascination demeurée étonnament intacte jusqu'à nos jours. Et il nous est toujours extrêmement difficile de concevoir et d'expliquer l'adhésion que des millions de personnes ont accordée au régime hitlérien. Car simplement affirmer que les dirigeants de l'Allemagne n'étaient constitués que d'une simple bande de dégénérés, atteints des pires troubles mentaux, et qui avaient habilement su s'emparer du pouvoir, serait une position plutôt simpliste en soi. Le régime avait dans ses rangs des médecins, des avocats, des ingénieurs, des architectes, des artistes, etc...soit un éventail très large de la société allemande. Serait-ce dire que tous ces gens étaient atteints d'une quelconque forme de folie collective? Et que dire de ces milliers de jeunes gens qui ont paradé, en 1935, à Nuremberg, devant le Fürher et ses hauts-gradés (visuellement très bien présenté dans le film "Triumph Der Willens" (1934) de Leni Riefenstahl). Il existe de nombreux documents qui ont tenté d'expliquer, de justifier l'attrait que le national-socialisme a exercé sur des millions de gens, tout à fait semblables à vous et moi. Mais j'aimerais reprendre les trois points de M. Philippe Grimbert, psychanalyste et écrivain, justement mentionnés dans "L'Express" du 9 novembre 2006.
Selon cet auteur, la fascination envers le régime nazi a tout simplement débuté sur le prémisse que depuis l'enfance, on nous a inculqué que le "beau" se rapportait toujours au "bien". Le paradoxe qui peut troubler avec le nazisme est que précisément, par ses chants, ses défilés, son décorum, ce régime introduit un esthétisme et une démonstrations de beautés indéniables (RE: "Olympia", (1936) Riefenstahl, Leni). Et, cette fois-ci, le "beau" n'a pas mené au "bien".
Deuxième point pouvant fournir certaines bribes d'informations de cette fascination, serait ce qu'a si bien défini Hanna Arendt, soit "la banalité du mal": L'horreur nazi n'est pas appliquée par des monstres, mais par des individus tout à fait ordinaires, qui vivaient des vies tout à fait ordinaires...comme la majorité de la population allemande.
Le troisième aspect de cet attrait étrange tient dans le fait qu'en désignant le nazi comme le "criminel absolu" on tente d'exclure cette sombre partie qui est en nous, cette partie de nous-même liée à à la pulsion de mort et qui peut aussi résonner avec l'idée du Mal. Non! Ce n'est pas nous! Ce ne sont pas nos enfants.!..
Le procès Pickton ne refera pas le monde. Et les témoignages aussi horribles soient-ils, ne changeront rien face à un problème que nous ne savons pas traiter parce que nous ne le comprenons pas tout simplement pas.... Relisez "Les Bienveillantes" de Littell, Relisez le bien......
Voir diaporation no. 21: Le procès Pickton: Une fascination envers le Mal? 09 January Accomodements raisonnables; un sujet explosifAccomodements raisonnables: Un sujet explosif
Introduction:
Comment ignorer ce sujet. Les sondages le démontrent clairement: les Québécois semblent être de moins en moins à l'aise avec cette notion. Qui pourrait les blâmer? Nous ne connaissons même pas les barèmes sur lesquels sont évalués ces accomodements raisonnables.
Souvenons-nous du tollé général qu'avait suscité la décision de la Cour Suprême du Canada, lorsque cette dernière avait rendu légal le port du kirpan d'un jeune écolier en s'appuyant sur les dispositions de la "Charte Canadienne des Lois et Libertés".
Et progressivement, les demandes d'accomodement se sont multipliées: le port du hijab à l'école; les piscines qui ont prévu certaines périodes de baignade uniquement réservées aux femmes (les musulmanes ne devant pas révéler leur corps devant d'autres hommes); les demandes de la communauté juive hassidique de n'avoir plus à répondre aux questions d'une policière, donc le droit de communiquer uniquement avec un agent masculin; la modification des fenêtres d'un CLSC jugées trop indécentes par ces Hassidims, et j'en passe.
Dans notre société progressiste, avons-nous cette tendance à l'accomodement? Les faits nous révèlent que "oui". Mais récemment, plusieurs de ces demandes d'accomodements ont semblé provoquer chez la population québécoise une certaine irritation. Remplacer le traditionnel "Joyeux Noël" par un "joyeuses fêtes", quasi-dénaturer le sens de l'arbre de Noël, en le retirant des lieux publics (Parlement, édifices gouvernementaux...) a fort probablement été l'élément déclencheur de toute cette remise en cause de ce que devait être un "accomodement raisonnable". Les québécois sont-ils désormais plus racistes? ou simplement dépassés par tous les changements qui ont changé le visage de notre société devenue véritablement multiethnique?
Les deux prochaines semaines, le téléjournal de radio-canada va présenter les différents visages qu'a pris l'accomodement raisonnable, non seulement ici, mais aux Etats-Unis, en Turquie, en Europe.
Ce texte suivra et commentera donc les différents volets de cette question hautement discutée: Que devrait-être "l'accomodement raisonnable"? A quel moment le "raisonnable" devient-il "irraisonnable"?
Section I : Etonnante Turquie
Pour tous les pays, le document juridique le plus important demeure la Constitution. Ce texte présente les principes du pays, la façon donc l'Etat doit se comporter, les règles fondamentales à respecter, les droits et les règles de ses citoyens.
Au Canada, c'est avec le rapatriement de la Constitution en 1982 que fut enchâssée la Charte Canadienne des Droits et Libertés. Un ensemble de droits fut considéré comme fondamental. Et l'article 2 énumère certains de ces droits fondamentaux:
C'est sur cet article que les accomodements raisonnables appuient leur légitimité. Tout comme l'ont fait les juges de la Cour Suprême dans l'arrêt Multani c. Commission scolaire Marguerite-Bourgeoys [2005].
Il est intéressant d'observer ce qui s'est fait ailleurs. La Turquie présente un visage fascinant. Ce pays, à 99% de confession musulmane, a inscrit à même sa constitution les principes de laïcité régissant les établissements publics. Ce qui signifie, par exemple, que le port du voile est interdit dans les écoles, les universités, les tribunaux, les hôpitaux....Et cette mesure ne date pas d'hier: Elle est le résultat de ce que Mustafa Kemal, le précurseur de la Turquie moderne, avait comme vision. La religion ne devait pas se retrouver dans les institutions publiques et le meilleur moyen de s'assurer du respect de ce fait, était assurément de l'inscrire dans la constitution du pays. Mustafa Kemal, surnommé "Atatürk" (le Turc Ancêtre) fut le modernisateur de cet état. En 1922, il instaure une séparation entre le politique et le religieux. La République est proclamée et la nouvelle capitale de la Turquie devient Ankara. Atatürk accélère l'occidentalisation de son pays, en instaurant le droit de vote aux femmes, en remplacant l'alphabet arabe par l'alphabet latin, le tout inspiré par les principes d'égalités de la Révolution Française. Mais dans la lancée de ces restructurations, Mustafa Kemal épargne peu, et il traînera toujours sur sa carte de route le massacre de ces milliers d'arméniens. Avec l'ambition d'intégrer l'Union Européenne, la Turquie nous présente un visage moderne, tournée vers l'avenir, où il ne semble pas y avoir de tensions religieuses...Mais est-ce le cas? Lorsqu'on visite la Turquie, il est impossible de ne pas remarquer les nombreuses représentations d'Atatürk. Et pour ceux qui ont vu l'ex URSS dans ses grands jours, la comparaison peut être faite. Le culte de la personnalité semble, effectivement, prendre les allures d'un certain stalinisme. Lorsqu'Atatürk inscrivit la laïcité dans la constitution, son but était bel et bien de pouvoir tenir en laisse le pouvoir religieux. Il aura dirigé d'une main de fer la Turquie en la mettant à l'heure de la modernité, mais il nous est difficile de qualifier ce régime de démocratie. Actuellement, il existe une pression de plus en plus forte, provenant de certains groupes islamistes , visant à permettre l'expression des codes vestimentaires tel que prévus dans le Coran. Il se construit aussi des mosquées en Turquie, et dans certaines régions du pays, on peut constater que la laïcité n'est pas la règle. Il est possible de retrouver des institutions scolaires où le port du voile est toléré. Mais pour accéder à des études supérieures, les jeunes femmes devront accepter de respecter la laïcité des institutions universitaires, et autres. A ce jour, une jeune diplômée en médecine qui refuserait de se départir de son hijab, ne pourrait exercer sa profession. Il existe donc un ensemble de femmes, pour qui le port du voile ne constitue qu'une valeur de symbole de leur fidélité aux enseignements du Coran et qui se voient, par le fait même, brimées dans l'exercice de leurs carrières. La Turquie vit donc presque à cheval entre l'Est, avec la montée de l'islamisme de ses voisins arabes; et l'Ouest, avec la présence de ces pays européens, occidentalisés qu'elle désire rejoindre. Comment les autorités turques feront-elles face à ces nouveaux défis du XXIe siècle? Parti II: L'Europe Que nous montre l'Europe, quant à elle? La France possède une loi datant de 1905 qui sépare l'Eglise de l'Etat. Mais il s'est créé un mouvement qui contestait l'apparition de plus en plus marquée de symboles religieux: croix, hijab, niqab, kippa et autres si bien, qu'en 2004, le gouvernement français adoptait une loi interdisant le port ostentatoire de tous signes religieux, quelqu'ils soient. Mais cela signifie-t-il qu'on ne retrouve jamais de symboles religieux dans des organismes d'Etat? Non. Dans certains villes, on fournit des locaux à des groupes religieux lors de certaines célébrations importantes. Si demandé par la patiente, et si la possibilité existe, des hôpitaux tenteront de répondre à la demande. Dans ce coin de pays, les accomodements raisonnables semblent se faire à la pièce, et surtout, à l'extérieur de l'appareil judiciaire. Mais il serait faux de croire que l'intégration des immigrants s'effectue avec douceur, sans controverses...Rappellons-nous simplement de ces émeutes de 2005 qui provenaient de ces habitants de la banlieu parisienne, de la "Cité", (à majorité d'origine maghrébienne). Ils avaient mis à feu et à sac leurs quartiers en voulant s'insurger contre le racisme latent qu'ils rencontraient à chaques jours, et où, pour tout simplement pouvoir obtenir une entrevue auprès d'un employeur potentiel, se sentaient obligés d'inscrire un nom à consonnance "française". Sans faire un lien direct, on peut malgré tout constater que la perception qu'ont désormais les gens à l'égard du peuple arabe s'est substantiellement modifiée suite aux attentats du 11 septembre 2001. L'Angleterre, quant à elle, (une véritable référence en matière de coexistance), a toujours tolérée, voire même encouragée ces différences...jusqu'à ce que surgissent les attentats de Londres en 2005. Ce qui a violemment secoué la société britannique était le fait que les terroristes, qui furent arrêtés par la suite, étaient en fait nés en Angleterre. Ils y avaient vécu leur enfance, fait leurs études, et occupé un travail à titre de citoyen britannique. Comment avaient-ils pu frapper ce qui semblait être leur terre natale? Le congédiement d'une institutrice, qui refusait de retirer son niqab durant ses périodes d'enseignement, a aussi mis au grand jour le problème de l'intégration que vivait l'Angleterre. Pour ces jeunes musulmans, ici, il ne s'agit pas d'intégration mais plutôt de discrimination. Section IV : Le Québec et la modernité Le Québec possède un lien assez unique avec le catholicisme. Pour peu qu'on se souvienne de ces cours d "'Histoire du Canada", on a vu que, suite aux défaites de la Nouvelle-France face aux Britanniques, bon nombre de tentatives d'assimilation furent tentées...sans résultats.(J'exclue bien entendu la déportation des Acadiens). Le clergé, d'une certaine façon, s'est érigé en protecteur de la langue française et la société québécoise est devenue, en quelque sorte, un énorme ghetto francophone. La Révolution Tranquille des années 60, a entraîné la création du ministère de l'Education (qui rapatriait, en quelque sorte, les champs d'intervention du clergé) de même que le conseil supérieur de l'Education. Mais, en en ce qui concerne la laïcité des écoles, ce n'est qu'à fin des années 90 que les commissions scolaires ont abandonné leur statut confessionnelle. Et ce n'est en 2008 que les écoles publiques seront complètement laïques. (à suivre: + Les Etats-Unis)
voir le diaporama no 21: Accomodements raisonnables: une question explosive 05 January Le 27 janvier: Journée internationale de la commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste27 janvier: Journée Internationale de la Commémoration en Mémoire des Victimes de l'Holocauste
Ce fut en 2006 que fut instaurée cette "journée de commémoration" par L'Organisation des Nations Unies. Dans le contexte actuel, une telle journée prend encore plus de son sens lorsque l'on pense à ce qui ce passe actuellement au Darfour...à ce qui s'est produit au Rwanda. Nous ne semblons pas, fort malheureusement, nous rappeller des leçons du passée. Et pourtant, combien de fois devrons-nous encore assister à ces guerres d'extermination, à ces génocides dans des pays suffisamment éloignés de notre réalité pour qu'il en devienne presque facile que de les ignorer? Pourtant, ce que l'on fait à un, on le fait à tous. L'Humanité ne peut être disséquée. Il ne doit absolument pas exister de ces citoyens dits "de seconde zone". Nous n'avons aucune fierté à retirer d'un don de charité fait ici ou là, qui très souvent ne servira à nous donner "bonne conscience". Certes, nous ne sommes pas tous en mesure de devenir des travailleurs humanitaires, mais par contre, nous sommes tous en mesure de véhiculer chaque jour ce message de tolérance, de traitement équitable, de transmettre à nos enfants ces leçons de l'histoire afin d'en faire de futurs dirigeants éclairés, sensibilisés. Dans ces temps, où il semble que le monde soit déchirée par de nombreux conflits, il demeure crucial de projeter ce message ressembleur: Nous vivons tous sur la même planète. Nul ne peut se permettre d'être indifférent envers la souffrance d'autrui. Faisons mentir la maxime qui dit que "L'Homme est un Loup pour l'Homme". Et disons-nous que nous sommes tous à bord du même vaisseau. Et que ce dernier saura traverser vents et marées si tous les marins à bords se tiennent la main...C'est ce monde qu'il nous faudrait léguer à nos descendants. Je présente plus bas certains extraits que l'ex-secrétaire général de l'ONU, M. Koffi Hannan a prononcé, le 27 janvier 2006, lors de cette première "Journée Internationale de la Commémoration en Mémoire des Victimes de l'Holocauste":
"La tragédie sans pareil que fut l'holocauste ne pourra jamais être effacée. Tant que les hommes pourront se souvenir, ils devront continuer d'y penser, emplis de honte et d'horreur", a déclaré le Secrétaire général, dans un message vidéo diffusé dans le hall de l'Assemblée générale, à New York. "Seul le souvenir permettra de rendre aux victimes l'hommage qu'elles méritent. Des millions de Juifs et de membres d'autres minorités ont été massacrés par les moyens les plus barbares que l'on puisse imaginer. Ces hommes, ces femmes et ces enfants innocents ne doivent jamais être oubliés, pas plus que le calvaire qu'ils ont vécu", a affirmé Kofi Annan. "Le souvenir est la meilleure riposte face à ceux qui affirment que l'Holocauste est une invention ou une exagération, mensonge issu d'esprits fanatiques que nous devons dénoncer en toutes circonstances". "Le souvenir est aussi un garde-fou pour l'avenir. C'est de la haine, des préjugés et de l'antisémitisme qu'est née l'horreur absolue à laquelle ont touché les camps nazis. Si nous nous en souvenons, nous pourrons rester à l'affût des signes avant-coureurs", a-t-il ajouté. "Alors que l'Holocauste s'éloigne dans le temps et que le nombre de survivants diminue, c'est à nous, la génération actuelle, qu'il incombe de porter le flambeau du souvenir et de défendre la dignité humaine". "L'Organisation des Nations unies a été créée en réaction aux horreurs de la deuxième guerre mondiale. Pourtant, depuis, la communauté internationale a souvent assisté sans bouger à des atrocités commises à grande échelle. Ces dernières années, nous avons pris des mesures importantes pour mieux réagir à l'avenir; ainsi, nous avons créé la Cour pénale internationale (CPI) et sommes convenus de l'existence d'une responsabilité collective de protéger », a rappelé Kofi Annan. "Le thème de cette Journée internationale de commémoration est 'Du souvenir à l'avenir'. Dans cet esprit, engageons-nous à redoubler encore d'efforts pour prévenir les génocides et les crimes contre l'humanité", a-t-il conclu. Désormais, tous les 27 janvier,(qui correspond au jour de la libération du camp d'extermination nazi d'Auschwitz), l'Assemblée générale de l'ONU honorera la " Journée internationale de commémoration en mémoire des victimes de l'Holocauste". "L'Holocauste occupe une place unique dans l'histoire des Nations unies", avait affirmé Kofi Annan, le 15 mars 2005, à l'occasion des cérémonies d'ouverture du musée historique de l'Holocauste à Jérusalem. Le 24 janvier 2005, l'Assemblée générale avait commémoré, pour la première fois, au cours d'une session extraordinaire, le 60e anniversaire de la libération des camps d'extermination nazis. C'était aussi la première fois que l'Assemblée organisait une session commémorative à l'Assemblée. Pour ceux qui l'ignoreraient, il existe bel et bien à Montréal un musée consacré à cette tragédie. Il s'agit du "Centre commémoratif de l'Holocauste à Montréal" qui a, comme mission, l'éducation,la compréhension et la collecte de témoignages d'anciens survivants, d'artefacts, de photographies avant que ne soient disparus tous ces anciens survivants. J'ai personnellement visité ce musée, qui n'est pas très grand, si on le compare avec le musée de l'holocauste de Washington, ou de celui de Yad Vashem, en Israël. Mais sa sobriété, son contenu nous forcent indéniablement à nous questionner sur le pourquoi d'une telle catastrophe et ne nous laisse absolument pas indifférents. Un autre regard, cette-fois là, qui se retrouve devant des documents originaux, des photos, des écrits, des vêtements tel que portés par les prisonniers... C'est un petit coup d'oeil sur l'inexorable opération de la destruction des juifs d'Europe comme l'avaient décidée les dirigeants nazis. Et je me permets de vous laisser les coordonnées de cet endroit à découvrir.
Emplacement: Tel: 514-345-2605 Heures d’ouverture du Musée: Fermé samedi, lors des fêtes juives et des congés fériés. Durée de la visite: Il faut compter de 1 ½ à 2 heures Entrée: Droit d’entrée de 8,00 $/Adulte et 5,00 $/Étudiant Visites guidées:
Source : Nations unies, New York, 27 janvier 2006. Voir le diaporama no 20: 27 janvier: Journée Internationale de la Commémoration des Victimes de l'Holocauste Saddam Hussein: la suite....et la finSaddam Hussein: La suite...et la fin.
Il nous admettre le fait suivant: Lorsque Saddam Hussein s'est présenté devant la potence, droit, vêtu d'un long manteau noir qui lui donnait une certaine autorité, il ne semblait aucunement craindre ce qui l'attendait. Et il est mort en emportant avec lui cette image de force qu'il avait toujours démontrée. Ce furent les images officiellement diffusées.
Mais peu de temps après, il s'est mis à circuler sur Internet un enregistrement vidéo sur l'exécution de l'ex-dictateur jusqu'à sa toute fin, et que tous peuvent désormais voir. Les images sont flous et le son mauvais, mais il n'en demeure pas moins qu'il nous fait voir les dernières minutes à vivre de Saddam, qu'il nous fait entendre les cris des gens autour scandant le nom de Moqtada Sadr, le jeune chef chi'ite très populaire auprès de la population, et surtout, qu'il nous démontre le climat réel dans lequel s'est déroulé l'exécution. Ces images sont effectivement beaucoup plus dérangeantes que celles que nous ont fourni les autorités irakiennes.
Nos chaînes de télévision ont présenté la vidéo officielle, montrant Saddam Hussein avec ses bourreaux, son refus d'avoir les yeux bandés, et le moment où on lui a mis la corde au cou, mais la diffusion s'est arrêtée là. Cette décision, tout à fait correcte, va dans le même sens qu'on ne montre pas non plus les exécutions provenant d'ailleurs, des E-U, par exemple.
La circulation de ce vidéo, ayant été enregistrée avec un téléphone cellulaire, a si bien fait réagir la communauté arabe que le premier ministre Malaki a demandé une enquête afin de trouver celui qui l'avait réalisée. Il semblerait que tous les gens qui étaient présents au moment de l'exécution, auraient scrupuleusement été fouillés. Mais, ne nous inquiètons pas: Ils vont trouver. Car il faut que cesse au plus vite ces manifestations de colère, de violence suite à cette exécution. Après tout, le but de procès et l'application de la sentence n'était assurément pas de faire de Saddam Hussein un martyr!
La vidéo aura mis dans l'embarras le gouvernement irakien en ce qui concerne les condtions dans lesquelles s'est déroulée l'exécution de Saddam Hussein, mais aussi à cause de la trame sonore, où on peut entendre les gens insulter Saddam. Une exécution, qui finalement, ressemblait plutôt à un règlement de compte?
Conclusion: le beau-frère de Saddam ainsi que l'ancien ministre du tribunal révolutionnaire, qui devaient être exécutés le 5 janvier au matin, ont vu leur sentence reportée dûes aux nombreuses pressions internationales...Et ne doutons pas de la sincérité du premier ministre Al Maliki lorsqu'il indique qu'il n'est nullement dans ses intentions de briguer un second mandat...En fait, s'il pouvait se retirer tout simplement de ce nid de guêpes, nous n'aurions pas tort de croire qu'il se précipiterait volontier sur cette possibilité.
___________________________
Mise à jour :
Les sentences de mort, aussi rendues aux co-accusés Awad Al-Bandar et Barzan Al Tikriti, se sont déroulés au matin du 15 janvier 2007 dans un climat de tension qui s'est transformé en horreur lorsque la tête du beau-frère de Saddam s'est tout simplement arrachée du corps après l'ouverture de la trappe.
Les observateurs, qu'on avait triés au volet, afin qu'aucune image, aucune vidéo ne se retrouvent sur Internet, ont vite constaté que la tête de Al Tikriti n'était plus reliée au corps. Les autorités ont attendu près de sept heures avant d'émettre un communiqué laconique sur ces exécutions. Les relations se sont échauffées entre les groupes à majorité chi'ite et ceux de la minorité sunnite (d'où provenait Saddam Hussein et ses co-accusés).
Quant à la communauté internationale, ses membres ont fortement dénoncé ces exécutions, le manque de dignité, le secret entourant l'opération, tout comme Amnesty International et l'ONU
Voir le diaporama no 17: Saddam...la suite...et la fin 01 January Et si nous parlions du Darfour, maintenant?Et si nous parlions du Darfour maintenant?
Le Darfour: Une région à l'ouest du Soudan. Un endroit, qui a déjà vu mourir 400 000 personnes et où plus de 2 000 000 de ses habitants ont été brutalement déplacés vers le Tchad, pays voisin. Crise humanitaire? Assurément! Génocide? Peut-être nous faudrait-il admettre cette réalité.
Depuis plus de 3 ans, le Darfour est aux prises avec une crise majeure qui voit sa population assassinée, déportée, ses femmes et enfants violés, laissés à eux-même. Depuis le génocide du Rwanda, en 1994, jamais n'avions-nous vu des actions visant systématiquement à l'éradication d'un peuple.
Depuis 2003, les forces soudanaises et la milice connue sous le nom de "djanjaweed" ont combattu deux groupes rebelles au Darfour, soit "L'Armée Soudanaise de Libération (SLA/SLM) ainsi que le "Mouvement pour la Justice et l'Egalité (JEM). Le but de ces organisations: Forcer le gouvernement du Soudan à prendre de nettes résolutions visant`l'élimination du sous-développement et de la marginalisation de cette région. Fort malheureusement, la réponse du gouvernement et des djanjaweed fut d'accroitre ses actions dans les populations civiles et plus particulièrement les groupes ethniques qui soutenanaient les rebelles, soit les "Fours", les "Masalits" et les "Zaghawas".
L'Administration Bush a reconnu que ces atrocités, menées, en grande majorité, contre des civils, par le gouvernement soudanais et les milices djanjaweed constituaient un génocide...mais aucune action concrète ne fut appliquée.
António Guterres, du Haut-Commissariat au Statut des Réfugiés de l'ONU a récemment décrit la situation du Soudan et du Tchad comme étant devenue "le problème le plus large et complexe du globe". Et il ne fait plus aucun doute que le gouvernement du Soudan, de même que les milices djanjaweed portent la lourde responsabilité de la destruction, de l'utilisation de la politique de "la terre brûlée" dans cette destruction de centaines de villages, de la mort des dizaine de milliers de personnes, et, comment mentionné plus haut, du viol des femmes et jeunes filles.
La pression internationale a forcé l'adoption du "Darfur Peace Agreement" entre le gouvernement du Soudan et une des factions rebelles du Darfour. Cependant, les dates butoir pour ces négociations ont été ignoré et la violence n'a fait que s'intensifier même entre les troupes du Darfour, ce qui complexifie énormément la problématique. Cette situation, dans les faits, a rendu extrêmement dangereuse voire même presqu'impossible pour les personnes déplacées de retourner à leur maison. De plus, il semblerait que des organismes d'aide humanitaire font face à des difficultés de plus en plus grandes lors de la livraison des denrées alimentaires, de l'équipement médical de premiers soins. Je me permets ici de citer ce commentaire d'un officier supérieur de l'ONU, Jan Egeland qui constatait, en août 2006 que la situation du Darfour "extrêmement mauvaise, était en train de devenir catastrophique".
Le 30 juillet 2004, le Conseil de Sécurité de l'ONU a adopté la résolution 1556 qui demandait expressément au gouvernement soudanais de désarmer les troupes djanjaweed. Cette demande demeure toujours un point important du "Traité de paix du Darfour", signé en mai 2006. Et le 31 août 2006, le Conseil de Sécurité a franchi un pas de plus en autorisant l'envoie de troupes pour le maintien de la paix en adoptant une autre résolution, soit la 1706. Mais, malgré ces actions, les djanjaweeds demeurent toujours actifs et libres de poursuivre à leur guise le massacre des civils du Darfour, avec l'aide du gouvernement soudanais. Cela ne ressemble-t-il pas à un génocide? Que faudra-t-il faire pour que la communauté internationale intervienne et puisse mettre fin à cette situation? Un Roméo Dallaire qui explose? Une série de films dans la lignée de "Hôtel Rwanda", d'"Un Dimanche à Kigali"? N'avons-nous rien retenu des leçons de l'Histoire? Est-ce que les images insoutenables des massacres perpétrés au Rwanda se sont déjà évaporés de notre conscience? Comment expliquer d'abords ce laxisme envers cette catastrophe humanitaire: La réponse est cru: Parce qu'il s'agit tout simplement d'africains, vivant dans un pays pauvre et n'ayant aucune ressource pétrolière pouvant intéresser les grandes puissances. Mais existe-t-il des gens qui méritent de telles souffrances? Non! Je ne crois pas et toujours refuserai de le faire!!! Inévitablement, les nations devront intervenir et faire cesser ce massacre!
Voir le diaporama no 17: La Crise au Darfour
|
|
|